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FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(1694) Dénominal de l’ancien français trompe (« tromperie, menterie »).
Note : Tromper signifiait avant le XIVe siècle « jouer de la trompe ». Ce verbe neutre, en prenant la forme réfléchie, « se tromper », acquit le sens de « se jouer de », puis de « se moquer de ». Il s’agit d’un cas de néologisme de signification.

Verbe Modifier

tromper \tʁɔ̃.pe\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se tromper)

  1. (Absolument) Induire en erreur, par artifice.
    • Delcassé ne mentait pas, mais il lui arrivait de tromper sur ses intentions, sur ses projets. Il trompait par ses silences, il trompait par des flux de paroles derrière lesquels il abritait des desseins patiemment médités. — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942)
  2. (Génériquement) (forme qqn trompe qqn). Abuser de la confiance de quelqu’un.
    • La première, selon le même père, est d’éviter la démangeaison de disputer, et une certaine ostentation puérile de tromper son adversaire. — (Démonstrations évangéliques de Tertullien, Chez l'éditeur, 1843, page 1217)
    1. (Société) Trahir, être infidèle à son partenaire.
      • Je ne vous saurois dire lequel étoit le plus aise des deux, ou lui de tromper sa femme ou elle de tromper son mari. — (Les Vieux Conteurs Français, 1841, page 330)
  3. (Par extension) (forme qqn trompe qqc). Utiliser un artifice pour sortir d’une situation. → voir tromper sa faim, tromper l’ennui et tromper le temps
    • Peu à peu, avec de l’eau qui désaltère, de la kacha qui trompe sa faim, l’enfant se calme dans les bras de sa nouvelle mère […] sa— (Jean-Claude Grumberg, La plus précieuse des marchandises, Le Seuil, 2019)
    1. Décevoir l’attente d’un groupe par un comportement contraire.
      • Ce jeune homme n’a point trompé l’attente qu’on avoit de lui : il a surpassé l'attente du public. — (Antoine Furetière, Dictionnaire universel, 1727)
  4. (Figuré) (Personnification) (forme qqc trompe qqn) abuser, provoquer une erreur de jugement, d'appréciation. Note :  : forme passive de la précédente (qqn est trompé par qqc).
    • Sa tenue trompe, soit-il de peu, alors que sa compétence ne trompe pas. — (Ilaria Brocchini, En deçà des apparences, Éditions L'Harmattan, 2018, page 12)
  5. (Par extension) (forme qqc trompe qqc) Déjouer une situation par un artifice, un événement, une action.
    • […] le Journal des Débats affirme que « la continuation des hostilités a trompé toutes les prévisions. — (La phalange : journal de la science sociale, 1841, page 303)
    1. (Escrime) Soustraire sa lame à la parade adverse.
      • Si l’adversaire prend le contre de Quarte, portez le coupé de revers en dessous dans le bas du dehors, avec élévation du poignet et opposition ; ce coup trompe le contre de Quarte [..] — (B. De Bast, Manuel d’escrime, Kips, 1836, page 92)

SynonymesModifier

abuser :

ComposésModifier

DérivésModifier

Vocabulaire apparenté par le sensModifier

  •   tromper figure dans le recueil de vocabulaire en français ayant pour thème : astuce.

TraductionsModifier

Traductions à trierModifier

PrononciationModifier

RéférencesModifier