FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

Du moyen français trahir, de l’ancien français traïr, trair, trahir, du latin trādere (« transmettre, livrer, remettre par trahison »), d’où « trahir » dérivé de dăre (« donner ») avec le préfixe trans-. La racine latine a aussi donné le substantif tradition (« action de transmettre, ce qui est transmis »).
Cognat du portugais trair, de l’occitan traïr, l’espagnol traer, de l’italien tradire.

Verbe Modifier

trahir \tʁa.iʁ\ transitif 2e groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se trahir)

  1. Faire une perfidie à quelqu’un ; lui manquer de foi.
    • Monsieur, répondit la reine, je puis ne pas aimer mon mari, mais personne n’a le droit d’exiger de moi que je le trahisse. De bonne foi, trahiriez-vous les secrets de la princesse de Porcian, votre femme ? — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre II)
    • Je fus stupide et naïf, je méritai ce qui m'arriva. Je me fis détrousser. Peu m'importait l'argent que je perdis. On me trahit. — (William Guéraiche, Philippines contemporaines, Éditions Les Indes savantes, 2013, p. 273)
  2. Manquer de respect ou de considération, en parlant des choses.
    • Oui, mon père à peine en terre, j'étais coupable, oubliant mon deuil, trahissant mon chagrin et son souvenir. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 33)
    • Trahir les intérêts de quelqu’un, la confiance de son ami.
    • Trahir la vérité, sa conscience, son devoir, sa promesse, sa foi, ses serments.
  3. (Droit) (Absolument) Livrer son pays, sa patrie ; agir par perfidie contre la sécurité de son pays.
  4. Découvrir ou révéler ce qu’on voulait tenir caché.
    • Maudit accent qui me trahit toujours ! C'est vrai, j'arrive d'Italie. — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, coll. « Le Livre populaire » no 31, 1907)
    • Pensant à son accoutrement, il se défit de son faux-col et de sa casquette blanche d’aéronaute, qui pouvaient le trahir, […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 356 de l’éd. de 1921)
    • Sa figure intelligente, dont les traits et le teint trahissaient une assez forte proportion de sang soudanais, […], prenait par moments une expression de grande affabilité. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 67)
    • Rien dans son regard ne trahissait jamais la moindre pitié, c'était un pur soldat, dépourvu d’états d'âme. — (Arkan Simaan, L'écuyer d'Henri le Navigateur, éd. L'Harmattan, 2007, p. 36)
  5. Ne pas seconder, desservir, rendre vain, décevoir.
    • La fortune a trahi nos efforts.
    • Les événements trahirent ses espérances.
  6. (Pronominal) Agir contre ses propres intérêts.
    • Il s’est trahi lui-même en cette affaire.

SynonymesModifier

Apparentés étymologiquesModifier

TraductionsModifier

Traductions à trierModifier

PrononciationModifier

RéférencesModifier