Étymologie

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(Verbe 1) (1433) Dénominal de cuve.
(Verbe 2) Le même que le précédent, le buveur étant assimilé à une cuve, ou du latin cubare (« dormir »), variante de couver, voir incubation.

Verbe 1

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cuver \ky.ve\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Intransitif) Demeurer dans la cuve en parlant du vin nouveau qu’on y laisse avec la grappe durant quelques jours, pour qu’il se fasse, pour qu’il fermente.
    • Il n'est point acquis en bonne œnologie que l'on doive cuver aussi long-temps, et les principes à cet égard peuvent et doivent varier avec la qualité du raisin, et ce que l'on se propose d'en faire. — (Commentaire anonyme (A.Y.) sur le « Rapport fait à la Société des sciences de Strasbourg sur l'appareil vinificateur de mademoiselle Gervais ainsi que sur les avantages et les inconvéniens des longs et courts curages, par M. le prof. Masuyer », dans le Bulletin des sciences agricoles et économiques, tome 3, Paris, 1825, p. 292)

Dérivés

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Verbe 2

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cuver \ky.ve\ intransitif ou transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Intransitif) (Familier) Se reposer après un excès de boisson, dessouler.
    • Tu n'es pas en état de conduire, va cuver!
  2. (Argot des Gadz’Arts) Ne rien faire, feignanter. Échapper à une corvée pour un motif fallacieux
  3. (Péjoratif) Dormir, reposer après avoir bu avec excès, pour dissiper l’ivresse.
    • Parmi les louanges qu'on donne à Bacchus, la plus glorieuse sans doute, c'est qu'il dissipe les soucis, les inquiétudes et les peines. Mais ce n'est pas pour longtemps: l'ivrogne cuve son vin, et les chagrins reviennent en poste. — (Érasme; Éloge de la folie, 1509, traduction de Thibault de Laveaux en 1780)
    • Il est là, derrière, ce tas de pierres, dit Alain, il a sifflé le litre comme il aurait sifflé un petit verre, il dort comme une brute et il va cuver son trois-six jusqu'à demain matin. — (Fortuné du Boisgobey, Double-Blanc, tome 2, Paris : chez Plon & Nourrit, 1889, p. 121)
    • Or, le matin, jour de l’élection, Laugu du Moulin et Abel le Rat, après un petit somme pour cuver les cuites de la semaine, s’étant levés et de concert, […]. — (Louis Pergaud, Deux Électeurs sérieux, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • La malheureuse était grise et il allait falloir bientôt la transporter dans une salle du premier pour l'y laisser cuver son vin. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
    • Alors, que voulez-vous qu’ils fassent ? Qu’ils beuvaillent, fricotent, baffrent, fument la pipe, chantent, dansent, cavalcadent, boustifaillent, tortillent, goinfrent ou pignochent, boulottent, buvotent, lichent, picolent, chopinent, trinquent et qu’ils rotent et qu’ils cuvent ? — (Éric Martin, Une graine d’amour dans un sac à malice, 1978)
  4. Garder en soi pour laisser s'apaiser, laisser murir.
    • Cuver son chagrin, sa colère, sa déception, sa vengeance etc.
    • À la mort de Michel, la famille ne lui laissa pas le temps de cuver sa douleur. — (François Mauriac, Le Mystère Frontenac, 1933, réédition Le Livre de Poche, page 38)

Prononciation

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Anagrammes

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Références

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