FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

Expression latine usitée autrefois dans les monastères, pour désigner la prison où l’on enfermait pour leur vie ceux qui avaient commis quelque grande faute.

Locution nominale Modifier

Invariable
in pace
\in.pase\

in pace \in.pase\ masculin

  1. (Religion catholique) Lieu de réclusion de l’Église catholique romaine à destination des ecclésiastiques.
    • […], à l’abbaye de Villiers, le trou des oubliettes au milieu du pré qui a été la cour du cloître, […], quatre cachots de pierre, moitié sous terre, moitié sous l’eau. C’étaient des in pace. — (Victor Hugo, Les misérables, 1862)
    • Il suffit de rappeler qu'en 1629, un arrêt, provoqué par le procureur-général, interdit aux moines d'infliger aux leurs la prison perpétuelle, l’ In pace, etc. Ces cruautés continuèrent, […]. — (Jules Michelet, Du prêtre, de la femme, de la famille, 3e éd., Hachette & Paulin, 1845, Préface de la 3e édition, p.XXIII)
  2. (Figuré) Endroit évoquant l’idée d’une prison.
    • C’est dans un fond de cuve de ce genre, dans les oubliettes creusées par saint Louis, dans l’in pace de la Tournelle, qu’on avait, de peur d’évasion sans doute, déposé la Esmeralda condamnée au gibet, avec le colossal Palais de Justice sur la tête. […]. — (Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, 1831)
    • Je fus vite frappé par la pauvreté des arguments des antidreyfusards. […]. Quelques uns, plus intelligents, avouaient que, quand le capitaine Dreyfus aurait été injustement condamné, ils entendaient le voir rester dans un in pace. — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942)
    • La serrure d’une porte massive grinça ; l’on pénétra dans un méphitique in pace, où le jour de souffrance d’en haut laissait entrevoir, entre des anneaux scellés aux murs, un chevalet noirci de sang, un réchaud, une cruche. — (Auguste de Villiers de l'Isle-Adam, Nouveaux contes cruels, 1888)

PrononciationModifier

(On prononce Ine pacé.)

AnagrammesModifier

RéférencesModifier