conter fleurette

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(1654)[1] Composé de conter et de fleurette[2]. Du verbe fleuretter, qui, au XVIe siècle[3], signifiait « dire des balivernes »[3], le terme fleurettes désignait des « bagatelles, propos galants »[3][2]. Cette spécialisation métaphorique très normale du mot n’a pas besoin d’autres explications[3] comme les philologues d’avant ont pu le faire (par exemple de « *conter fleuret » (Se battre en duel) ou de « compter les fleurettes » (d’une monnaie marquée de fleurs)) et dont les hypothèses ne sont pas appuyées sur des fait linguistiques[3].

Locution verbale Modifier

conter fleurette \kɔ̃.te flœ.ʁɛt\ (se conjugue → voir la conjugaison de conter)

  1. Chercher à séduire quelqu’un.
    • Habillée en capitaine de cavalerie, et masquée, j’ai conté fleurette à la plus belle dame de l’assemblée. J’avais droit de m’applaudir de mes succès galans lorsque trois rivaux, oui, trois, sont venus me défier d’une manière très-peu courtoise. — (Madeleine Maupain, Lettre du 15 juillet 1704, à Monsieur le Chevalier de Séranne ; paru dans La Revue de Paris de 1833)
    • La Nouvelle Héloïse présente une sorte de cours de l’art de conter fleurette, et ceux que le ciel, à défaut d’esprit, a du moins gratinés de mémoire, y trouvent encore des élémens de succès. — (Horace Raisson, Code galant ou art de conter fleurette, 1834)
    • Si le bailli lui eût conté fleurette, elle l’eût été dire au roi ; et si le bon Dieu eût été amoureux d’elle, elle l’eût été dire au curé. — (Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer, 1866)
    • « Ça va !… » dit-elle, comme il voulait renouer la conversation.
      Et cela signifiait qu’elle n’avait pas besoin de lui, qu’elle prendrait seule les décisions nécessaires, comme de coutume, qu’il n’avait pas d’explications à donner et qu’il pouvait aller conter fleurette aux gamines.
      — (Georges Simenon, Le Relais d’Alsace, Fayard, 1933, réédition Le Livre de Poche, page 8)
  2. (Par extension) Chercher à convaincre, à obtenir l’aval de.
    • On peut comprendre que les seigneurs du numérique, à l’exemple d’Apple, de Google ou de Microsoft, et aussi de plus petits joueurs québécois représentés par l’Association des entreprises pour le développement des technologies éducatives au Québec ( Edteq)3 veulent profiter de la situation inusitée créée par la pandémie pour conter fleurette au gouvernement, aux directions des établissements scolaires et à la population en général afin de vendre leurs produits. — (Réjean Bergeron, L’élève n’est pas une clé USB, journaldequebec.com, 5 octobre 2021)

VariantesModifier

SynonymesModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

RéférencesModifier

SourcesModifier

  1. Alain Rey et Sophie Chantreau, Dictionnaire d’expressions et locutions, 2003
  2. a et b Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert, 2010.
  3. a b c d et e Alain Rey et Sophie Chantreau, Dictionnaire d’expressions et locutions, 2003