FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(1080) Du latin supervivere ou dérivé de vivre avec le préfixe sur-.

Verbe Modifier

survivre \syʁ.vivʁ\ transitif indirect 3e groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se survivre)

  1. Ne pas mourir lors d’un évènement qui aurait pu être mortel.
    • Trois furent trachéotomisées, et ne purent jamais être décanulées ; deux d'entre elles ont survécu des années, mais l'une est morte huit mois plus tard dans des conditions que je n'ai pu préciser. — (Lyon chirurgical, vol. 42, Société de Chirurgie de Lyon, 1947, page 121)
    • Cependant, la croissance de L. pneumophila a été récemment décrite par nécrotrophie sur des bactéries, des amibes ou des biofilms tués par la chaleur, suggérant que L. pneumophila pourrait survivre et se répliquer extracellulairement en présence de bactéries mortes présentes par exemple au sein des biofilms ou dans les systèmes d'eau chauffée. — (Maëlle Molmeret, « Réplication intracellulaire de Legionella », dans Legionella, coordonné par Sophie Jarraud et Jean Freney, Éditions Tec & Doc, 2011, 2e éd. : 2012, p. 98)
  2. Demeurer en vie après une autre personne.
    • « Polonius, disait une inconsolée, tu es meilleur que je ne suis : tu ne m’aurais pas survécu, je te survis. » — (Jean-Paul Sartre, Les mots, 1964, collection Folio, page 28.)
    • Il épousa ensuite sa demi-nièce, plus jeune que lui de vingt-trois ans, Klara Pôlzl avec qui il eut six enfants dont deux seulement survécurent, Adolf et sa sœur Paula. — (Philippe Sers, Totalitarisme et avant-gardes: au seuil de la transcendance, Les Belles Lettres, 2001, page 71)
  3. (Par extension) (Figuré) Vivre encore après la perte de ce qui était important dans sa vie.
    • Survivre à son honneur, à sa réputation, à sa fortune, à ses espérances.
    • Survivre à la ruine de sa patrie, etc.
    • Survivre à soi-même, se survivre : Perdre avant la mort l’usage des facultés naturelles, comme la mémoire, l’ouïe, la vue, la raison ; se dit particulièrement de ceux qui tombent en enfance.
  4. (Archaïsme) Demeurer en vie après quelqu’un [1]. (Emploi transitif valide jusqu’au XVIIe siècle)
  5. (Intransitif) (Figuré) Perdurer.
    • À Panama tout est pittoresque et imprévu et les traditions espagnoles ont survécu malgré le contact américain. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil ; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Les généraux renégats sont les représentants d’une classe qui, pour survivre en tant que telle, a renoncé à la nation chilienne et est sciemment devenue l’alliée de l’impérialisme nord-américain. — (Armando Uribe, Le Livre noir de l’intervention américaine au Chili, traduction de Karine Berriot & Françoise Campo, Seuil, 1974)
    • En outre, fortement enracinée dans le folklore romain, la fête des Lupercales survécut à l’implantation du christianisme et fut assimilée par l’Église à la fête de la purification de la Vierge ou Chandeleur. — (Mireille Demaules, Picous ou l’enigme d’un nom dans la Folie de Berne, dans Par les mots et les textes : mélanges [] offerts à Claude Thomasset, Presses Paris Sorbonne, 2005, page 201)
    • Pas simple en effet, face à l’invasion, ces dernières années, d'une armada de jeunes pousses à la lippe humide, de survivre télévisuellement quand, soi-même, on a fondé une grosse partie de son talent sur son capital érotique. — (Thierry Ardisson, Tout le monde en a parlé, Éditions Flammarion, 2012)
  6. (Pronominal) Laisser après soi quelque chose ou quelqu’un qui perpétue le souvenir du nom qu’on portait, des qualités, des talents qu’on possédait.
    • Se survivre dans ses enfants, dans ses ouvrages.

SynonymesModifier

DérivésModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

RéférencesModifier