Voir aussi : moëlle, mœlle

Français modifier

Étymologie modifier

(Date à préciser) De l’ancien français muële, moële, moele, du latin medulla (« moelle »).

Nom commun modifier

Singulier Pluriel
moelle moelles
\mwal\
 
Section d’un fémur montrant l’emplacement des deux types de moelles osseuses (1) : moelle jaune et moelle rouge.
 
Schéma d'une section de la colonne vertébrale, où figure la moelle (2a).

moelle \mwal\ féminin

  1. (Anatomie) Moelle osseuse, moelle des os.
    • Les malades allogreffés recevant la substance médullaire, espérée salutaire, soit d’un donneur familial, soit d’un donneur issu des fichiers, évoquent rarement de manière spontanée l’origine de la moelle transplantée. — (Ascher, Jacques, et Jean-Pierre Jouet. « Les mondes paradoxaux de la greffe de moelle osseuse », La greffe, entre biologie et psychanalyse. sous la direction de Ascher Jacques, Jouet Jean-Pierre. Presses Universitaires de France, 2004, pp. 87-118.)
    • Concernant le système immunitaire, la moelle est responsable de la maturation et de la différenciation des pro-lymphocytes B et des lymphocytes B matures aptes à coloniser les organes lymphoïdes secondaires comme la rate, les ganglions lymphatiques, les amygdales ou les plaques de Peyer. — (Debré, Patrice, Vincent Vieillard, et Jean-Paul Gonzalez. « Chapitre 39. Système immunitaire », Isabelle Goupil-Sormany éd., Environnement et santé publique. Fondements et pratiques. Presses de l’EHESP, 2023, pp. 1015-1038.)
    1. (Biologie, Histologie) Tissu mou contenu dans les os. Il en existe deux types : la moelle osseuse rouge et la moelle osseuse jaune. La moelle osseuse rouge produit les cellules sanguines. La moelle jaune est du tissu adipeux.
    2. (Boucherie, Cuisine) De la moelle jaune cuisinée.
      • Dans les siècles des siècles, mes ancêtres paysans avaient respecté les œufs et la moelle, nourritures de nababs. On donnait des œufs aux malades. Plus précieux encore dans le calice du coquetier. Quant à la moelle, on la retirait parfois, le dimanche, à la pointe de la fourchette, d’un os de bœuf du pot-au-feu. — (Paul Guth, Le mariage du Naïf, 1957, réédition Le Livre de Poche, page 115)
      • Dans l’humérus du bœuf se cache un trésor de gras : l’os à moelle. — (Charles Patin O’Coohoon, Bouillon, bone broth, fonds de sauce… les os s'invitent dans nos assiettes, L’Express, 9 janvier 2017)
      • Détailler la moelle de bœuf en petits dés, ainsi que les ailerons des chipirons.— (Hélène Darroze, Chipirons sautés au chorizo et riz noir, Figaro Madame, 31 août 2017)
    3. (Cosmétologie) Moelle de bœuf.
      • Ses cheveux noirs, lustrés à la moelle de bœuf, formaient des crochets sur ses tempes. — (Guy de Maupassant, La maison Tellier, Albin Michel, 1881, collection Le Livre de Poche, page 13)
    4. (Sens figuré) L’essence d’un être, d’une entité.
      • En supposant même qu’ils se prêtassent à un départ en masse, qui répugne au fond de leur nature et déchirerait toutes les fibres de leur cœur, qui pourrait voir s’éloigner sans effroi cette pépinière de nos armées, cette moelle, cette substance de notre force nationale ? — (Albert de Broglie, « Une Réforme administrative en Afrique », Revue des Deux Mondes, tome 25, 1860)
    5. (Sens figuré) Ce qu’il y a de plus instructif, d’essentiel, dans un ouvrage de l’esprit.
      • Ce livre est excellent, il faut savoir en tirer la substantifique moelle.
      • Nourri comme il l’était de la plus pure moelle de L’Encyclopédie, il ne se bornait pas à parquer les humains à tel degré, tant de minutes et tant de secondes de latitude et de longitude. Il s’occupait de leur bonheur, hélas ! — (Anatole France, Le crime de Sylvestre Bonnard, Calmann-Lévy ; réédition Le Livre de Poche, 1967, page 131)
  2. (Par analogie)
    1. (Anatomie) Moelle épinière.
    2. (Botanique) Cylindre de tissu cellulaire, tendre, qui existe au centre des tiges des plantes.
      • La raison qui m’engage à donner la préférence à la moelle de maïs, repose sur la densité des tissus.— (Jean-Baptiste Ygonin, De l'Application du feu dans les maladies chirurgicales / par J.-B. Igonin[sic], 1834, p.15)
      • Donefer et al. (1975) ont découvert aux Antilles que les bouts blancs de canne à sucre ensilés ajoutés à la moelle de canne à sucre entraînaient chez les bovins des gains de poids nettement supérieurs à ceux produits par l'alimentation basée sur la consommation de moelle à canne à sucre ou Digitaria decubens seulement. — (L'élevage des petits ruminants dans les régions tropicales humides, 1983)
      • La moelle utilisée pour fabriquer les feuilles de papyrus contient 54-58% de cellulose et 24-32% de lignine.— (M. Brink, et E.G. Achigan-Dako, Ressources végétales de lAfrique tropicale 16 : Plantes à fibres, fondation PROTA, 2012, page 130)
      • Des compagnons de Cook ayant remarqué que les Aborigènes mangeaient des « graines » (en réalité des prégraines pour un botaniste) et la moelle d’un Cycas, des membres de l’équipage voulurent en récolter et y goûter. — (Guillaume Jean, Ils ont domestiqué plantes et animaux : Prélude à la civilisation, 2013, page 283)

Variantes orthographiques modifier

Synonymes modifier

Dérivés modifier

Vocabulaire apparenté par le sens modifier

Traductions modifier

Hyperonymes modifier

Prononciation modifier

  • \mwal\, parfois \mwɛl\. Au XVIIe ou XVIIIe siècles, ou pour les besoins de la rime, on prononçait aussi en deux syllabes \mɔ.ɛl\[1]. Le maintien actuel du son \ɛ\ chez plusieurs locuteurs est vraisemblablement dû à l’orthographe.
  • France : écouter « moelle [mwal] »
  • France (Toulouse) : écouter « moelle [mwal] »
  • France (Lyon) : écouter « moelle [mwal] »
  • Vosges (France) : écouter « moelle [Prononciation ?] »

Anagrammes modifier

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Voir aussi modifier

  • moelle sur l’encyclopédie Wikipédia  

Références modifier