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FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

Du nom du philosophe grec Épicure avec le suffixe -ien.

Adjectif Modifier

Singulier Pluriel
Masculin épicurien
\e.pi.ky.ʁjɛ̃\
épicuriens
\e.pi.ky.ʁjɛ̃\
Féminin épicurienne
\e.pi.ky.ʁjɛn\
épicuriennes
\e.pi.ky.ʁjɛn\

épicurien \e.pi.ky.ʁjɛ̃\ masculin

  1. Qui est partisan de la doctrine d’Épicure ; qui est conforme à cette doctrine.
    • Le moment semble venu où l'on peut avec plus de justice apprécier la doctrine épicurienne, et chercher la part de vérité qu'elle renferme. — (Jean Marie Guyau, La Morale d’Épicure: et ses rapports avec les doctrines contemporaines, Librairie Félix Alcan, 1927, page 17)
    • La clé de la sagesse épicurienne consiste à comprendre que nous pouvons être heureux si nos désirs, au lieu d'être illimités, se ramènent à la dimension restreinte des besoins de notre corps. — (Roger-Pol Droit, Lucrèce, l'épicurien, en préface à la traduction de Lucrèce, De la nature de José Kany-Turpin, éd.Flammarion, 2008, p.XV)
    • Il semble au contraire que, dans l’épistémologie de la physique épicurienne, l'observation du monde, sa connaissance empirique, soit non seulement légitime, mais encore nécessaire. — (Pierre-Marie Morel, Épicure: la nature et la raison, Librairie J. Vrin, 2009, page 36)
    • En questionnant : « Dites-moi si vous avez jamais vu ou lu des philosophes pensant que le monde a été fait par hasard », Spinoza qui, quelques lignes après, fera l'éloge des Atomistes, affirme, par là même implicitement que telle n'est pas, selon lui, la conception épicurienne du clinamen. — (Laurent Bove, La stratégie du conatus: affirmation et résistance chez Spinoza, Librairie philosophique J. Vrin, 1996, p. 149)
    • Il demeurait cependant, dans le bouquet SFR, bien des pépites, sur le plan culinaire en particulier, je devenais maintenant un bon vieux gros bonhomme, un philosophe épicurien pourquoi pas, qu’est-ce qu’Épicure avait d’autre en tête, au juste ? En même temps un quignon de pain rassis et un filet d’huile d’olive c’était un peu limité, il me fallait des médaillons de homard et des Saint-Jacques avec leurs petits légumes, j’étais un décadent moi, pas un pédé rural grec. — (Michel Houellebecq, Sérotonine, Flammarion, 2019, page 332.)
  2. (Par hyperbole) Hédoniste, qui ne songe qu’au plaisir.
    • […] ; on aurait pu dire de ses traits qu’ils étaient beaux, s’il ne s’était niché sous l’arcade de son œil le sentiment rare et épicurien qui indique l’homme des brûlantes voluptés. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • En voyant ses mauvais mœurs, ses goûts épicuriens, l'impiété même dont il faisait profession ouverte, sauf à s'en défendre tant bien que mal, soupçonnerait-on que Costar était d'église ? — (Monseigneur Antonin Fabre, Les ennemis de Chapelain, tomes 1 & 2, collect. Études littéraires sur le XVIIe siècle; Éditions A. Fontemoing, 1897, p. 160)

NotesModifier

L'usage (2) de « épicurien » correspond à une déformation de la doctrine d'Épicure, qui passe à tort pour un hédonisme.
  • Un mot qui m'énerve encore plus est le mot épicurien, employé au sens de « qui ne songe qu'au plaisir » (sens attesté dans la plupart des dictionnaires, d'ailleurs). [...] C'est que la doctrine d'Épicure n'est pas reliée au plaisir. Elle est bien plus complexe que cela. Ce sens est donc dû à une mauvaise interprétation. — (Anne-Marie Beaudoin-Bégin, La langue rapaillée, éditions Somme toute, 2015, page 102)

SynonymesModifier

TraductionsModifier

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
épicurien épicuriens
\e.pi.ky.ʁjɛ̃\

épicurien \e.pi.ky.ʁjɛ̃\ masculin (pour une femme on dit : épicurienne)

  1. (Par substantivation) Celui qui est partisan de la doctrine d’Épicure.
    • Vivre comme un dieu exige que l'on cesse de croire aux dieux. Ainsi, la leçon des épicuriens est que la philosophie change les hommes en dieux en leur enseignant qu'il n'y a pas sur cette terre d'autres dieux qu'eux-mêmes dès lors qu'ils auront cessé de croire et vainement d'espérer. — (Robert Redeker, Les épicuriens, professeurs de liberté, dans Marianne du 5 au 11 février 2011, page 72-73)
    • On s’aperçoit que les épicuriens était d'une grande culture ; ils n'étaient absolument pas les rustres que les stoïciens aimaient à décrire, ces fameux « pourceaux d’Épicure » comme on a dit pour les discréditer. — (Iegor Gran, Entretien avec Daniel Delattre, papyrologue : « Avec la technologie, on a l'impression de comprimer le temps », dans Charlie hebdo n°1240 du 27 avril 2016, page 15)
  2. (Par hyperbole) Celui qui aime le plaisir, la jouissance.

NotesModifier

L'usage (2) de « épicurien » renvoie à une déformation de la doctrine d'Épicure, qui passe à tort pour un hédonisme.

TraductionsModifier

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier