FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(1532) Du latin torvus (« qui regarde de travers, menaçant »).

Adjectif Modifier

Singulier Pluriel
Masculin
et féminin
torve torves
\tɔʁv\

torve \tɔʁv\ masculin et féminin identiques

  1. Sournois et menaçant.
    • Ses yeux torves roulaient des lueurs fauves sous des cheveux en broussailles. — (Anatole France, L’Île des pingouins, 1908)
    • Ce n'était pas une fumerie d'opium mais un assommoir comme ce quartier torve en compte des centaines. — (Jean Ray, Harry Dickson, Les Trois cercles de l'épouvante, 1932)
    • Ils avaient l’air si misérables, si puants, la plupart de mes clients, si torves aussi, que je me demandais toujours où ils allaient les trouver les vingt francs qu’il fallait me donner, et s’ils n’allaient pas me tuer en revanche. — (Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, Denoël et Steele, Paris, 1932 (réédition Gallimard, Folio #28, 2019, page 328)
  2. Oblique, tordu.
    • Quasimodo portait la tête torve.
    • Il n’apercevait aucun changement, sinon qu’une lueur de ruse était dans les yeux, et que la ride torve de l’hypocrisie s’était ajoutée à la bouche !… — (Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray, 1890)
    • Et après cela il restait encore à traîner et rouler sur le sol vers les tas les grosses souches arrachées, à grand renfort de reins et de bras raidis et de mains souillées de terre, aux veines gonflées, qui semblaient lutter rageusement avec le tronc massif et les grosses racines torves. — (Louis Hémon, Maria Chapdelaine, J.-A. LeFebvre, Montréal, 1916)
  3. (Médecine) Qualifie le regard atteint de strabisme.

TraductionsModifier

AnagrammesModifier