Voir aussi : Oraison

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

Du latin orātĭo (« prière, action de parler »). (1050) oreison.

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
oraison oraisons
\ɔ.ʁɛ.zɔ̃\

oraison \ɔ.ʁɛ.zɔ̃\ féminin

  1. (Grammaire) (Vieilli) Assemblage de mots qui forment un sens complet et qui sont construits suivant les règles grammaticales.
    • Les parties d’oraison ou de l’oraison sont les différentes espèces de mots.
  2. (Vieilli) Ouvrage d’éloquence composé pour être prononcé en public.
    • L’exorde est une des parties de l’oraison.
    • Je lui apprendrai, dit le docteur, les huit parties d’oraison, la dialectique, l’astrologie, la démonomanie, ce que c’est que la substance et l’accident, l’abstrait et le concret, les monades et l’harmonie préétablie. — (Voltaire, Zadig ou la Destinée, VI, Le Ministre, 1748)
  3. (Aujourd’hui) (Religion) Discours prononcé à la louange des morts, surtout en chaire.
    • Elle s’égaie en mille endroits sur les évêques : « L’évêque d’Autun prononça l’oraison funèbre de madame de Lougueville avec toute la capacité, toute la grâce et toute l’habileté dont un homme puisse être capable : ce n’était point Tartufe, ce n’était point un patelin, c’était un prélat de conséquence. » — (Du style épistolaire, dans Le Mercure du dix-neuvième siècle, Paris, 1825, vol. 11, p. 84)
  4. (Religion) Prière adressée à Dieu ou aux saints.
    • Il marmotta des oraisons tant que dura la nuit, sans décroiser un moment ses bras de son camail de soie violette […] — (Aloysius Bertrand, Gaspard de la nuit, 1842)
    • Dans sa folie, elle […] pria le ciel, en donnant aux paroles habituelles de son oraison un accent intime, une signification nouvelle qui eussent déchiré le cœur de son mari, s’il l’eût entendue. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
    • […] à travers les persiennes fermées, je regardais des pauvresses s’accroupir sur la pelouse, un cierge à la main, et marmotter des oraisons […] — (Octave Mirbeau, Contes cruels : Mon oncle)
    • […] et les grand-mères au tricot ou au rouet d’ajouter de ferventes oraisons à leurs prières habituelles : « Seigneur, seigneur, mon Dieu ne nous enlevez pas nos tenderies, par J.-C. notre Sauveur. » — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
  5. Communication de l’âme avec Dieu, sans entremise d’une formule de prières.
    • Les états d’oraison. Faire oraison.

SynonymesModifier

  • Note d’usage : Dans ces trois derniers cas, on dit plutôt aujourd’hui prière.

DérivésModifier

Apparentés étymologiquesModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier