trotte-menu

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(1488) Du français trotte et menu.

Nom commun Modifier

Invariable
trotte-menu
\tʁɔt.mə.ny\

trotte-menu \tʁɔt.mə.ny\ masculin et féminin identiques invariable

  1. Petit rongeur.
  2. (Par métonymie) Allure d’un animal ou d’un homme qui se déplace à petits pas sautillants.
    • C’est la petite mère Décultot, une mémé d’un peu plus de quatre-vingts ans, que les deux kilomètres séparant le bourg de son hameau ne découragent pas de faire ses courses à pied. Qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente. C’est à cet exercice matinal qu’elle attribue sa longévité. Au retour, elle éprouve parfois les pires difficultés à porter ses deux cabas, surtout quand ils sont lestés d’un pack de six bouteilles d’eau. Vaillante, elle refuse de la tête l’aide que les automobilistes voudraient lui proposer. Moi seul trouve grâce à ses yeux. Il ne m’a pas fallu moins de vingt ans pour apprivoiser cette trotte-menu. — (Robert Cottard, Les Calendriers, Éditions de l’Olivier, Paris, 2019, ISBN 978-2-8236-1508-1, p. 39)
  3. (Sens figuré) (Péjoratif) Personne médiocre, de peu de valeur.
    • C’était par pure politesse que l’on menait grand bruit aux Bons Laboureurs, la patronne ne prisant guère les trotte-menu et les pisse-froid. — (René Fallet, Le braconnier de Dieu, 1974, Bibliothèque du temps présent, page 140)

Adjectif Modifier

trotte-menu \tʁɔt mə.ny\ invariable

  1. Qui marche à petits pas rapides.
    • Voix d’Autrui : des lointains dans des brouillards. Des noces
      Vont et viennent. Des tas d’embarras. Des négoces,
      Et tout le cirque des civilisations
      Au son trotte-menu du violon des noces.

      — (Paul Verlaine, Sagesse, Voix de l’Orgueil)
    • Les babies, les bonnes, les vieilles dames à pliants, les mères pauvres, tout le Paris trotte-menu qui vient se mettre à l’abri des voitures dans ces parterres bordés de trottoirs, connaissaient le père Stenne et l’adoraient. — (Alphonse Daudet, L’enfant espion, dans Contes du lundi, 1873, Fasquelle, réédition Le Livre de Poche, 1974, page 24)
    • MARSEILLE[…] Et point d’âme ; rien que la recherche du plaisir cru, extérieur, grossier ; lorettes, danseuses, chanteuses ignobles et polissonnes de café-concert, des filles trotte-menu, insolentes, étalées, des têtes joviales et bornées, sans autre souci que la jouissance palpable, le luxe voyant et le rêve à fleur de peau — tout cela maintenu ensemble par la force et l’habitude, la crainte de la police et la grandeur de l’organisation. — (Hippolyte Taine, Carnets de voyage : Notes sur la province, 1863-1865, Hachette, 1897)

DérivésModifier

PrononciationModifier