FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(1613)[1] Du latin obsidere (« assiéger »).

Verbe Modifier

obséder \ɔp.se.de\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Sens étymologique, sans idée d’importuner) Assiéger quelqu’un, l’entourer pour l'isoler des autres, poursuivre de ses ardeurs.
    • Vous avez trop d’amants qu’on voit vous obséder,
      Et mon cœur de cela ne peut s’accommoder.
      — (Molière, Le Misanthrope)
    • − Mais on a dû cependant vous obséder beaucoup, jolie comme vous l’êtes ? — (George Sand [Amantine Aurore Lucile Dupin, baronne Dudevant], Le Marquis de Villemer, 1860)
    • Et, comme depuis que le Génie de Rome est sur eux, les sentences capitales prononcées par leurs tribunaux ne peuvent être exécutées qu’avec la sanction du proconsul ou du procurateur, ils pressent à tout moment le magistrat romain de souscrire à leurs arrêts funestes ; ils obsèdent le prétoire de leurs cris de mort. — (Anatole France, L’Étui de nacre, 1892, réédition Calmann-Lévy, 1923, page 20)
  2. Importuner, excéder quelqu’un par ses assiduités, par ses démarches.
    • Sa mère ? Elle lui était fort à charge, ne l’obsédait que de questions d'argent. — (Octave Mirbeau La Mort de Balzac, 1907)
    • Ses visites quotidiennes ont fini par m’obséder.
    • Sa générosité bien connue fait qu’il est obsédé par la foule des solliciteurs.
  3. (Figuré) Tourmenter d’une manière persistante.
    • — Je le sais, fit-il ; rien n’est plus malaisé que de se désencombrer l’esprit des images qui l’obsèdent. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
    • En apprenant qu’il y aurait un camion de déménagement, mon frère Mark était tout excité. Il a sept ans, et il est complètement obsédé par les camions. — (Meg Cabot, Le Carnet d’Allie, t. 1, Le Déménagement, Hachette Livres, 2009 & 2012)
  4. (Désuet) Être à charge, tourmenter, fatiguer.
    • L’emploi de ces salaires bien ou mal distribués, contribue beaucoup […] à l’accroissement ou à la diminution de la population. Celle-ci peut être obsédée dans les campagnes & attirée par le luxe & la volupté dans la Capitale. — (François Quesnay, Analyse de la formule arithmétique du tableau économique de la distribution des dépenses annuelles d’une nation agricole, 1766)

DérivésModifier

Apparentés étymologiquesModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

HomophonesModifier

AnagrammesModifier

RéférencesModifier