surnaturel

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(1552) De sur- et naturel. (1375) supernaturel.

Adjectif Modifier

Singulier Pluriel
Masculin surnaturel
\syʁ.na.ty.ʁɛl\
surnaturels
\syʁ.na.ty.ʁɛl\
Féminin surnaturelle
\syʁ.na.ty.ʁɛl\
surnaturelles
\syʁ.na.ty.ʁɛl\

surnaturel \syʁ.na.ty.ʁɛl\

  1. Qui est au-dessus des possibilités de la nature.
    • Déjà la légende lui attribuait des dons surnaturels. — (Joseph Conrad, Lord Jim, 1900, traduit de l’anglais par Philippe Neel, 1921)
  2. Que l'on ne peut expliquer à partir des lois de la nature ; contraire à la raison.
    • Le fantastique, c’est l’hésitation éprouvée par un être qui ne connaît que les lois naturelles, face à un événement en apparence surnaturel. — (Tzvetan Todorov, Introduction à la littérature fantastique, 1970.)
    • Ces quelques mots m’effrayèrent : ou la vision : était réelle, ou elle était fausse ; si la vision était réelle, j’étais sous le poids d’un fait surnaturel ; si la vision était fausse, si je croyais voir une chose, qui n’existait pas, comme l’avait dit mon domestique, je devenais fou. — (Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes - Le Chat, l’huissier et le squelette, 1849)
  3. (Par hyperbole) Extraordinaire.
    • Profitant de l’absence des sauvages qui s’étaient mis à leur poursuite, je me mis à courir de toutes mes forces en suivant le sentier; à quelques pas en avant, je trouvai le corps de William Parker étendu en travers du chemin, son fusil à côté de lui; je m’emparai de cette arme et continuai ma retraite en courant avec une vitesse surnaturelle. — (Peter Dillon, Voyage dans la mer du sud, Revue des Deux Mondes, 1830, tome 1)
  4. (Par hyperbole) Qui semble trop intense pour être naturel.
    • […], le soleil couchant reparaît un instant, sanglant, embrasant le camp entier d’une lueur surnaturelle. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 154)
  5. (Religion) Qui relève de Dieu, d'une puissance divine.
  6. (Religion, Théologie) Qui dépasse la nature d'un être.
    • Est surnaturel ce qui, procédant d’une condescendance gratuite de Dieu, élève la créature intelligente à un état qui ne saurait être l’état de nature d’aucun être créé, à un état qui ne saurait être ni réalisé, ni mérité, ni même conçu expressément par aucune force naturelle. — (Maurice Blondel, dans André Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie)
    • Dans le langage ordinaire de l’Église et dans le langage français du XVIIe siècle, la nature d’un être, ce sont tous les éléments constitutifs auxquels il a droit, en vertu de l'espèce à laquelle il appartient. […] La surnature, au contraire, c'est comme le mot l’indique, ce qui est au-dessus de la nature d'un être […] Après notre mort, notre fin aurait été de connaître Dieu et de l’aimer ; mais d’une manière analogue à la connaissance et à l’amour que nous pouvons avoir de Dieu sur la terre, d’après nos forces naturelles. Nous ne l’aurions pas vu face à face, directement, comme la foi nous apprend que nous le verrons au Ciel. Pour atteindre cette fin, nous aurions eu droit à des secours proportionnés, c'est-à-dire à des secours de l’ordre naturel ; mais nous n’aurions pas eu la grâce, secours surnaturel. — (Jules Pasquier, Le Jansénisme, 2016)
    • Si on soumet tout à la raison, notre religion n’aura rien de mystérieux et de surnaturel. — (Blaise Pascal, Pensées, fragment 162 de l’édition M. Le Guern)

Quasi-synonymesModifier

TraductionsModifier

Nom commun Modifier

surnaturel \syʁ.na.ty.ʁɛl\ masculin, au singulier uniquement

  1. (Religion) Ce qui dépasse la nature ou la nature d’un être, des hommes ; ce qui relève des pouvoirs de Dieu.
  2. (Religion) Ce qui appartient au sacré, au religieux.
    • Les répliques face au surnaturel trouvent tout autant leur exacte mesure que les discours galants adressés aux paysannes ou les provisions d’hypocrisie que Don Juan tient à la disposition d’Elvire et de Don Louis. — (Mourad François-Marie, « Mesure et démesure dans Dom Juan de Molière », L’information littéraire, 2007/1 (Vol. 59), page 27-29)
    • [Selon Herbert Spencer], le réel seul existe. Le surnaturel n'existe pas. Tout est soumis à des lois éternelles dont nous ne connaissons qu'une faible partie ; et c'est pour cela que nous appelons "miracle", une loi normale qui, dans notre état d'évolution, échappe à notre perception. — (Adrien Bertrand, Eugène Brieux, 1910)
  3. Ce qui défie la raison, est mystérieux, fantastique.
    • J’avoue que tout lecteur profane qui n’aurait jamais entendu parler des phénomènes de hantise pourrait attribuer les descriptions précédentes à des cerveaux de fous ou d’hallucinés. Cependant ces faits sont réels. L’idée du surnaturel domine, évidemment, dans toute cette famille et son entourage. Pour nous, une appréciation purement scientifique s’impose. — (Camille Flammarion, Les Maisons hantées, 1923, édition 1989, ISBN 2277219851)

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TraductionsModifier

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier