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FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(Siècle à préciser) Du latin pensum (« poids de laine que l’esclave devait filer par jour ») dont le sens a évolué vers le sens actuel de « devoir » via l’argot scolaire.

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
pensum pensums
\pɛ̃.sɔm\

pensum \pɛ̃.sɔm\ masculin, (Latinisme)

  1. (Vieilli) (Éducation) Tâche, devoir supplémentaire qu’on impose à un écolier pour le punir, punition.
    • Si Maxence était mis en retenue et accablé de pensums, il se prétendait atteint dans sa considération et déclarait que son fils le déshonorait. — (Émile Gaboriau, L’Argent des autres, 1874)
    • Il nous semble être retourné au collège, de nouveau nous marchons en rang, nous faisons des devoirs et surtout des pensums, et l’on nous astreint au silence. — (Jean Heimveh, Question d’Alsace, 1889)
    • Un peu avant le repas, le vétérinaire coinça Antoine dans le couloir et, plein de rancune contre ce fils qui l’avait desservi dans la discussion, l’interrogea à mi-voix :
      « La date de la première réunion des États généraux ? »
      Antoine baissa la tête. Il ne répondrait pas, et son père comptait sur son entêtement pour lui infliger un pensum.
      « C’est une date qu’on n’a pas le droit d’oublier. Oui ou non, peux-tu me dire... »
      — (Marcel Aymé, La jument verte, Gallimard, 1933, collection Le Livre de Poche, page 246.)
  2. Travail intellectuel difficile et pénible, corvée.
    • Depuis l’âge de raison jusqu’au jour où j’eus terminé ma théorie, j’ai observé, appris, écrit, lu sans relâche, et ma vie fut comme un long pensum. — (Honoré de Balzac, La Peau de chagrin, 1831)
    • Deux parties le matin, deux l’après-midi, je m’acquittais de cette sorte de pensum sans aucune excitation. — (Stefan Zweig, Le Joueur d’échecs, page 71, traduction de 1944)
  3. Texte ennuyeux.
    • Il lisait le scénario comme un enfant qui apprend à lire, il butait sur les mots, tout sonnait faux, […]. Pour lui, c'était un pensum, c'était sa manière de dire que ça le barbait. — (Bertrand Tessier, Belmondo : L'incorrigible, éd. Flammarion, 2009, chap. 25)
    • […], il tend son livre. Dedans ses discours. Sur l’Europe, la liberté, le désordre monétaire, le dumping fiscal. Le tout, illisible. On parcourt le sommaire, on soupèse le pavé et on se demande combien l’éditeur a bien pu facturer ce pensum à l’ambassade. — (Vincent Hervouët, « Václav Klaus, le Président en auteur maudit », dans Ainsi va le monde… : 100 chefs d’État à la question, éditions Albin Michel, 2014.)


TraductionsModifier

PrononciationModifier

RéférencesModifier

LatinModifier

ÉtymologieModifier

Neutre substantivé de pensus (« pesé »), de pendo (« peser »).

Nom commun Modifier

Cas Singulier Pluriel
Nominatif pensum pensa
Vocatif pensum pensa
Accusatif pensum pensa
Génitif pensī pensōrum
Datif pensō pensīs
Ablatif pensō pensīs

pensum neutre

  1. Poids de laine que l’esclave devait filer par jour.
  2. Quenouille filée par les Parques.
    • pensa Parcarum, Ovide : quenouillées des Parques.
  3. (Par extension) Obligation, tâche, devoir.
    • nihil pensi habere (ducere, facere) quin : <ne considérer rien comme ayant le moindre poids> = n’être empêché par aucun scrupule de.

Forme de verbe Modifier

pensum \Prononciation ?\

  1. Supin de pendo.

RéférencesModifier