persiflage

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

Mot dérivé de persifler avec le suffixe -age. Selon Elisabeth Bourguinat, le mot persiflage viendrait du nom du héros d'une petite parodie amphigourique du début du XVIIIe siècle, Persiflès. Persiflage signifierait, à l'origine, "langage de Persiflès", comme marivaudage signifie "langage de Marivaux". Dans son ouvrage Le Siècle du persiflage (PUF, 1998), réédité en format de poche sous le titre Persifler au siècle des Lumières (Creaphis Editions, 2016), Elisabeth Bourguinat indique que le persiflage a d'abord désigné un langage ampoulé et incompréhensible, pratiqué par les personnages élégants de la Cour que l'on appelle petits-maîtres. Il s'est ensuite appliqué à une ironie mordante mise en oeuvre notamment par les libertins (ou "roués"), imperceptible pour celui qu'elle vise et détectée uniquement par les témoins, dont on trouve de nombreux exemples dans Les Liaisons dangereuses de Laclos et dans les œuvres de Crébillon fils. Enfin, le persiflage a désigné la forme d'ironie particulièrement illustrée par Voltaire et également appelée "gaîté philosophique". La vogue du persiflage a pris fin avec la révolution française.

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
persiflage persiflages
\pɛʁ.si.flaʒ\

persiflage \pɛʁ.si.flaʒ\ masculin

  1. Propos de celui qui persifle.
    • Il était visible que chaque parole, chaque geste et surtout les continuelles et parfois gauches attentions de son mari l'agaçaient ; elle y répondait par une attitude hostile et méprisante, s'efforçant de la cacher sous un ton d'ironie familière et de persiflage affectueux […]. — (Pierre-Henri Simon, Les Raisins verts, 1950)
    • C'est l'apogée pour Dupatoy : sur le cadavre, il prononce un éloge funèbre dans lequel, tout en notant avec indulgence les erreurs et l'excessive audace de " son jeune ami " tombé, il rend hommage à la pureté de ses intentions stériles. Cet abject persiflage lui concilie définitivement les plus rebelles. La révolution est défaite. — (Léon Trotsky, Le drame du prolétariat français, 1922, annexe à l'édition de 1964 de Littérature et Révolution (les Lettres Nouvelles, éditeur))
    • Exaspéré par tout ce qu’on s’ingéniait à inventer contre lui, Roukoz finit par réagir d’une manière si bouffonne qu’elle lui fit certainement plus de tort que tous les persiflages de ses détracteurs. — (Amin Maalouf, Le rocher de Tanios, Grasset, 1993, collection Le Livre de Poche, page 246.)

Variantes orthographiquesModifier

TraductionsModifier

RéférencesModifier

NéerlandaisModifier

ÉtymologieModifier

Mot emprunté au français au XVIIIe siècle.

Nom commun Modifier

persiflage

  1. Simulacre.

SynonymesModifier

Taux de reconnaissanceModifier

En 2013, ce mot était reconnu par[1] :
  • 89,7 % des Flamands,
  • 94,4 % des Néerlandais.

PrononciationModifier

RéférencesModifier

  1. Marc Brysbaert, Emmanuel Keuleers, Paweł Mandera et Michael Stevens, Woordenkennis van Nederlanders en Vlamingen anno 2013: Resultaten van het Groot Nationaal Onderzoek Taal, Université de Gand, 15 décembre 2013, 1266 p. → [lire en ligne]