FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

Déverbal sans suffixe de proposer, attesté en ancien français avec le sens de « ce qu’on se propose de faire, intention, projet », puis, vers 1380, celui de « ce dont on parle, qu’on se propose de traiter dans un ouvrage ». On se serait attendu à un *propôt sur le modèle de dépôt, déposer, suppôt, supposer, impôt, imposer ce qui offrirait un lien élégant vers potin mais ce terme dérive de pot. Voir cependant repos, reposer, etc.

Nom commun Modifier

Invariable
propos
\pʁɔ.po\

propos \pʁɔ.po\ masculin

  1. Paroles échangées dans la conversation.
    • C’étaient des commerçants du quartier […]. Il suffisait de les voir, d’écouter leurs propos inoffensifs, émaillés de vérités premières. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
    • La quakeresse répéta en détail la conversation qu'elle avait entendue la veille. Sa mémoire était excellente et elle put redire mot pour mot les propos des officiers britanniques. — (Kurt Singer & Jane Sherrod, Les espions qui ont changé l’histoire, traduit de l'anglais par Bruno Bax, Paris : Presses de la Cité, 1961, page 36)
    • Sous le titre allusif « le poids de l’administration », il taillait un costume sur mesure à Si Omar et pour ce faire rapportait des propos qu’il imputait à Meyer. — (Anne Leduc, Le chant du lendemain: Alger, 1962-1969, Bouchène, 2004, page 63)
    • Très vite, on trouve de bien étranges propos. Ceux-ci par exemple, dans les Pages françaises, de Paul Déroulède : « En avant ! Tant pis pour la tombe. La mort n'est rien. Vive la tombe ! » — (Thérèse Delpech, L'ensauvagement : Le retour de la barbarie au XXIe siècle, éd. Bernard Grasset, 2005, p. 173)
  2. Élément du discours.
    • Et sans doute avait-il encore moins envie de faire le moindre commentaire sur l’interminable litanie des propos rabat-joie que L’Ecclésiaste donne à entendre dans la Bible. — (Jean Bessière, La Vie de l'esprit pour garde du corps, Editions Edilivre, 2017, page 102)
    • Propos interrompu, Discours, conversation sans suite, sans liaison.
    1. Nom d’un petit jeu de société.
      • Jouer aux propos interrompus.
  3. (Absolument) (Surtout au pluriel) Paroles en l’air ; médisances.
    • Quant à l'autre femme dont tu parles, elle provoqua les propos de madame de Mi. par sa folle jalousie , et même par des insolences. Cela étoit d'autant plus bizarre et impardonnable , qu’elle avoit alors deux ou trois hommes , et que presque certainement elle ne m'a jamais aimé. — (Lettre à Sophie, non datée, probablement début juillet 1779, dans les Lettres originales de Mirabeau, écrites du donjon de Vincennes, pendant les années 1777, 78, 79 & 80, recueillies par P. Manuel, tome 3, Paris : chez J.B. Garnery, Strasbourg : chez Treuttel & Londres : chez Boffe, 1792, page 323)
  4. Résolution formée.
    • Il vint là avec un ferme propos, avec un propos déterminé de contredire tous ceux qui parleraient.
    • Avoir un ferme propos de s’amender.
    • Se confesser de ses péchés avec le ferme propos de n’y plus retomber.
    • Avoir le ferme propos.
  5. Ce dont il s’agit, le sujet dont on parle.
    • Ce n’est pas mon propos.

DérivésModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

RéférencesModifier

LatinModifier

ÉtymologieModifier

Du radical de potis (« puissant » → voir compos et impos) avec le préfixe pro-.

Adjectif Modifier

Cas Singulier Pluriel
Masculin Féminin Neutre Masculin Féminin Neutre
Nominatif propos propos propos propotēs propotēs propotia
Vocatif propos propos propos propotēs propotēs propotia
Accusatif propotem propotem propos propotēs propotēs propotia
Génitif propotis propotis propotis propotium propotium propotium
Datif propotī propotī propotī propotibus propotibus propotibus
Ablatif propotī propotī propotī propotibus propotibus propotibus

propos \Prononciation ?\

  1. Très puissant.

RéférencesModifier