FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(XIIIe siècle) Dérivé de poser avec le préfixe sub-, francisation du latin supponere (« mettre sous, substituer »). Le sens moderne est issu du latin scolaire suppositivus (« suppositif, hypothétique »), lui-même calque du grec ὑποθετικός, hupothetikos.

Verbe Modifier

supposer \sy.po.ze\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Poser une chose pour établie, l’admettre par hypothèse, afin d’en tirer ensuite quelque induction.
    • Mais pour qu’une grammaire française soit respectée, il faut premièrement que la langue française continue à être employée et, ceux qui s’efforcent de l’empailler en conviendront, cette condition suppose l’existence d’un certain nombre de Français. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • L’aisance avec laquelle les poètes juifs maniaient le vers français permet de supposer que leur talent a dû s’exercer dans les genres les plus variés. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
  2. (Vieilli) Faire admettre le faux pour vrai.
    • Le nommé Jacques Marguelot a été accusé d'avoir, le 22 juillet 1790, proclamé, à son de tambour, dans un jour de foire, à Montargis , qu'il étoit défendu de payer les droits de champart; que les décrets qui ordonnoient ce paiement, étoient faux ; qu'ils avoient été supposés par la noblesse; et qu'il étoit autorisé, par les magistrats, à proclamer la défense de payer les champarts; […]. — (M. Le Hodey, Journal des états généraux, convoqués par Louis XVI, le 27 avril 1789' ; aujourd'hui Assemblée nationale permanente ou Journal logographique, tome 32, Paris : chez Le Hodey, 1791, page 130)
    • Supposer un enfant, le faire reconnaître pour fils ou fille de ceux dont il n’est pas né.
    • On supposa un enfant pour frustrer les héritiers collatéraux.
  3. Former une conjecture ; présumer en bien ou en mal.
    • Dans le monde catholique règne donc une improbité générale, qui conduit les dévots à supposer que les relations économiques dépendent principalement des gens qui tiennent la caisse. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, 1908, p.294)
    • Je me doutais bien d’une supercherie, alors même que rien ne me permettait de supposer que vous ne fussiez pas Butteridge. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 171 de l’éd. de 1921)
    • De plus, on assimile volontiers les femmes adultères aux prostituées et la pratique de la fornication, prostibulaire ou adultère, suppose le mensonge ou la clandestinité, comme l'ont si bien illustré les fabliaux, qui insistent sur les mensonges de l'épouse volage. — (Nicole Gonthier, Sanglant Coupaul ! Orde Ribaude !: Les injures au Moyen Âge, Presses universitaires de Rennes, 2007)
    • Un soir, attendant l'heure du dîner, Claire et Marcelle, cédant je suppose à une prière générale, jouèrent quelques morceaux ensemble, la pianiste accompagnant sa sœur violoniste. — (André Roussin, La Boîte à couleurs, Éditions Albin Michel, 2013, p. 2008)
  4. Former le préalable à une chose qui demande, qui exige que quelque autre chose soit ou ait été.
    • La justification suppose une accusation.
    • Dans le syllogisme, une conclusion suppose deux prémisses.

DérivésModifier

Apparentés étymologiquesModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

HomophonesModifier

RéférencesModifier