récitatif

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(1690) De l’italien recitativo (« relatif à une récitation ») avec spécialisation du sens dans le domaine musical. Le moyen français avait récitatif au sens de « qui relate quelque chose », attesté en 1473.

Nom commun Modifier

récitatif \ʁe.si.ta.tif\ masculin (pluriel à préciser)

  1. (Musique) Sorte de chant déclamé qui prend place dans la musique de théâtre, dans un oratorio, entre les divers morceaux purement mélodiques. Dans l’opéra romantique: chant, partie vocale narrative précédant un air, et dont les inflexions se rapprochent de la voix parlée.
    • Que dire de cette admirable cantilène [Di tanti palpiti] ? (…) Les seules personnes qui ont vu madame Pasta dans le rôle de Tancrède savent que le récitatif "O patria, ingrata patria!" peut être plus sublime et plus entraînant que l’air lui-même. (…) On peut chanter supérieurement un air quelconque avec une belle voix, on peut être une serinette sublime; il faut de l’âme pour les récitatifs.
      — (Stendhal, Vie de Rossini, 1824)
    • Rossini a tiré des beautés neuves de l'obstacle qu’il se créait. Il a pu réserver les instruments à cordes pour exprimer le jour quand il va succéder aux ténèbres, et arriver ainsi à l'un des plus puissants effets connus en musique. Jusqu’à cet inimitable génie, avait-on jamais tiré un pareil parti du récitatif ? il n’y a pas encore un air ni un duo. Le poète s'est soutenu par la force de la pensée, par la vigueur des images, par la vérité de sa déclamation. Cette scène de douleur, cette nuit profonde, ces cris de désespoir, ce tableau musical, est beau comme le Déluge de votre grand Poussin.
      Moïse agita sa baguette, le jour parut.
      — (Balzac, Massimilla Doni,1839)
    • La loge entière resta muette pendant le récitatif d’Osiride et de Membré qui complotent de rendre inutile l’ordre du départ donné par le Pharaon en faveur des Hébreux. (ibid.)
    • Troppmann courbait toujours la tête avec obéissance ; l’abbé ralentissait encore plus le récitatif de la prière. — (Ivan Tourgueniev, L’Exécution de Troppmann, avril 1870, traduction française de Isaac Pavlovsky, publiée dans ses Souvenirs sur Tourguéneff, Savine, 1887)
    • Ce maître fit un usage fréquent de l’enharmonie dans les récitatifs, afin d'en varier les formes et rompre ainsi leur tendance a la monotonie. — (Castil-Blaze, Étienne Nicolas Méhul, dans la Revue de Paris, 1834, vol.1, p.53)

TraductionsModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier