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Wiktionnaire:Conventions/arabe/Translittération

Avertissement : La translittération est une facilité pour ceux qui ne lisent pas l'arabe, ou pour la rédaction des articles du Wiktionnaire. Si vous pratiquez ou étudiez l'arabe, il est préférable de le faire avec l'alphabet arabe : ceux qui tentent d’apprendre l’arabe sur une base translittérée échouent généralement, parce qu'ils auront une pratique insuffisante de la lecture et de l'écriture. Cet apprentissage est d'autant plus facile et nécessaire que l'écriture arabe est phonétique (contrairement au français ou à l'anglais).

ConsonnesModifier

  • Une consonne arabe sera translittérée par une lettre unique, ce qui permet ensuite de translittérer sans ambiguïté vers un système alternatif au choix .

(ا=â) (ب=b) (ت=t) (ث=F) (ج=j) (ح=H) (خ=X) (د=d) (ذ=V) (ر=r) (ز=z) (س=s) (ش=C) (ص=S) (ض=D) (ط=T) (ظ=Z) (ع=3) (غ=R) (ف=f) (ق=q) (ك=k) (ل=l) (م=m) (ن=n) (ه=h) (و=w) (ي=y) (ء=')

Clef de prononciationModifier

  • Les lettres sont minuscules lorsqu'elles ont la même valeur phonétique qu'en français. Noter toutefois que :
    • (ر=r) est un r roulé par opposition au (غ=R) grasseyé.
    • (ج=j) est généralement prononcé dj (comme dans djinn, جِنٌ).
    • (ق=q) s'articule plus en arrière que le (ك=k) français. Bien distinguer les deux, قلبي signifie « mon coeur », tandis que le second, كلبي, signifie… « mon chien »...
  • Les lettres sont majuscules lorsqu'elles n'ont pas d'équivalent direct en français. La majuscule choisie tente de rappeler la prononciation :
    • (ش=C) le ch de chat.
    • (ض=D) D « emphatique », même articulation que d mais prononcé en creusant la gorge comme si on allait articuler un ô.
    • (ث=F) le th anglais de thing, qu'un débutant francophone tend à prononcer fing. Même articulation que (ذ=V) mais sourd.
    • (ح=H) fricative pharyngale sourde (par opposition à (ع=3) voisée), ressemble au (خ=X) mais articulé beaucoup plus en arrière, comme si on était étranglé.
    • (غ=R) R « grasseyé », c'est-à-dire prononcé à la parisienne, par opposition à (ر=r) qui est un r roulé. Voisé, par opposition au (خ=X) sourd.
    • (ص=S) S « emphatique », même articulation que s mais prononcé comme si on allait articuler un ô.
    • (ط=T) T « emphatique », même articulation que t mais prononcé comme si on allait articuler un ô.
    • (ذ=V) th anglais de this, qu'un débutant francophone tend à prononcer vis. Même articulation que (ث=F) mais voisé.
    • (خ=X) fricative vélaire sourde (représentée par x en API), la jota espagnole, le ch allemand. C'est le son r du français strié. Même articulation que (غ=R) mais sourd.
    • (ظ=Z) ð, le th anglais de this, qu'un débutant francophone tendra à prononcer zis, mais prononcé de manière « emphatique ».
    • (ع=3) fricative pharyngale voisée, même articulation en râle d'étranglement que (ح=H), mais voisée.

Note : Les lettres « emphatiques » ne diffèrent pas tellement de leur équivalent normal, la principale différence audible porte sur l'articulation des voyelles qui les entourent. Voir aussi :

Les "R" arabes sourde sonore
Pharingual (en arrière) ح=H ع=3
Vélaire (habituel) خ=X غ=R
Roulé (bout de la langue) ر=r

Voyelles et diacritiquesModifier

  • Les voyelles brèves sont transcrites par a (ou e), i et u ; les voyelles longues par â, î et û.
  • Le ta marbûta final est noté @ (at) : Xa-lî-f@ (خَلِيفَة) ; la lettre de prolongation finale ى est conventionnellement notée é : za-wé (زَوَى).
  • sukûn (سُكُون, absence de voyelle) et Šadda (شَدَّة, dédoublement de la consonne) ne sont pas transcrits (ils se déduisent directement de la translittération).
  • La hamza est normalement transcrite par une apostrophe, indépendamment de sa prise en charge, sauf en position instable initiale où la hamza instable est généralement omise (dans les cas où elle n'est pas une consonne radicale).
  • Le tanwîn est noté par un tilde (représentant le n) sur la voyelle : ra-ju-lâã (رَجُلاً), ra-ju-lĩ (رَجُلٍ), ra-ju-lũ (رَجُلٌ).

Remarques sur la translittérationModifier

Bien des systèmes ont été inventés par les Européens pour reproduire la prononciation et l'orthographe arabe. Il en est de plus compliqués que l'alphabet lui-même, et surtout beaucoup moins exacts. Sans entrer ici dans aucun détail à cet égard, nous dirons qu'à cause de l'impossibilité de représenter aux yeux des sons que l'oreille n'a pas encore retenus, le moins défectueux de tous les systèmes, et par conséquent celui qui doit être préféré, c'est le plus simple, qui reproduit autant que possible la prononciation, tout en conservant si on le veut toutes les particularités de l'orthographe et les traces de l'étymologie.
Le système adopté par la Commission scientifique de l'Algérie remplit ces conditions, et l'on peut l'appliquer pour l'impression dans tous les pays. Nous l'emploierons dans cet ouvrage. Il repose sur ce principe :
  • Les caractères arabes ont, pour la plupart, des équivalents ou des analogies en français.
  • Quand un caractère arabe a un équivalent exact en français, on le représente par cet équivalent ;
  • Quand il n'a qu'un analogue plus ou moins éloigné, on le représente par cet analogue accompagné d'un point, d'un accent, d'une marque quelconque, en se conformant, pour les ouvrages imprimés, aux ressources typographiques de la localité.
  • Quand il n'a ni analogue ni équivalent, on le représente conventionnellement comme on peut. C'est ainsi qu'on a rendu خ par kh et ع par '.
Cet accent, cette marque, n'a pas la prétention de fixer une prononciation que dans toutes les langues les caractères ne retracent que par convention : il a pour but de prévenir le lecteur que la lettre française qu'il accompagne n'a pas exactement en arabe sa propre valeur, et qu'elle indique une articulation seulement analogue, mais non rigoureusement équivalente à la prononciation française représentée.
C'est au lecteur à apprendre par l'oreille la valeur réelle de la représentation du caractère arabe, ou mieux du caractère arabe lui-même, comme il a appris dans son enfance la valeur, pour les Français, des lettres A B C D, etc.
Bresnier - 1855 - Cours d'arabe, p. 22.

RéférencesModifier

Discussions collectives :

Voir aussiModifier