Étymologie

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Dérivé de posséder, avec le préfixe dé-.

déposséder \de.pɔ.se.de\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Priver de la possession d’une chose.
    • […], on chercha, dans le Midi, à les déposséder des biens immeubles qu'ils détenaient en vertu d'usages très anciens. La tactique consistait à les accabler d'impôts exorbitants et à en poursuivre le recouvrement d'une manière impitoyable. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • On peut dire que les Anglais ont été dépossédés de leur langue par leur propre Commonwealth. Si l’on additionne les USA, les Indes, l’Afrique anglophone et l’Australie, on totalise une population cent fois plus nombreuse que l’anglaise et dont l’idiome est un volapük angloïde de nature à désespérer Cambridge et Oxford. L’anglais est une langue déracinée. Une langue peut-elle se passer de racines ? — (Michel Tournier, Journal extime, 2002, Gallimard, collection Folio, pages 47-48)
    • Combien de fois des Maliens humbles ont été dépossédés de leurs biens en plein midi au profit de richissimes hommes d’affaires aux « bras longs » avec la complicité de juges véreux ? . — (A. M. T., Il faut le dire : Doux rêve !, sur le site BamaNet (http:/ /bamanet.net), 28 septembre 2009)
    • Jouvet estimait que la supériorité des personnages du théâtre classique, comme Tartuffe, Dom Juan ou Alceste, interdisait à l’acteur de les jouer en apportant sa propre vie : il fallait au contraire s’en déposséder pour laisser vivre le personnage. — (Fabrice Luchini, Comédie française, Flammarion, J’ai lu, 2016, page 77)
    • La légende algérienne vérifiable raconte ce moment où, à cause de la disgrâce de l’aîné, Abdelaziz, la famille s’est retrouvée un jour avec ses matelas et sa vaisselle à la rue, dépossédée de sa villa, expulsée, dans les années 1980. — (Kamel Daoud, La renaissance du corps algérien, Le Point, n° 2427, 7 mars 2019, page 46)
  2. Priver quelqu’un ou quelque chose de la pleine possession et de la jouissance de lui-même ou d’elle-même.
    • Le corps n’est plus habité d’un sentiment d’identité. Il est dépossédé. Il appartient autant au violeur qu’à la scène criminelle. — (Philippe Bessoles, « Porosités somatopsychiques », in Le Viol du féminin : Trauma sexuel et figures de l’emprise, Champ social, coll. « Victimologie & criminologie », 2011, page 83)

Dérivés

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Traductions

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Prononciation

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Références

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