FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(Verbe 1) (1839) Pour le cri de l’hirondelle : du latin trissare, du grec xx, trizein, « grincer ».
(Verbe 2) (1853) Pour la 3e répétition : fait sur le modèle de bisser avec tri- (« trois »).
(Verbe 4) (1905) Pour le sens de partir : de l'allemand stritzen[1].

Verbe 1 Modifier

trisser \tʁi.se\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Crier, en parlant de l’hirondelle.
    • L’hirondelle trisse et le chien aboie.
  2. (Par analogie) Siffler, user d’un sifflet.
    • La mouquère se mit à brailler et un flicard trissa derrière le truand en déclarant à haute voix qu’il serait infiniment heureux d’avoir la collaboration bénévole de quelques contribuables en vue de la capture de ce dangereux malfaiteur mais l’autre qui n’était pas un tocard se jeta dans une maison que Jacques qui avait commencé une exploration méthodique de la capitale savait être à double entrée. — (Raymond Queneau, Loin de Rueil, Gallimard, 1944, édition Folio, 2003, pp. 57-58)

DérivésModifier

TraductionsModifier

Verbe 2Modifier

trisser \tʁi.se\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Faire dire trois fois un morceau de vers, de musique ou, par extension, une phrase ou une idée quelconque.
    • Non, ai-je dit deux fois. Faut-il donc que je trisse ?
      Non, pas de protecteur… mais une protectrice !
      — (Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, premier acte, scène IV)
  2. Faire revenir un artiste pour une troisième répétition.

TraductionsModifier

Verbe 3Modifier

trisser \tʁi.se\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Lorraine) (Alsace) Éclabousser, gicler.
    • Il y avait une flaque et une voiture est passée au même moment, ça a trissé et j’en ai eu plein partout.
    • Chez le maréchal-ferrant, le Doguinet, ça a été kif-kif : au lieu de souffler sur la forge pour la faire brûler, il trissait de l’eau dessus avec sa bouche pour la faire éteindre à chaque instant. — (Georges Schepfer in Jean Lanher et Alain Litaize, Le parler de Lorraine, éditions Christine Bonneton, ISBN 978-2862534749)

TraductionsModifier

Verbe 4Modifier

trisser \sə.tʁi.se\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se trisser)

  1. (Populaire) Partir, sortir rapidement et discrètement.
    • Violentes, rouges, aux lèvres et aux pommettes, continuellement pressées, il me semble les avoir toujours vues en train de trisser, à peine le temps de stopper sur le trottoir, serrer contre elles leur sac à provisions pour se baisser et m'embrasser sec avec un sonore, qu'est-ce que tu deviens la fille ? — (Annie Ernaux, La femme gelée, 1981, réédition Quarto Gallimard, page 356)
    • Tu va le voir s’trisser aux lavabos où le loufiat qu’y a jacté ira le rejoindre. — (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
    • — Merci, qu’est-ce que c’est que ce pissat de mulet ?
      — C’est du cognac.
      — Du visqui, il me faudrait. Je veux du visqui. Et où est l’autre enfant de maquereau, Alexandre ?
      — Il s’est trissé, madame.
      — Il s’est trissé, madame. Dis donc, t’en es encore au jars des
      Pieds-Nickelés, toi, l’enfant de chœur ? — (Boris Vian, Le Chasseur français, 1955, Le Livre de Poche, 2008, p. 206)
    • « Se trisser », c’était un mot du mathématicien à cannes. C’était le mot d’ordre. « Zèbres et zébresses ont à se trisser au métro le plus proche. » On avait repéré tous les cafés à double sortie, aussi bien sur le Boul’Mich’ que près des usines. — (Dominique et ‎Jean-Toussaint Desanti, La liberté nous aime encore, Odile Jacob, 2001, p. 66)
    • Plus de trois quatre personnes alors je me trisse... bonsoir m'sieurs dames ! Je risque pas d'aller aux meetings. Je fuis le trèpe, les coquetèles... les plages au mois d'août. — (Alphonse Boudard, L’Hôpital : Une hostobiographie, Éditions de la Table Ronde, 1972, page 40)

TraductionsModifier

PrononciationModifier

RéférencesModifier

  1. Le Petit Robert, édition 1982.