Ouvrir le menu principal

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(XVIe siècle) Au départ, cette expression était utilisée par les peintres qui broyaient leurs pigments pour en faire de la peinture. Par analogie, au XVIIIe siècle, l’image a été reprise par la médecine qui comparait la digestion au broyage des aliments. Comme, à l’époque, on croyait que les humeurs naissaient de la bile noire sécrétée pendant la digestion (d’où est venue l’expression se faire de la bile), on a assimilé les accès de mélancolie à l’estomac qui broyait du noir. Mais ce n’est qu’au XIXe siècle que cette expression a pris son sens actuel de déprimer. Référence nécessaire
Une autre explication consiste à voir dans "broyer" une déformation de "broger", mot régional de l'occitan brojar (réfléchir d'un air préoccupé, ruminer, ressasser des idées... noires), verbe qui serait d'origine burgonde (selon FEW), ce qui est peu vraisemblable, mais descend plutôt du gaulois. Référence nécessaire

Locution verbale Modifier

broyer du noir \bʁwa.je dy nwaʁ\ (se conjugue → voir la conjugaison de broyer)

  1. (Familier) Se livrer à des pensées sombres, mélancoliques.
    • Ce n’est pas bon qu’il reste ainsi chez lui à broyer du noir.
    • Au lieu de rester à broyer du noir sur ton divan, viens avec moi manger une friture au bord de l’eau. — (Eugène Chavette, La Chambre du crime, 1875)
    • Un personnage très lugubre et d’une maigreur décharnée, assis dans une espèce de cave où il « broyait du noir », me semble-t-il, à l’aide d’un appareil à manivelle semblable à ceux dont on se sert pour torréfier le café. — (Michel Leiris, L’âge d’homme, 1939, collection Folio, page 32.)
    • Nous continuons de « broyer du noir », une dépression peut s’accompagner d’idées noires. — (Pierre Delaveau, Vademecum du vocabulaire de la santé, 2001)

SynonymesModifier

AntonymesModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

RéférencesModifier