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chou colossal

Sommaire

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(XIXe siècle) Composé de chou et de colossal. En 1836, M. Fullard, un parfumeur londonien, eut l’idée de vendre à prix d’or des graines d’un chou commun, le chou cavalier, sous le nom de Waterloo Caesarean cow cabbage, avec la promesse d’obtenir des plants géants propres à nourrir le bétail. L’escroquerie, révélée au public la même année[1], fut répétée par un bonnetier parisien du nom d’Obry qui parvint à vendre, de 1836 à 1837, plusieurs centaines de milliers de graines, cette fois sous le nom de chou colossal, par le biais de nombreuses publicités dans les journaux[2].

Locution nominale Modifier

Singulier Pluriel
chou colossal choux colossaux
\ʃu kɔ.lɔ.sal\ \ʃu kɔ.lɔ.so\
 
Réclame pour la vente du chou colossal (trois pieds de l’époque font un mètre).
 
Représentation d’un chou gigantesque (Benjamin Rabier, Les illusions, 1928).

chou colossal \ʃu kɔ.lɔ.sal\ masculin

  1. Espèce végétale imaginaire de chou géant.
    • Or, la graine de chou colossal n’était que de la graine de niais, et l’on peut se faire une idée du désappointement des innombrables dupes qu’avaient séduites les étourdissantes promesses de l’annonce et des prospectus, lorsqu’après avoir acheté à grand frais, ensemencé à grand’peine, et surveillé avec une vigilance de tous les instants l’espoir en grain du prodigieux végétal, elles ne voyaient tout modestement germer, pousser et mûrir qu’un chou de la plus vulgaire des espèces, le chou cavalier, communément appelé chou à vaches, et dont la taille non plus que la saveur ne présentent assurément rien de remarquable. — (Auguste Drapiez, L’horticulteur belge, Établissement encyclographique, Bruxelles, 1836, page 247)
    • Le chou dont on vantait, il y a quelques années, la hauteur, sous le nom de chou-arbre de Laponie, et celui dont les journaux ont annoncé la récente introduction en France sous le titre de chou colossal toujours vert de la Nouvelle-Zélande, ne sont vraisemblablement que des variations de taille de notre cavalier commun obtenues par des soins particuliers. — (P. Leroux, J. Reynaud, Encyclopédie nouvelle : Dictionnaire philosophique, scientifique, littéraire et industriel, Librairie de Charles Gosselin, librairie de Furne et Cie, Paris, 1840, page 552)
    • […] si l’on te demande du racahout des Arabes pour l’engraissement de toute espèce de sultanes, du nafé d’Arabie pour l’allaitement des enfants de tout âge, du kaïffa d’Orient pour les gastrites et les cors aux pieds, du théobrome pour les vomissements, de l’amandine, de l’indostane, de l’osman-oglou, du paraguay-roux, de la créosote, du chocolat au salep, de l’hypocras…, de la moutarde blanche pour les humeurs noires, les maux de dents et les déviations de la taille, de la graine de chou colossal, tu prendras dans ce sac, toujours le même, ne va pas te tromper !!! — (Honoré Daumier, Les cent et un Robert-Macaire, Aubert et Cie, Paris, 1840, 90. Robert-Macaire droguiste)
  2. (Désuet) (Figuré) (Argot) (Par plaisanterie) Entreprise destinée à tromper le public par des promesses ridiculement alléchantes.
    • Les vainqueurs du pennon royal
      Pensaient tenir la république
      On leur a prouvé sans réplique
      Qu’ils rêvaient un chou colossal.
      Sur moi-même enfin si j’arrête
      Un regard sévère, je vois
      Que j’ai bien aussi quelquefois
      Mon chou colossal dans la tête !
      — (Édouard Servan de Sugny, Gerbe littéraire, Librarie de Ch. Schwartz et Al. Gagnot, Paris, 1842, p. 105)
    • Tâche d’arriver à la croyance du plan de l’univers, de la moralité, des devoirs de l’homme, de la vie future et du chou colossal ; tâche de croire à l’intégrité des ministres, à la chasteté des putains, à la bonté de l’homme, au bonheur de la vie, à la véracité de tous les mensonges possibles. — (Gustave Flaubert, Correspondance, vol. 1, Louis Conard, Paris, 1926, p. 35)

SynonymesModifier

Tromperie :

Quasi-synonymesModifier

TraductionsModifier

RéférencesModifier