FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

Du moyen haut-allemand sarroc (« surplis »)[1], sarica[2] ; comparer avec le roumain sarică (« sarica, manteau de laine des paysans ») du latin serica (« [vêtement de] soie »). La dérivation sémantique se retrouve dans bliaut.
Chevallet[2] le rattache à l'islandais serk (« tunique »), à anglo-saxon syrce qui donne shirt (« chemise »), au norrois sark (« chandail »).

Nom commun 1 Modifier

Singulier Pluriel
sarrau sarraus
\sa.ʁo\

sarrau \sa.ʁo\ masculin

  1. (Habillement) Sorte de blouse que portent les paysans, les charretiers, etc., par-dessus leurs vêtements.
    • L’étranger entra : il paraissait encore plus vieux et plus misérable que Misère, et n’avait pour se couvrir qu’un sarrau bleu en haillons. — (Charles Deulin, « Le Poirier de Misère », in Cambrinus et autres Contes, circa 1847–1875)
    • Elle était vêtue d’un sarrau bleu comme les autres prisonnières. — (Eugène Sue, Les Mystères de Paris, 1843)
    • Ces êtres entrevus dans un rayon de lune, ces adolescents, ces hommes mûrs, ces vieillards brandissant des armes étranges, vêtus des costumes les plus divers, depuis le sarrau du manœuvre jusqu’à la redingote du bourgeois ; cette file interminable de têtes, dont l’heure et la circonstance faisaient des masques inoubliables d’énergie et de ravissement fanatiques, prenaient à la longue devant les yeux de la jeune fille une impétuosité vertigineuse de torrent. — (Émile Zola, La Fortune des Rougon, G. Charpentier, Paris, 1871, ch. I  ; réédition 1879, p. 36)
    • La petite est déjà bien faite pour ses quinze ans ; ça se remarque sous le sarrau en loques, tendu sur sa gorge naissante. — (Roger Martin du Gard, Vieille France, Gallimard, 1933 ; réédition Le Livre de Poche, page 75)
    • La petite Rosette changée en femme, ses yeux noirs, ses longs cils, ses grands cheveux et la gorge ronde qui marquait son sarrau souillé de cuisinière. — (Pierre Gamarra, Rosalie Brousse, chapitre V ; Éditeurs Français Réunis, Paris, 1953)
  2. Blouse d’écolier, boutonnée dans le dos.
    • Il arrêta par son sarrau le petit Louis Prion, et sachant que le bébé pleurait quand on l’appelait par d’autres prénoms que le sien, ils le torturèrent de concert. — (Jean Giraudoux, Provinciales, Grasset, 1922, réédition Le Livre de Poche, page 92)
    • Sac au dos, comme un bon soldat
      Qui s’en va pour livrer bataille,
      Un sarrau lui prenant la taille
      Le petit écolier s’en va.
      — (Marie Cassabois, Les chants de l’écolier, L’aéroplane ; Édouard Privat, Toulouse, 1934, page 9)
    • On se revoit en sarrau noir assis à la table dont le plateau de chêne a été gravé de noms ou d’initiales et taché de coulées d’encre violette, la plume au-dessus de l’encrier de porcelaine. — (Édouard Bled, J’avais un an en 1900, Fayard, 1987, Le Livre de Poche, page 72)
    • Mais à perte de vue, des filles, les grandes du cours complémentaire et les petites comme moi, des blondes, des brunes, des tresses, des couettes, des sabots, des galoches, des sarraus de toutes couleurs – le mien, qui signale l’orpheline, est tout noir. — (Mona Ozouf, Composition française, Gallimard, 2009, collection Folio, page 108)
  3. (Figuré) Personne (travailleur, étudiant, médecin etc.) qui l'endosse.
    • Cette armée de sarraus blancs — médecins, personnel infirmier, chercheurs et biologistes — mérite tout notre respect. — (Jacques Lanctot, Des nouvelles de Cuba, Le Journal de Montréal, 12 février 2021)

NotesModifier

Seule une minorité de noms français en -au ont leur pluriel en -aus au lieu de -aux : antitau, berimbau, burgau, crau, donau, grau, hessiau, jautereau, jotterau, karbau, kérabau, landau, restau, sarrau, saun gau, senau, tamarau, tau, uchau, unau, wau.

VariantesModifier

SynonymesModifier

TraductionsModifier

Nom commun 2Modifier

Singulier Pluriel
sarrau sarraus
\sa.ʁo\

sarrau \sa.ʁo\ masculin

  1. (Ichtyologie) Variante de serran.

PrononciationModifier

  • France (Paris) : écouter « sarrau [sa.ʁo] »

Voir aussiModifier

  • sarrau sur l’encyclopédie Wikipédia  

RéférencesModifier