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FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(Figuré) C'est un mot, asséné comme un coup de massue.

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
mot-massue mots-massues
\mo.mɑ̃.ma.sy\

mot-massue \mo.mɑ̃.ma.sy\ masculin

  1. (Rhétorique) Mot choisi que l'on assène dans un débat, une conversation ou un discours, pour imposer sa doctrine ou sa façon de penser.
    • Mot terrible et sauvage, sourd et aveugle, qui ne voit rien, n'entend rien, ne connaît rien, ni père ni mère, cri de ruine, de révolte et de destruction, mot-élément, mot-massue, mot-tourbillon, mot-ouragan, mot-éclair et tonnerre, qui ne se réclame que de lui-même. — (Henri Lavedan, Bon an, mal an, tome 3, Éditions Perrin, 1910, p. 216)
    • […] ; il était, il fut et il reste le prince inégalé et inégalable de l’insistance pesante, de la pesanteur insistante ; le maître incontesté de la reprise agressive, démonstrative et saturante du mot, le maître et spécialiste du mot repris, du mot assené, du mot ressassé, du mot probateur, du mot enfoncé dans la tête pour qu'il ne s'échappe pas et s'impose avec force au lecteur ; le virtuose de renfoncement du mot-massue : le gourmet — gourmand plutôt — du mot repris tel quel ou légèrement modifié, de ses équivalents et de ses approximations. — (René Georgin, L'Inflation du style, Les éditions sociales françaises, 1963, p 168)
    • Le mot « Impressionnisme » était pour lui et pour les membres de son groupe autre chose qu'un mot-massue emprunté aux ateliers parisiens pour les seuls besoins de la réclame commerciale. — (Jean Noël, George Moore: l'homme et l’œuvre, 1852-1933, éd. Marcel Didier, 1966, p. 196)
    • Il parle des adversaires de Claudel en termes d'une énergie claudélienne : « acrimonie hyperchlorydrique », « bave des réfractaires et leurs faux poids ». Ce ne sont plus là des mots-clefs : ce sont des mots-massues. On ne parle pas ainsi quand l'âme elle-même n'a pas été saisie, et ne s'efforce pas de saisir l'âme. — (« Correspondance Paul Claudel - Darius Milhaud 1912-1953 », tome 3 des Cahiers Paul Claudel, Volume 3, NRF/Gallimard, 1961, p. 261)
    • C'est ce qui explique que les mots du style, mots-massues, mots-mana qui servent plus souvent à clore qu'à ouvrir une analyse, aient pu investir des réflexions aussi inconciliables que la pensée générale de l'hominisation chez Leroi-Gourhan, la philosophie de la puissance d'être chez Nietzsche, la critique de la domination chez Bourdieu, la pratique même de la violence dans le monde marchand, […]. — (Marielle Macé, Styles : Critique de nos formes de vie, Éditions Gallimard, 2016)

VariantesModifier

Vocabulaire apparenté par le sensModifier

TraductionsModifier