truchement

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(XIIe siècle) De l’arabe ترجمان, turǧumān (« interprète ») → voir drogman et targum.
Ou peut-être du normand trucheman (vieux normand trusman ou trudeman) « homme de confiance ».

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
truchement truchements
\tʁyʃ.mɑ̃\

truchement \tʁyʃ.mɑ̃\ masculin

  1. (Vieilli) Personne ayant pour fonction de traduire oralement les paroles entre deux personnes parlant des langues différentes.
    • Quand on ne peut pas se tirer d’affaire tout seul, on peut encore prendre à la douane de Galata quelque pauvre diable modeste et timide, porteur de valises et truchement, raccommodeur de boutons et commissionnaire corvéable à merci.— (Société normande de géographie: Bulletin de l’année 1896))
    • Je me hâtai d’en rire et priai la taupe de demander aux cormorans si leurs Excellences désiraient autre chose. Mon truchement obéit. Les pillards s’esclaffèrent. — (Maurice Dekobra, La Madone des sleepings, 1925, réédition Le Livre de Poche, page 155)
    • Malgré sa conduite libertine et scandaleuse, le premier truchement de Champlain sait se montrer généreux et sensible à l'injustice. — (Jean Delisle, Interprètes au pays du castor, Presses de l'Université Laval, 2019, page 58)
  2. (Spécialement) Intermédiaire qui reste neutre dans le principe d’un catalyseur.
  3. Porte-parole ou personne qui exprime la pensée, les intentions, d'une ou plusieurs autres personnes.
    • Beaucoup de mes interlocuteurs me signalent encore, parmi les causes de la dépopulation du Lot, la conception qu'on a du suffrage universel en ces contrées, où l'homme politique doit accepter d'être, dans la métropole, le protecteur, le soutien, le truchement de ses mandants. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
  4. (Figuré) Ce qui fait comprendre ce que l’on n’exprime pas par des paroles.
    • Les yeux sont les truchements du cœur.
    • La musique, le plus sensuel des arts pour les âmes amoureuses, fut le truchement de leurs idées. — (Honoré de Balzac, L’Enfant maudit, 1831)
  5. Intermédiaire ; entremise ; moyen employé.
    • Je ne puis m’approcher de l’autel, sans le secours d’un truchement, sans le renfort d’un prêtre. — (Joris-Karl Huysmans, En route, 1895)
    • Ces ignorances furent le terreau sur lequel s’épanouirent l’influence puis l’emprise que le bolchevisme gagna sur les nouveaux partis communistes, par le truchement de la IIIe Internationale. — (Romain Ducoulombier, Le premier communisme français (1917-1925) Un homme nouveau pour régénérer le socialisme, Les Notes de la Fondation Jean-Jaurès — Histoire et Mémoire, N°42, août 2004, p.8)
    • — Que dois-je faire alors ? — Je vais vous envoyer un truchement. — Quoi ? — Un intermédiaire, si vous préférez... Je vous recontacterai. — (Séraphine (dessins) et Thilde Barboni (scénario), Rose dʼÉlisabethville, 1960-1961. Marcinelle ; Paris : éd. Dupuis, coll. « Aire libre », 2010. 70 p. ; 31 cm. ISBN 978-2-8001-4702-4. La citation se trouve en page 45.)

VariantesModifier

TraductionsModifier

RéférencesModifier