Français modifier

Étymologie modifier

Du latin indulgentia (« bienveillance, complaisance ») qui devint à l’époque classique « remise de peine, pardon » puis en bas latin « pardon des péchés ».

Nom commun modifier

Singulier Pluriel
indulgence indulgences
\ɛ̃.dyl.ʒɑ̃s\

indulgence \ɛ̃.dyl.ʒɑ̃s\ féminin

  1. Facilité à excuser et à pardonner les fautes, les défauts.
    • Mais ce qui, à meilleur droit, peut surprendre, c'est que le coup d’État ait pu trouver des juges enclins à l'indulgence, et même des admirateurs, non-seulement dans la partie du peuple la moins instruite, la plus aisée à abuser, la plus disposée à se passionner pour tout ce qui a les apparences de la force, mais encore dans des classes plus élevées, à qui l'on était certainement fondé à supposer un esprit plus clairvoyant, un sens plus droit et plus ferme. — (Charles Dunoyer, Le second Empire et une nouvelle restauration, v. 1, 1864, page 222)
    • Lorsque Maximilien demandait un comité de justice, le principe de la terreur était triomphant, et le parti de l'indulgence en très-faible minorité : […]. Au contraire Tallien se prononçait pour la justice, à une époque où les terroristes avaient perdu leur ancien pouvoir, et où presque tous les esprits étaient portés à l'indulgence. — (Philippe Le Bas, France: Annales historiques, t. 2, 1843, page 415)
    • A l'opposé de George Sand qui s'élevait volontiers au-dessus des contingences et, sévère pour les erreurs des autres, était pleine d’indulgence pour ses propres erreurs, s’absolvait de ses chutes en planant, Musset avait une grande puissance de contrition et, par sa nature, était « mea-culpiste ». — (Maurice Donnay, Musset et l'amour, Éditions Flammarion, 1926, page 42)
  2. (Catholicisme) (Souvent au pluriel) Rémission des peines que les péchés méritent, accordée par l’Église sous certaines conditions.
    • Il y a encore un moyen de satisfaire à Dieu, qui consiste à gagner les indulgences. Les indulgences sont instituées pour relâcher la rigueur des peines temporelles dues au péché. — (M. Gousset, Instructions sur le rituel, v. 2, 3e édit., 1839, page 337)
    • — Ah ! voilà comment vous m’accueillez, lorsque je venais, comme un pape, les mains pleines d’indulgences !… — (Honoré de Balzac, La Cousine Bette, 1846)
    • Le trafic des indulgences, qui devenait toujours plus intolérable, ne causa pas moins de préjudice à la cour romaine. Les pontifes français […] dispensèrent, à un prix excessif, toutes sortes de permissions scandaleuses. — (Émile Guers, Histoire abrégée de l'Église de Jésus-Christ, 1850, page 320)
    • Et puis nous avons fait une neuvaine. J’ai bien prié pour toi et pour papa, va ! Et puis j’ai gagné quatre mille neuf cent trente-sept jours d’indulgences. — (Anatole France, Le Mannequin d’osier, Calmann Lévy, 1897, réédition Bibliothèque de la Pléiade, 1987, page 979)
    • "Luther met en cause l’automatisme de l'indulgence, le fait de payer comme une contravention après avoir commis un péché", explique Pierre-Olivier Léchot, professeur d’histoire moderne à la faculté de théologie protestante de Paris.. — (Cécile Hoyeau – Les 95 thèses de Luther - Journal La Croix, page 14, 11-12 octobre 2014)

Dérivés modifier

Traductions modifier

Prononciation modifier

Voir aussi modifier

Références modifier

Anglais modifier

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Nom commun modifier

Singulier Pluriel
indulgence
\ɪn.ˈdʌl.dʒəns\
indulgences
\ɪn.ˈdʌl.dʒəns.ɪz\

indulgence \ɪn.ˈdʌl.dʒəns\

  1. (Au singulier) Indulgence.
  2. (Catholicisme) Indulgence.
  3. Péché mignon.

Apparentés étymologiques modifier

Prononciation modifier

Voir aussi modifier