suffrage universel

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

Locution composée de suffrage et de universel.

Locution nominale Modifier

Singulier Pluriel
suffrage universel suffrages universels
\sy.fʁa.ʒ‿y.ni.vɛʁ.sɛl\

suffrage universel \sy.fʁa.ʒ‿y.ni.vɛʁ.sɛl\ masculin

  1. (Politique) Droit de vote attribué à tous les citoyens.
    • — Si l’on s’inquiétait des électeurs, on ne ferait jamais des élections politiques. Le suffrage universel est une machine dirigée par les préfets, qui fonctionne sans savoir ce qu’elle fait. — (Hector Malot, Un mariage sous le Second Empire, 1873)
    • — Le candidat n’est rien, les électeurs ne sont rien, le préfet est tout. Le suffrage universel est un instrument dans lequel le préfet souffle : si le préfet est un artiste, l’instrument lui obéit ; s’il n’est qu’un savetier, l’instrument laisse échapper des couacs. — (Hector Malot, La Belle Madame Donis, 1873)
    • En cherchant à nous expliquer comment le suffrage universel s’était implanté dans notre pays, l’honorable rapporteur a laissé échapper ces mots singuliers : par des concessions successives, on est arrivé à l’universalisation. — (Journal officiel 5 juin 1874, page 3759, 3e colonne)
    • La constitution de 1793 établissait le suffrage universel et déclarait citoyens tous les français âgés de vingt et un ans ; […]. — (Alfred Barbou, Les Trois Républiques françaises, A. Duquesne, 1879)
    • Beaucoup de mes interlocuteurs me signalent encore, […], la conception qu’on a du suffrage universel en ces contrées, où l’'homme politique doit accepter d’être, dans la métropole, le protecteur, le soutien, le truchement de ses mandants. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Il faut attendre la génération des manuels de la fin des années 1990 pour que l’on souligne sans ambiguïté, dans les livres d’histoire de l’enseignement élémentaire, que les femmes n’avaient pas eu le droit de vote en 1848 et que le suffrage « universel » était alors un suffrage masculin. — (« Chapitre 1 : Une vue tronquée du suffrage universel » dans Claude Lelièvre, Françoise Lelièvre, L’histoire des femmes publiques contée aux enfants, Presses Universitaires de France, Paris, 2001, page 17-34)
  2. (Par métonymie) Gouvernement élu par tous les citoyens.
    • Ainsi vous voyez que j'aurais pu réussir et, comme tant d'autres, vivre du budget; mais je n'ai jamais voulu rien accepter d'aucun gouvernement, si ce n'est du suffrage universel. — (Réponse de M. Raspail père à l'avocat général, lors du procès de François-Vincent Raspail le 12 février 1874)
  3. (Politique) Droit de vote attribué à tous les citoyens et à toutes les citoyennes.
    • Voici quelques semaines, avant le premier tour des élections législatives, nous vous racontions par le menu la manœuvre entreprise par Nicolas Sarkozy pour éradiquer, non sans succès, l’opposition. Et notamment comment le nouveau chef, oint du suffrage universel, s’apprêtait à verrouiller les médias. Avouons notre erreur : les médias se sont verrouillé eux-mêmes. — (François Darras, « Des médias hypnotisés », dans Marianne, no 541, 1er septembre 2007 [texte intégral])
    • Mais si la France peut se glorifier d’être parmi les premières nations à instaurer le suffrage universel (1848), elle est aussi l’un des derniers pays européens à accorder le droit de vote aux femmes (1944), tandis que les femmes élues sont peu nombreuses sous la Quatrième et la Cinquième République. Il a fallu un siècle pour passer d’un suffrage universel masculin à un suffrage ne limitant pas le droit de vote à une partie de la population en raison de son sexe ; avec des écarts entre métropole et colonies puisque, si l’ordonnance accordant le droit de vote aux femmes est signée à Alger le 21 avril 1944, les « Algériennes musulmanes » ont été privées de ce droit jusqu’en juillet 1958. — (Lola Gonzalez-Quijano, « Anne-Sarah Bouglé-Moalic, Le vote des Françaises. Cent ans de débats 1848-1944. Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2012, 392 pages », dans Travail, genre et sociétés, no 40, 2018, page 200-201 [texte intégral])

TraductionsModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier