Wiktionnaire:Actualités/047-février-2019

Wiktionnaire:Actualités est un journal mensuel sur le Wiktionnaire, les dictionnaires et les mots. Il est publié en ligne depuis avril 2015. Son écriture est ouverte à toutes les bonnes volontés. Vous pouvez recevoir un avis lors de la publication des prochains numéros, consulter les anciens numéros et participer au brouillon de la prochaine édition. Vous pouvez lire aussi les Regards sur l’actualité de la Wikimedia. Pour les commentaires, critiques ou suggestions, voir la page de discussion.

Actualités - Numéro 47 - février 2019
Plaque en fer forgé avec des fleurs.

Une plaque d’égout photographiée au Japon par Ka23 13, proposée dans le cadre du concours photographique de février sur le thème de la symétrie de rotation.

Brèves

  • En réponse à une pétition réclamant un encadrement légal de l’usage de l’anglais en France, Gaspard Koenig rédige une tribune dans les Échos dans laquelle il défend la primauté de l’usage et la nécessité de laisser les gens s’exprimer comme ils le souhaitent.
  • Le lexicologue Jean Pruvost était l’invité de l’émission La Tête au carré sur France Inter le 28 janvier pour parler d’étymologie (entre autres).

L’année des langues autochtones

Cette année 2019 a été déclarée par l’UNESCO « année des langues autochtones ». L’organisme a décidé d’orienter ses actions sociales sur la sauvegarde et la valorisation de la diversité linguistique. Il a mis en place un site référentiel afin de permettre aux acteurs de s’engager et de profiter d’une visibilité pour leurs évènements en rapport avec les langues autochtones. Pour contextualiser tout ça, l’UNESCO donne quelques chiffres :

  • 7 000 langues parlées dans le monde
  • 370 millions de membres de peuples autochtones
  • 90 pays avec des communautés autochtones
  • 5 000 cultures autochtones différentes
  • 2 680 langues en danger de disparition

Le Wiktionnaire a une place grandissante dans la défense et la sauvegarde des langues. En effet, le projet accueille et décrit toutes les langues sans distinction et sauvegarde les traces qu’elles laissent dans l’histoire de l’humanité. Beaucoup de nos contributeurs y enregistrent des langues méconnues du monde occidental et leur permettent ainsi d’être accessibles au plus grand nombre, mais il y a encore tant de choses à faire.

Voici une liste de quelques contributeurs et contributrices qui se consacrent à ces langues dans le Wiktionnaire :

  • Pamputt recense les langues du monde dans le Wiktionnaire en fournissant une source pour chacune
  • Unsui a créé le plus gros dictionnaire de same du Nord en ligne dans le Wiktionnaire
  • Treehill s’intéresse aux langues mortes peu connues (gaulois, lépontique…) et contribue sur le gallo et le flamand occidental, deux langues de France en danger
  • Prieladkozh contribue sur le breton et sauvegarde la dernière langue celtique parlée en France
  • Lyokoï a structuré les langues d’oïl et co-fondé l’outil Lingua Libre qui permet d’enregistrer toutes les langues du monde
  • (n’hésitez pas à vous ajouter !  ) — une chronique par Lyokoï

Statistiques

Du 20 janvier 2019 au 20 février 2019

  + 20 946 entrées et 136 langues modifiées pour atteindre 3 626 993 entrées et 1 099 langues avec au moins cinq entrées.

  + 3 091 entrées en français pour atteindre 370 368 lemmes et 552 665 définitions.

  + 3 666 citations ou exemples en français pour atteindre 372 011.

  + 4 936 prononciations (dont 4 759 pour le français) pour atteindre 121 130 prononciations audios pour 101 langues (dont 34 072 pour le français).

  + 5 685 médias d’illustrations (images et vidéos) dans les articles du Wiktionnaire, pour atteindre 45 688.
Cette importante augmentation est due à la prise en compte des illustrations au format .svg qui étaient omises du décompte auparavant.

  + 3 thésaurus pour atteindre 546 thésaurus dans 55 langues dont 378 thésaurus en langue française ! Les nouveaux thésaurus sont sur la crêpe (initié par Pamputt), galette (initié par Lyokoï) et sur la fermentation (créé par Stephane8888).

  + 27 nouvelles langues pour un total de 4 674 langues : le ketum, le kumukio, le kwomtari, le kota (Gabon), le laha (Indonésie), le lhokpu, le logorik, le kungkari, le kinnauri, le koraga korra, le konda-dora, le konyak, le kami (Tanzanie), le koenoem, le kinalakna, le njalgulgule, le bangru, le songhaï humburi senni, le seit-kaitetu, le syuba, le gongduk, le judéo-tunisien, le kombio, le kho’ini, le kxoe, le dar fur daju et l’arabe judéo-tripolitain.

  Les trois langues qui ont le plus avancé outre le français sont le same du Nord (+ 12 496 entrées), le breton (+ 1 002 entrées) et l’anglais (+ 621 entrées).

Consultation et contribution

  Les outils de statistiques externes donnent chaque mois la liste des pages les plus consultées et des pages modifiées par le plus de personnes.

  La rubrique Wiktionnaire:Questions sur les mots (WT:QM) a enregistré en janvier 55 questions, contre 84 en janvier et 56 en décembre.

  Le vocabulaire spécialisé de la cartographie qui a été offert par le Comité français de Cartographie a été entièrement relu et intégré dans le Wiktionnaire ! Une présentation brève de l’importation a été rédigée pour conserver la trace de l’opération et une discussion est en cours pour voir quelles suites donner à ce partenariat.

Nouvelles catégories

 Mise en circulation de la catégorie Cryptomonnaies  .

Évolution sur un an

Francisco Dans, un développeur qui travaille pour la Fondation Wikimedia, a publié sur son site les évolutions des différents projets Wikimedia dans les différentes langues de janvier 2018 à janvier 2019. En ce qui concerne les différentes versions linguistiques du Wiktionnaire, on s’aperçoit qu’il y a des communautés extrêmement dynamiques dans les « petits » Wiktionnaire ; c’est par exemple le cas du Wiktionnaire en ourdou (une langue parlée au Pakistan) qui a multiplié par plus de 5 son nombres d’articles pour atteindre plus de 29000 articles. Il se classe ainsi deuxième au niveau de l’évolution parmi tous les projets Wikimedia (quelle que soit la langue). Viennent ensuite le Wiktionnaire en népalais (+153 %) et le Wiktionnaire en bengali (+101 %). Avec une évolution d’un peu plus de 6 % de son nombre de pages, le Wiktionnaire francophone se place à la 31e place. En comparaison, le plus gros projet, le Wiktionnaire anglophone, a connu une croissance de plus de 9 % ce qui le classe à la 23e place.

En queue de classement, on trouve 73 versions linguistiques du Wiktionnaire, soit environ 50% de toutes les versions, pour lesquelles le nombre d’articles a évolué de moins de 1% et même 14 qui n’ont eu aucune évolution dans leur nombre d’entrées pendant un an. Le Wiktionnaire en chinois avec plus d’un million d’articles fait partie de cette seconde moitié ce qui laisse penser que la communauté est à l’arrêt.

Parmi les autres langues historiquement parlées sur le territoire de la France métropolitaine, on trouve le catalan (+28 %), l’occitan (+19 %), le breton (+4 %), le basque (+0,1 %) et le corse qui a conservé le même nombre d’articles. Parmi tout ces projets, le Wiktionnaire francophone est le seul qui propose chaque mois des statistiques détaillées des types de contenus qui évoluent, afin de ne pas compter seulement le nombre de pages (qui intègre toutes les pages de flexion, souvent générées grâce à des scripts) mais également les différentes formes d’enrichissement des contenus (exemples, images, sons, etc.).
— une chronique par Pamputt

Un multiplicateur, pièce d’un moulin à eau, photographié par Daniel Villafruela.

Dictionnaire du mois

Œuvre collective, Le Dico des Ados, septembre 2016-, en ligne.

Le Dico des Ados est un site web qui héberge des définitions de mots écrites par et pour des ados, c’est-à-dire d’abord des 8-13 ans. Les définitions sont préférentiellement simples, sans mots qui demandent d’autres définitions et avec des exemples adaptés. Ce site a été mis en ligne par un enseignant – Vivian Epiney – qui a construit une activité pédagogique autour de la rédaction de définitions par ses élèves, et qui a souhaité valoriser leur travail et le pérenniser. Il a alors mis en place un site, et a choisi d’utiliser le système MediaWiki, un outil de wiki qui est également celui du Wiktionnaire ou de Wikipédia. Un habillage plus épuré et quelques jolis dessins, et le site était en place. Après des mois de remplissage, l’enseignant responsable a été prévenir de l’existence de son projet sur Vikidia, le Wikipédia pour les jeunes, et nous avions échangé quelques messages à ce moment. Des liens réciproques ont été mis sur les pages des deux projets pour renforcer leur complémentarité, et des liens vers le Wiktionnaire étaient ajoutés automatiquement sur chaque page du Dico des Ados.

Ce mois-ci, j’ai été recontacté par l’administrateur et nous avons convenu d’un rendez-vous téléphonique. Lyokoï et 3(MG)² (qui est administrateur sur Vikidia) se sont joints à nous, et nous avons pu discuter des connivences entre nos deux projets, des différences dans les communautés et des différentes actions que nous pourrions mener afin d’attirer du lectorat et des personnes susceptibles de contribuer.

Rien à redire sur l’ergonomie du site, ou sur le formulaire de contribution (un vrai éditeur visuel adapté !), ni sur les très claires pages pour les adultes, avec notamment une très belle présentation en quelques diapos, un document de conseils pour les enseignants qui voudraient participer avec leurs classes et un article paru dans la presse locale ce mois-ci sur le projet.

Nous avons réfléchi aux liens que nous pourrions faire entre le Wiktionnaire et le Dico des Ados, et nous avons surtout convenu d’entre-aide technique et lexicographique pour l’instant, plutôt que de liens dans la navigation. Nous lui avons notamment présenté en quelques mots Lingua Libre, l’outil d’enregistrement, et en moins d’une semaine, les 1 800 entrées étaient enrichis par des enregistrements audios ! Un bénéfice aussi pour le Wiktionnaire, car les enregistrements ont été ajoutés des deux côtés simultanément. Côté Dico des Ados, grâce à Simon2001, un administrateur de Vikidia qui a offert son aide promptement pour développer un bot dédié à cette tâche. Une autre discussion est en cours avec 0x010C pour permettre l’identification grâce à un compte utilisateur créé sur un des projets de la Fondation Wikimedia.

Le projet part donc sur une bonne voie, agrémentée de sons et de belles illustrations, et il ne reste plus à cette œuvre qu’à grandir !
— une chronique par Noé

 
Une crêpe presque circulaire, photographiée par Chaojoker.

LexiSession de février

Impulsées par le Fantastique groupe d’utilisateurs et d’utilisatrices de Wiktionnaire, les LexiSessions proposent des thèmes mensuels pour dynamiser l’ensemble des Wiktionnaires simultanément. Les thèmes sont suggérés en amont sur Meta et annoncés chaque mois sur la Wikidémie, l’espace principal de discussion. La LexiSession de février était sur les crêpes et les galettes et a donné lieu à la création de deux thésaurus ainsi qu’à l’enrichissement du Wiktionnaire avec les pages le roi boit, la reine boit, roi de la fève et reine de la fève par Alphabeta !

Pour le mois de mars, le thème proposé est la guerre.

De la bibliothèque à la médiathèque

Erik Orsenna et Noël Corbin publient un livre nommé Voyage au pays des bibliothèques, qui fait un état des lieux sur l’évolution de la lecture en France. Les deux auteurs mettent en avant le succès des médiathèques avec une progression de leur fréquentation de 23 % depuis 2005. Cette embellie, contraire aux prédictions des années 2000 suite à l’arrivée du numérique, vient de leur adaptation à la demande : dans certaines d’entre elles il est possible de suivre un cours de cuisine, faire de la gym, boire une bière ou apprendre à contribuer au Wiktionnaire comme à Strasbourg ou à Lyon.

Ce chiffre cache une baisse constante de la lecture : 12 % des Français empruntent aujourd’hui des livres en bibliothèque. En comparant le nombre d’inscrits avec la fréquentation globale, on s’aperçoit qu’il est tombé de 69 % en 1997 à 39 % en 2016.

Selon Orsenna et Corbin, la médiathèque doit continuer dans cette voie et devenir le « laboratoire des politiques culturelles du XXIe siècle ».
— une chronique par Romainbehar

L’ISO met à jour ses codes

L’ISO 639-3 est un ensemble de codes associés aux langues, fixé comme un standard international et géré par la SIL International. Il sert de base pour les codes utilisés dans le Wiktionnaire. Initialement construit à partir d’un inventaire partiel, il est régulièrement mis à jour pour suivre l’évolution des descriptions des langues, mais aussi les évolutions politiques qui amènent à des reconnaissances officielles de dialectes ou des distinctions nouvelles.

Fin janvier, la SIL a publié un document synthétisant la mise à jour des codes ISO 639-3 servant à identifier les langues. Quatre-vingt-dix-huit demandes de changements ont été étudiées ; la plupart concerne des changements d’informations pour des langues disposant déjà d’un code ISO 639-3.

Pour le reste, le subi (code xsj), le lavi (code lvi), la langue des signes de Sivia (code lsv), le chin ekai (code cey), le keerray-woorroong (code wkr), le tjungundji (code tjj), le tjupany (code tjp), le mpinda (code pnd), la langue des signes tibétaine (code lsn), le taivoan (code tvx), le sakizaya (szy), l’us-saare (uss) et le ut-hun (uth) disposent maintenant d’un code ISO 639-3.

Les codes llo (khlor), myd (maramba), myi (mina (Inde)), asd (asas), lba (lui), nns (ningye) et wly (waling) ont par ailleurs été rendus obsolètes soit car l’ancienne langue a été séparée en deux langues, soit car la langue est considérée comme non existante.
— une chronique par Pamputt et Noé

En vidéo

Cette rubrique vous propose de faire une revue de vidéos sur la lexicographie, la linguistique et la langue française sorties ou découvertes ce mois-ci.

  • Jean-Michel Cornu, spécialiste de la coopération et de l’intelligence collective, propose de nombreuses vidéos et supports sous licence libre. Il forme au travail en groupe, et il consacre sa dernière courte vidéo au vocabulaire de la collaboration.

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