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FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(fin XIIe siècle) Du latin capsa (« boîte, caisse » puis « cercueil ») → voir caisse, casse et case de même origine.

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
châsse châsses
\ʃɑs\
 
La châsse (1) de saint Taurin (église Saint-Taurin, Évreux).

châsse \ʃɑs\ féminin

  1. (Religion) Sorte de coffre où l’on expose et conserve des reliques ; reliquaire.
    • La châsse n’est, à proprement parler, que le cercueil de pierre, de bois ou de métal dans lequel sont enfermés les restes d’un mort. Le mot de châsse, au moyen âge, s’applique indistinctement aux coffres qui renferment des corps de saints ou de grands personnages. […]
      Depuis le XVIe siècle, le mot châsse ne s’emploie que pour désigner le coffre transportable dans lequel est déposé le corps d’un saint. […]
      Les premières châsses furent naturellement exécutées en bois ; ce n’étaient que des coffres assez légers pour être facilement transportés d’un lieu à un autre, assez simples pour ne pas exciter la cupidité.

      — (Eugène Viollet-le-Duc, « Châsse », dans le Dictionnaire raisonné du mobilier français de l’époque carlovingienne à la Renaissance, 1873)
    • C’était sur les châsses que se prononçaient les sermens les plus redoutables, les sermens politiques même, de la tenue desquels dépendait souvent le sort des nations : cela s’appelait alors « jurer sur sains ».
      Des châsses formèrent long-tems le plus précieux mobilier de la couronne. Les rois les faisaient porter à l’armée ; on les tenait présentes aux combats, dans lesquels, souvent, les deux partis opposaient les saints aux saints. Charlemagne surtout ne faisait point la guerre sans se faire escorter par les reliques les plus révérées.

      — (Amable Floquet, Histoire du Privilége de Saint Romain, 1833 : Remarques sur la châsse de Saint-Romain)
    • Dagobert à son tour dota me monastère, et Saint Éloi, devenu administrateur de son domaine, ouvra une châsse et une croix en l’honneur de la Sainte […] — (Guy Chastel, Sainte Colombe, son abbaye, ses religieuses, Imprimerie Saint-Gérard, Sens, 28 juillet 1937)
    • Mais elle était si chancelante, ses os paraissaient si minces qu’on craignit d’abord d’aller à Braux, au pèlerinage de Saint Vincent pour la faire passer sous la châsse miraculeuse qui délie les petits pas et chasse les podagres. — (Jean Rogissart, Mervale, Éditions Denoël, Paris, 1937, page 28)
  2. Monture, encadrement dans lequel un objet est enchâssé.
    • Châsse d’une lunette, d’un vitrail.
  3. Marteau de charron.
  4. Morceau de fer par lequel on soulève, on soutient une balance (à la romaine), lorsqu’on pèse quelque chose.
  5. Manche composé de deux pièces mobiles, réunies seulement l’une à l’autre vers la partie qui tient à la lame d’une lancette
  6. (Argot) masculin pluriel Yeux.
    • Un voleur déclare son amour à la femme qu’il aime :
      « Girofle largue,
      « Depuis le reluit où j’ai gambillé avec tézigue et remouché tes châsses et ta frime d’altèque, le dardant a coqué le rifle dans mon palpitant, qui n’aquige plus que pour tézigue ; je ne roupille que poitou ; je paumerai la sorbonne si ton palpitant ne fade pas les sentimens du mien.
      « Le reluit et la sorgue je ne rembroque que tézigue, et si tu ne me prends à la bonne, tu m’allumeras bientôt caner.»
      (Aimable femme,
      Depuis le jour où j’ai dansé avec toi et vu tes jolis yeux et ta mine piquante, l’amour a mis le feu dans mon cœur, qui ne bat plus que pour toi ; je ne dors plus, enfin, je perdrai la tête si ton cœur ne partage pas les sentimens du mien.
      Le jour et la nuit je ne vois que toi, et, si tu ne m’aimes, tu me verras bientôt mourir.)

      — (Eugène-François Vidocq, Les Voleurs, 1837 : Préface)
    • T’fallait du mec et, aujourd’hui, je l’lis dans tes châsses que t’es pas heureuse, ensemble… — (Francis Carco, Jésus-la-Caille, ch. V, Le Mercure de France, Paris, 1914)
    • Ouvrez vos châsses, dit Atha, usant d’un argot archéologique. — (Boris Vian, L’Automne à Pékin, 1947)
    • Haut les mains, le vioc obtempère, mais alors ô merveille, une superbe et idéale innocente et blonde jeune fille apparaît et le cinéma sans couleur doit s’avouer impuissant à rendre la cérulénéité de ses châsses. — (Raymond Queneau, Loin de Rueil, Gallimard, 1944 (Édition Folio, 2003), p. 37)

DérivésModifier

Apparentés étymologiquesModifier

TraductionsModifier

Traductions à trierModifier

PrononciationModifier

ParonymesModifier

Voir aussiModifier

  • châsse sur l’encyclopédie Wikipédia  

RéférencesModifier

AnagrammesModifier