tutoiement

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

Dérivé de tutoyer avec le suffixe nominal -ment.

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
tutoiement tutoiements
\ty.twa.mɑ̃\

tutoiement \ty.twa.mɑ̃\ masculin

  1. Action de tutoyer.
    • En 1793 est adressée à la Convention nationale une pétition visant à abolir l’usage du vouvoiement au profit du tutoiement. 10 brumaire an 2 républicain.
    • Chez les français le tutoiement, au moins le tutoiement intime, suit presque immédiatement la possession. Et cela est vrai des jeunes mariées comme des filles publiques. — (Léon Blum, Du mariage, 1907)
    • Il a tiré profit des oublis, tel ce personnage d’Hernani qu’une erreur de tutoiement fait grand d’Espagne. — (Léon Daudet, Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux/L’Entre-Deux-Guerres, Grasset, 1915, réédition Le Livre de Poche, pages 236-237)
    • Il ne nous avait jamais été facile de bavarder. Le tutoiement même de Marino, avec son je ne sais quoi d’imperceptiblement voulu, de plus réglementaire qu’amical, nous éloignait, soulevait une gêne qu’aucune bonne volonté ne devait dissiper. — (Julien Gracq, Le Rivage des Syrtes, José Corti, 1951)
    • – Alors, tu es venu voir si j’avais besoin de toi ? Je crois qu’en effet tu peux m’être utile. Excuse-moi si je t’ai un peu rebuté, au début. Je pensais avoir affaire à un curieux.
      – Je l’étais, dit Gabriel, amusé, satisfait du tutoiement comme d’une promotion.
      — (Hervé Bazin, Chapeau bas, Seuil, 1963, Le Livre de Poche, page 116)
    • Le soudain tutoiement, la violence des mots, enlaidissent Hugues aussitôt. Ce n'est plus qu'un petit voyou, plein de haine. — (Laure Angélis, Le lys écarlate, Éditions Pierre Téqui, 1998, page 130)
    • […] à l’origine, le tutoiement doit traduire une intimité confiante, mais si les gens qui se tutoient ne sont pas intimes, il prend subitement une signification opposée, il est l’expression de la grossièreté, de sorte que le monde où le tutoiement est d’usage commun n’est pas un monde d’amitié générale, mais un monde d’irrespect général. — (Milan Kundera, La Plaisanterie, Œuvre, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2011, page 216)
    • On voit donc que ce n’est pas au tutoyeur de tutoyer le tutoyé, c’est au futur tutoyé d’accepter d’être tutoyé par le tutoyeur, ce qui n’est pas du tout la même chose : dans la civilisation de nos régions, le consentement est un préalable obligatoire au tutoiement. — (Les tutoyeurs intempestifs, agoravox.fr, 3 septembre 2012)
    • Les relations personnelles dans les entreprises étant de plus en plus directes, la tendance est au tutoiement. Mais dans l’air du temps flotte ici et là de nouveau le vouvoiement. — (Jürg Raissig, Être à tu et à toi ou se distancier par un vous formel ?)

VariantesModifier

AntonymesModifier

TraductionsModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier