Voir aussi : etre, etre-, étre

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(Date à préciser) De l’ancien français estre (« être »), du latin vulgaire *essĕre (« être »), forme remaniée par analogie du latin classique esse (« être »), ainsi que de l’ancien français ester, du latin stare (« être debout »). Ce dernier ne subsiste que dans les participes été, étant et les conjugaisons de l’imparfait de l’indicatif, ainsi que dans les expressions aujourd’hui désuètes ester en justice ou ester en jugement.

Verbe Modifier

être \ɛtʁ\ intransitif 3e groupe (voir la conjugaison)

  1. Définir un état, une caractéristique du sujet. Note : En grammaire, ce type de verbe est appelé une copule, et le mot qu’il introduit est un attribut. En linguistique, il existe différentes manières de caractériser ces constructions attributives, existentielles, locatives ou posturales qui peuvent être introduites en français par être.
    • Les anciens avaient justement montré le rôle de l’organisme vivant comme cause génératrice des maladies, les éléments extérieurs en étant les causes provocatrices. — (Joseph Grasset, Traité élémentaire de physiopathologie clinique, tome 2, Éditions Coulet, 1911, page 13)
    • De fait, René se sentait apaisé plus que ne l’eût été aucun mortel en un lieu moins épouvantable qu'un franc-bord de canal au milieu de la nuit. — (Jean Lahougue, « Un amour de René Descartes », chapitre 8, dans le recueil de nouvelles: La Ressemblance et autres abus de langage, Paris : les Impressions nouvelles, 1989)
    • — D’où est-il ?
      — Il est de Paris.
  2. Se situer, se trouver, rester, spécifiant une location, une situation.
    • Nous sommes en ville.
  3. (Absolument) Exister.
    • Je suis l’homme qui est en proie à une idée fixe, et cette idée est que vous soyez député de la Gironde. Cela sera-t-il ? — (Hector Malot, Un mariage sous le Second Empire, 1873)
    • Je pense, donc je suis. — (René Descartes)
    • Être, ou ne pas être, c’est là la question.
      Y a-t-il plus de noblesse d’âme à subir
      la fronde et les flèches de la fortune outrageante,
      ou bien à s’armer contre une mer de douleurs
      et à l’arrêter par une révolte ?
      — (William Shakespeare, Hamlet, prince de Danemark acte III, scène 1)
    • Il n’est plus, il est mort.
    • L’Algérie française était ; elle n’est plus. — (Alexis Jenni, L’Art français de la guerre, 2011, page 604)
  4. (Impersonnel) (Soutenu) Il y a.
    • J’ai donc rédigé un long billet, intitulé Attention manip : le “pacte 2012” de “l’Institut pour la Justice”, où je démontais point par point le procédé sur la forme, et le message sur le fond. Je n’y reviendrai pas, il n’est que de le lire. — (Maître Eolas, Eolas contre Institut pour la Justice : Episode 1. Le Compteur Fantôme., 14 janvier 2019 → lire en ligne)
    • Il est des hommes que la résistance anime, il en est d’autres qu’elle décourage.
  5. (Impersonnel) Le moment de la journée. Note : Dans certaines régions, le démonstratif est utilisé à la place du pronom impersonnel afin de demander : C’est quelle heure ?
    • — Quelle heure est-il ?
      — Il est quatorze heures cinquante huit.
    • Il est l’heure de partir.
    • Il est tard.
  6. Le jour de la semaine ou la date du moment.
    • Pendant cette année 1912 je travaillais d’arrache-pied. Nous étions en mars et le certificat d'étude était pour la mi-juin. — (Joseph Ligneau, Comment j'ai passé le certificat d'études 1912, édité par Didier H Touchet, Tampa Florida L.L.C., 2016, page 67)
    • — Quel jour sommes-nous ?
      — Nous sommes mardi.
    • Nous sommes le deux novembre deux mille sept.
  7. (Familier) Aller, se rendre. Note : Avec l’auxiliaire avoir.
    • Avez-vous été à Paris la semaine dernière ?
  8. (Auxiliaire) Verbe auxiliaire servant à former les temps composés de certains verbes intransitifs indiquant un mouvement ou un changement d’état et tous les verbes réflexifs.
    • Il est passé.
    • Il est tombé.
    • Il s’est trompé.
  9. (Auxiliaire) Verbe auxiliaire servant à former la forme passive.
    • Quand il sera aimé.
  10. (Construit avec sur ou dessus) S’occuper d’une affaire particulière, s’en occuper.
    • — Je suis sur un dossier là... C’est vraiment pas du propre. — (2017, Fares C. aka John Mitzewich)

DérivésModifier

Proverbes et phrases toutes faitesModifier

TraductionsModifier

NotesModifier

Les verbes correspondants à ce verbe sont très irréguliers en forme et en usage dans beaucoup de langues.

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
être êtres
\ɛtʁ\

être \ɛtʁ\ masculin

  1. Existence, c’est-à-dire le fait d’exister, au sens abstrait.
    • Quoi ! Je ne saurai point de qui j’ai reçu l’être ? — (M. Le Grand, Louis XIV et le Masque de fer, acte II, scène 6 ; Limodin imprimeur de la section des Lombards, Paris, 1791, page 18)
    • Pour échapper au monisme de Parménide, Aristote eût pu faire remarquer que l’expression « L’Être est » est vide de sens, car aucune expérience vécue ne correspond à la saisie de l’être en soi : nous n’appréhendons que des « étants ». — (Louis Rougier, Histoire d’une faillite philosophique : la Scolastique, 1925, édition 1966)
  2. Organisme, créature vivante.
  3. Personnalité ; âme.
    • Ah ! Deubel, qui t’es si mal suicidé, quelle attirance avaient sous terre ton corps pourri et dans mon être l’écho douloureux de tes vers ? — (Francis Carco, Maman Petitdoigt, La Revue de Paris, 1920)
    • Mme de Gasparin persista dans son être. Aussi bien avait-elle le choix ? Telle une force de la nature, elle était immodérable par définition. — (Valérie Boissier de Gasparin avec ‎Marie Dutoit, Mon Jura… et le monde, Naville, 1930, page XVIII)
    • Elle livrait un culte magnifique à l’érotisme, dans une sexualité débordante qui constituait pour elle la vraie musique de l’être, la fureur et l’enchantement pour " inouïr " la vie. Géraldine B. aimait les hommes et ceux-ci le lui rendaient à merveille. — (Kä Mana, Guérir l'Afrique du SIDA: problèmes, handicaps, défis et perspectives, Éditions Sherpa, 2004, page 27)
    • Les esclaves africains l’avaient bien compris. Ils avaient compris que l’esclavage leur ôterait leur humanité, qu’il ferait d’eux non plus des êtres, mais des choses. Qu’ils aient pris les Blancs pour des cannibales n’a rien de surprenant. — (Françoise Vergès, À vos mangues !, traduction de Dominique Malaquais, dans Politique africaine, 2005/4, n° 100, p. 320)
  4. (Par extension) (Plus rare) Ce qui constitue une chose.
    • La véridicité se confirme donc quand le discours dit vrai conformément à son être, quand se présente en ressemblance la chose du discours. Elle diffère nécessairement d’un discours à l’autre. — (François Bousquet, La Vérité, Éditions Beauchesne, 1983, p. 104)

DérivésModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

HomophonesModifier

AnagrammesModifier

Voir aussiModifier

  • être sur le Dico des Ados  

RéférencesModifier

BerrichonModifier

ÉtymologieModifier

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Verbe Modifier

être \ɛt(ʁ)\ transitif 3e groupe (voir la conjugaison)

  1. (Bas-berrichon) Être.

NormandModifier

ÉtymologieModifier

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Verbe Modifier

être \ɛtʁ\ transitif 3e groupe (voir la conjugaison)

  1. Être.

VariantesModifier

RéférencesModifier

  • Henri Moisy, Dictionnaire de patois normand, 1887, page 270[version en ligne]