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FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

Déjà au XVIe siècle :
  • Affronter l’ennemy, rompre le fer, & l’ire
    Mesme d’vn Empereur plus grand que son Empire

    — (Rémy Belleau, Tombeau de Monseigneur François de Lorraine, 1572, dans l’éd. Œuvres complètes, vol. 2, 1867, p. 62)

Locution verbale Modifier

rompre le fer \ʁɔ̃.pʁə lə fɛʁ\ (se conjugue → voir la conjugaison de rompre)

  1. (Soutenu) Esquiver le combat ; éviter le conflit.
    • Nous suivons la lutte avec nos jumelles. Mais elle est courte : les deux taubes, rompant le fer, rentre piteusement dans leurs lignes. — (Charles Le Goffic, Bourguignottes et pompons rouges, 1916, p.203)
    • […], il dut ensuite devant les résistances rencontrées et pour ne pas mettre en jeu l’existence même du ministère, se dégager avec souplesse, et dans la séance mouvementée du 18 mai, rompre le fer : plutôt que de se laisser entraîner sur un mauvais terrain politique, à la suite des offensives concertées de M. Vincent Auriol et de M. Malvy, […]. — (Revue politique et parlementaire, Vol. 131, 1927, p. 459)
    • Et crescendo, la querelle s’envenime en injures, bien sûr, et non en coups, car les deux gondoliers savent pratiquer l’art de « rompre le fer » : « Au moment où il est question de s’égorger, les voix se perdent dans l’éloignement et les injures continuent longtemps après que les deux adversaires ne s’entendent plus ». — (Annarosa Poli, L’Italie dans la vie et dans l’œuvre de George Sand, Centre interuniversitaire de recherche sur le voyage en Italie, 1960, p.116)
    • Doit-il seulement, comme l’Ariégeois, trouver le biais pour rompre le fer sans trop perdre la face ? L’Anglais est le plus fort. Le 31 au soir, de Gaulle ordonne le cessez-le-feu. — (Pierre Montagnon, La grande histoire de la seconde guerre mondiale : (mai 1945-septembre 1945), Pygmalion, 1995, p. 77)
  2. (Mais aussi) Engager le combat ; chercher le conflit.
    • Ce dernier avait décidé de choisir comme champ de bataille le lit asséché de la rivière Minato, mais Kusunoki Masashigé, consulté, aurait été d’avis de ne pas rompre le fer à cet endroit, mais de laisser les troupes de Takauji venir jusqu’à Kyôto et de les en déloger […]. — (François Toussaint, Histoire du Japon, Fayard, 1969, p. 208)
    • Il a travaillé d’arrache-pied à une traduction latine du Nouveau testament […], ce qui l’a conduit à rompre le fer avec un traducteur concurrent, Sébastien Castellion […], et aussi avec Génébrard à propos des hébraïsmes du Cantique des Cantiques […]. — (Revue d’histoire ecclésiastique : Vol. 103, nº 1, Université catholique de Louvain, 2008, p. 224)
    • Bien que son naturel l’inclinât vers les grâces affectées de l’école de Boucher, il crut devoir, à son retour d’Italie, rompre le fer contre le style rocaille et venger les injures faites à la ligne droite.— (Jean Thomas, L’humanisme de Diderot , Société d’édition « Les Belles Lettres », 1938, p. 118)

TraductionsModifier

PrononciationModifier