spirituellement

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(1541) Dérivé de spirituel, par son féminin spirituelle, avec le suffixe -ment. (XIIe siècle) espiritelment.

Adverbe Modifier

Invariable
spirituellement
\spi.ʁi.tɥɛl.mɑ̃\

spirituellement \spi.ʁi.tɥɛl.mɑ̃\ invariable

  1. Avec le caractère d’esprit, immatériellement.
    • De là vient que presque tous les philosophes confondent les idées des choses, et parlent des choses corporelles spirituellement et des spirituelles corporellement. — (Blaise Pascal, Pensées I, 1)
    • Cela suffirait, ce me semble, pour faire voir la différence des idées des mots et des idées des choses. Cette différence est la raison pourquoi,
      1° En méditant, nous parlons dans notre esprit ;
      2° Quelque spirituellement qu’on médite, chacun médite en sa langue ;
      […] — (Bernard le Bouyer de Fontenelle, Fragmens d’un traité de la raison humaine)
  2. En esprit.
    • Communier spirituellement avec le prêtre.
    • […] car quiconque hait la vérité et les lois immuables qu’elle nous donne, il tue spirituellement la justice et la sagesse éternelle qui est venue nous les apprendre […] — (Jacques-Bénigne Bossuet, Deuxième sermon pour le dimanche de la Passion : Sur le respect dû à la vérité)
    • Il [Proust] dit n’avoir jamais aimé les femmes que spirituellement et n’avoir jamais connu l’amour qu’avec des hommes. — (André Gide, Journal 1889-1939, Bibliothèque de la Pléiade, Éditions Gallimard, 1951, page 692)
  3. Au sens spirituel.
    • […] de sorte que c’était le cas d’interpréter spirituellement, selon la règle de saint Augustin, ce qui paraissait porter au mal. — (Jacques-Bénigne Bossuet, Histoire des variations des Églises protestantes XIV, 100, 1688)
  4. Avec esprit.
    • Ce n’est pas toujours par une métaphore qu’on s’exprime spirituellement : c’est par un tour nouveau, c’est en laissant deviner sans peine une partie de sa pensée : c’est ce qu’on appelle finesse, délicatesse ; et cette manière est d’autant plus agréable, qu’elle exerce et qu’elle fait valoir l’esprit des autres. — (Voltaire, Dictionnaire philosophique, « Esprit »)
    • […] l’ouverture donnait sur la loge de Gaby Million où la vedette avait laissé ses chiens. Les bêtes se mirent à aboyer.
      — Naturellement c’est plein de cabots, crut devoir déclarer spirituellement Mr. Morgan.
      — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)

TraductionsModifier

PrononciationModifier

RéférencesModifier