Voir aussi : Hagard

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(1393)[1] De l’ancien français hagart (« sauvage, inconstant »)[2] ; d’origine obscure. Diez[3] en propose deux étymologies :
  1. le vieil anglais hauke, aujourd'hui hawk, « faucon », avec le suffixe péjoratif -ard ;
  2. le scandinave hak-r, « tête chaude », avec le même suffixe.
  3. Huet[3] avait proposé l'allemand Hag, ancien français hague[1] (d'où haie), « lieu propre à rendre fier celui qui l'a pour défense » ; l'explication est mauvaise, mais l'étymologie est bonne[3], car un auteur du XIVe siècle dit que le faucon hagard est celui qui est de mue de haie :
    N'est mestiers c'om m'apaie [apaise]
    Par tels discours ; ne sui muiers de haie
    — (Ménagier, II, 317).
    Le faucon hagard est le faucon qui mue de haie, c'est-à-dire dans les haies, et non en domesticité[3]. Mais il s'agit vraisemblablement d'une étymologie populaire[1].
  4. Apparenté[1] à l’anglais haggard, lui-même issu du français mais à rapprocher de hag (« sorcière, vieille femme ») ; étymologie avancée[1] par Kluge pour l'allemand hager (« maigre, hâve ») mais non retenue par la suite[1].

Adjectif Modifier

Singulier Pluriel
Masculin hagard
(h aspiré)\a.ɡaʁ\

hagards
(h aspiré)\a.ɡaʁ\
Féminin hagarde
(h aspiré)\a.ɡaʁd\
hagardes
(h aspiré)\a.ɡaʁd\

hagard (h aspiré)\a.ɡaʁ\

  1. (Fauconnerie) Qualifie un oiseau de proie qui a été pris, après plus d’une mue, hors du nid et qu’on a de la peine à apprivoiser.
    • Le colonel Montagu, le naturaliste, parle d'un cormoran sauvage qu'il apprivoisa ; et puisque les fauconniers se servent des faucons hagards, pourquoi ne pourrait-on pas aussi apprivoiser des cormorans hagards ? — (Jean-Emmanuel Le Couteulx de Canteleu, La Pêche au cormoran, Paris : bureaux de la "Revue britannique", 1870)
  2. Qui a une expression égarée, éperdue.
    • Ses yeux brûlés de fièvre étaient rouges et secs, deux lignes noires et profondes les rendaient caves et hagards. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
    • Et Jourgeot, d’un œil hagard, dilaté, le rouge au front, le sang aux tempes, voyait tout cela, un étrange pincement au cœur. — (Louis Pergaud, La Vengeance du père Jourgeot, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Les pas que je fis après avoir laissé Oroshi aux rapaces, ma déambulation hagarde, écrasée de tristesse, au bord du plateau vide, et saturé de chrones, vide et saturé sans cesse, vide, sur plus de trois mille kilomètres de marche, jusqu’à l’étendue de glace crevassée, cisaillée de crivetz, qui marque de manière si caractéristique la limite de la bande de Contre, ces pas, je ne les ai dus qu’à moi. — (Alain Damasio, La Horde du Contrevent, 2004)
  3. Dont l'aspect a quelque chose d'étrange, d'un peu fou.
    • Ils [les bourreaux allemands] savaient qu'il est toujours une heure de la journée et de la nuit où le plus courageux des hommes se sent lâche. Ils ont toujours su attendre cette heure. Et à cette heure, ils ont cherché l'âme à travers les blessures du corps, ils l'ont rendue hagarde et folle, et, parfois, traîtresse et menteuse. — (Albert Camus, Actuelles I, 1944)

DérivésModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

RéférencesModifier

  1. a b c d e et f « hagard », dans TLFi, Le Trésor de la langue française informatisé, 1971–1994 → consulter cet ouvrage
  2. Frédéric GodefroyDictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, édition de F. Vieweg, Paris, 1881–1902 → consulter cet ouvrage
  3. a b c et d « hagard », dans Émile LittréDictionnaire de la langue française, 1872–1877 → consulter cet ouvrage