FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

1175 au sens d' « entreprise ».
Dérivé de l'ancienne locution militaire : Emprise chevaleresque, qui désigne le contrat moral par lequel le chevalier se lie à son suzerain et plus largement, la règle de conduite, l’entreprise qu’il se fixe comme défenseur du Christ ou encore comme serviteur d’amour de sa Dame.
Se retrouve en italien moderne dans le mot impresa.

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
emprise emprises
\ɑ̃.pʁiz\

emprise \ɑ̃.pʁiz\ féminin

  1. (Administration) Action de prendre des terrains par expropriation.
    • Le classement, l'ouverture, la modification de tracé et d’emprise des voies communales effectués dans le cadre des dispositions du présent article sont prononcés sans enquête. — (article L121-17 du Code rural français)
  2. Occupation d’une région, d’un territoire.
    • Les rochers dans l’étage nival ne comportent en général pas de Phanérogames, […]. La roche est attaquée par les Lichens qui portent aux hautes altitudes l’emprise du règne végétal. — (Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, page 172)
    • Les sociétés humaines ont maîtrisé l’espace terrestre par le biais de son découpage en territoires. À l’heure actuelle, seuls les espaces centraux des mers et océans échappent à cette emprise en demeurant res communis. — (Christian Pradeau & Jean-François Malterre, Migrations et territoires, dans Les cahiers d’Outre-Mer n° 234/vol. 59, Presses Universitaires de Bordeaux, 2006, page 199)
    • Or, si les abattages ont doublé depuis les années 2000 pour atteindre le chiffre de 30 000 pour la saison 2021-2022, l’accélération de la chasse au sanglier ne suffit pas à limiter l’emprise croissante de cette espèce, y compris dans les zones urbaines. — (Allan Kaval, En Italie, Giorgia Meloni déclare la guerre aux sangliers, Le Monde. Mis en ligne le 29 décembre 2022)
  3. Terrain utilisé par un moyen de transport, comme une route, une voie ferrée, une piste cyclable, et l’ensemble des espaces nécessaires à son entretien ou à son exploitation.
    • Aussi les paysagistes sont-ils présents pour apporter la touche finale à la route par la végétalisation des talus et des belvédères, assurant ainsi la cicatrisation des emprises routières. — (Topo-guide de Grande Randonnée : L'Île de la Réunion, Fédération française de la randonnée pédestre, 2011)
  4. (Sens figuré) Envahissement ; mainmise.
    • Mais cette capture économique n'a pas de prolongement politique fonctionnel. Au contraire, la société urbaine, telle que nous l'avons décrite, échappe à l’emprise politique de l'État. — (Daniel Bourmaud, Histoire politique du Kenya : État et pouvoir local, Paris : éd Karthala & Nairobi : CREDU, 1988, page 283)
  5. (Sens figuré) Influence ou domination exercée sur une ou plusieurs personnes et qui a pour résultat qu’elle s’empare de son esprit ou de sa volonté.
    • Enfin, dans la tiédeur des nuits, se donner tout entier à la superbe emprise de cet amour qu’il n’avait pas cherché… Jacques n’eût pu dire ce qu’il pensait de cette aventure, de cette femme, de ce qui résulterait de tout ce rêve à peine ébauché ; […]. — (Isabelle Eberhardt, Le Major, 1903)
    • L’emprise est le fait de prendre pouvoir sur l’autre en lui confisquant sa liberté, en lui imposant sa manière de vivre, de penser, ses directives, ses projets, sa conception de ce qu’il devrait devenir, du chemin qu’il doit prendre. — (Simone Pacot, L’évangélisation des profondeurs (1997), Points, 2015, page 141)
    • Toutefois, en raison d'un héritage marqué par quatre siècles de scribalité et d'imprimerie, ces contenus de foi semblent souvent sans emprise apparente sur le vécu des jeunes générations et tombent à plat. — (Michel Beaudin, Anne Fortin et Ramón Martínez de Pisón L., Des théologies en mutation : parcours et trajectoires, Fides, 2002, page 230)
    • C’est sous l’emprise de cette introspection que je me suis abîmé dans la contemplation, habité par l’esprit des temps qui courent […]. — (Cornéliu Tocan, Aux confins de l’invisible. Haïkus d'intérieur illustrés, Créatique, Québec, 2020, page 8)
  6. (Spécialement) Rapport de domination dans une relation amoureuse.
    • Paru jeudi en France aux éditions Grasset, ce témoignage saisissant qu’est Le consentement retrace l’emprise qu’aura exercée sur l’autrice, pendant des années, l’écrivain Gabriel Matzneff. — (Le Devoir, 3 janvier 2020)
    • Car la relation d’emprise, par laquelle se crée un lien de sujétion passionnée, si elle installe une dissymétrie, ne se réduit pas à un rapport unilatéral dominant/dominé, pouvant se résumer à une « entreprise de chosification », selon la description impropre et passablement réductrice de Frédérik Derue, ni à « un phénomène de violences psychologiques qui s'installent dans le temps », comme l'explique la psychiatre Marie-France Hirigoyen, auteure d'un ouvrage sur la question. — (Sabine Prokhoris, Le mirage #MeToo, le cherche-midi, Paris, 2021, page 204)
    • La jeune femme, originaire de Saint-Même-les-Carrières se retrouve sous l’emprise. — (journal Sud-Ouest, édition Charente-Maritime / Charente, 16 juillet 2022, page 20d)

NotesModifier

Dans le sens figuré, quand on parle d’emprise morale, il s’agissait en réalité d’un emploi fautif à la place d’empreinte. Toutefois, ce nouveau sens d’emprise est maintenant admis, alors qu’il était noté comme fautif dans la plupart des dictionnaires de la première moitié du XXe siècle.

En revanche, on agit sous l’empire d’une substance, d’un élément matériel.

DérivésModifier

TraductionsModifier

Traductions à trierModifier

Forme de verbe Modifier

Voir la conjugaison du verbe emprendre
Participe Présent
Passé
(féminin singulier)
emprise

emprise \ɑ̃.pʁiz\

  1. Participe passé féminin singulier de emprendre.

PrononciationModifier

AnagrammesModifier

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Voir aussiModifier

  • emprise sur l’encyclopédie Wikipédia  

RéférencesModifier