BretonModifier

ÉtymologieModifier

Du moyen breton caffout[1] et caffoet. Infinitif en -out (voir bout) du radical kab-, variante primitive de la racine KÊP KÂP (« saisir ») que l’on retrouve en grec κώπη (« poignée »), en latin cap, en gothique hafjan, qui a donné l’anglais to heave et l’allemand heben (« soulever »), en gothique haban, qui a donné l’anglais to have et l’allemand haben (« avoir »). Voir kaout.[2]
À comparer avec les verbes cael, caffael en gallois, cafos en cornique (sens identique).

Verbe Modifier

Mutation Infinitif
Non muté kavout
Adoucissante gavout
Spirante cʼhavout

kavout \ˈkɑː.vut\ ou \ˈkɔwt\ (voir la conjugaison), base verbale kav-, participe passé kavet (pronominal : en em gavout)

  1. Trouver, rencontrer la personne ou la chose que l’on cherche.
    • Atav e kavent, evit dont a-benn eus o zaol, un abeg bennak ; rak an nep en deus cʼhoant da lazhañ he gi a gav atav ur cʼhleñved bennak dezhañ : ma ne gav ket en un tu e kavo en un tu-all ; ma ne vez ket kavet a-gleiz e vezo kavet a-zehou. — (Lan Inizan, Emgann Kergidu 1, Éditions Al Liamm, 1977, p. 12)
      Pour réussir leur coup, ils trouvaient toujours une raison ; car celui qui veut tuer son chien trouve lui toujours une maladie : s’ils ne la trouve pas d’un côté, il la trouveront de l’autre côté, si on ne la trouve pas à gauche, on la trouvera à droite.
    • « Mat », eme Nobl, « lavar d’ezañ dont d’am cʼhavout, ha, ma plij d’ezañ, e torro e naon ganimp ». — (Jakez Riou, Troiou-kamm Alanig al Louarn 2, Gwalarn, 1936, p. 11)
      « Bien », dit Nobl, « dis-lui de venir me trouver, et, s’il lui plaît, il mangera avec nous ».
  2. (Pronominal) Se trouver en un lieu, dans un état, dans une situation.
    • P’en em gave al listri bihan-se war wel da zouar Bro-Saoz e taolent ho barrikennadoù gwin-ardant er mor, [...] — (Lan Inizan, Emgann Kergidu 1, Éditions Al Liamm, 1977, p. 22)
      Quand ces petits navires se trouvaient en vue des côtes anglaises, ils jetaient leurs barriques d’eau-de-vie à la mer.
  3. (Pronominal) Se rencontrer, arriver chez quelqu’un.
    • Un dervezh-all, e kreiz ur foar pe ur marcʼhad, ecʼh en em gave daou zen an eil gant egile ha n’o doa ket an aer d’en em anaout tamm ebet, [...].
      Un autre jour, au milieu d’une foire ou d’un marché, se rencontrèrent deux hommes qui n’avaient pas l’air de se connaître du tout.
    • An dekvet gwech e oa deomp en em gavout asambles. — (Yann-Edern Jourdan, Film Lann Vras” in Ya !, niv. 418, 14 Even 2013, p. 10)
      C’était la dixième fois que nous nous retrouvions ensemble.
  4. (Pronominal) Être fier, se gober.
    • [...] hag eo dleet deocʼh en em gavout, rak an troad pemocʼh-se en deus graet plijadur kenañ da stomok ho preur. — (Henri Ghéon, Torfed ar frer Juniper, traduit par Jakez Riou, in Pemp pezh-cʼhoari berr, Skridoù Breizh, 1944, p. 142)
      Et vous devriez être fier, car ce pied de cochon a donné beaucoup de plaisir à l’estomac de votre frère.
    • Hag en em gavout a ra cʼhoazh (Droug ennañ) Laer ! amprevan ! loen brein ! — (Henri Ghéon, Torfed ar frer Juniper, traduit par Jakez Riou, in Pemp pezh-cʼhoari berr, Skridoù Breizh, 1944, p. 140)
      Et il est fier en plus ! (en colère) Voleur ! Misérable ! Sale bête !
    • Hennezh en em gav ! — (Francis Favereau, Geriadur ar brezhoneg a-vremañ - Dictionnaire du breton contemporain, Skol Vreizh, 1992, p. 1029)
      Il se gobe !
  5. (Impersonnel) Penser, croire, trouver (avec la préposition da).
    • Ne vezin ket dislavaret, a gav din, pa glaskin diskouez pegen meur eo al lecʼh dalcʼhet gant ar mercʼhed e pezhioù-cʼhoari Tangi Malmanche. — (Benead, Ar merc'hed e lennegezh Vreizh, in Al Liamm, niv. 7, Meurzh-Ebrel 1948, p. 51)
      Je ne serai pas contredit, je pense, quand j’essaierai de montrer l’immense importance des femmes dans les pièces de théâtre de Tangi Malmanche.

DérivésModifier

RéférencesModifier

  1. Jehan LagadeucCatholicon, Tréguier, 1499
  2. Victor Henry, Lexique étymologique des termes les plus usuels du breton moderne, J. Plihon et L. Hervé, Rennes, 1900, 378 pages[version en ligne]