FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(XIIe siècle) Du latin populaire *repropiare[1] (« rapprocher, mettre sous les yeux », par extension « remontrer, objecter »), composé de re- et de propiare (« s’approcher »). (1132) reprochier, « rappeler une chose désagréable ».

Verbe Modifier

reprocher \ʁə.pʁɔ.ʃe\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Imputer la faute à quelqu’un, en l’en blâmant, en lui en faisant des remontrances.
    • On voulait voir dans son fait de la superstition et de la magie ; on lui reprochait d’attribuer à certains objets, à ses armes, à son étendard, à ses anneaux, une puissance miraculeuse. — (Jacques Porchat, La Vie et la mort de Jeanne d’Arc, racontées à la jeunesse, Borrani & Droz, 1852, p. 145)
    • Vers 1255, le bailli de Pont-Audemer, nommé Jean de Neuvy, était sous le poids des plus graves accusations, et parmi les nombreux méfaits qui lui étaient reprochés se trouvait l’impunité d’un assassinat commis sur un homme de Bourneville. — (Louis-Étienne Charpillon, Dictionnaire historique, géographique, statistique de toutes les communes de l’Eure, Delcroix, Les Andelys, 1868, p. 532)
    • À Philippe Auguste, qui venait de rappeler les juifs dans son royaume, il reprocha véhémentement de n’avoir pas tenu compte des lois canoniques réglementant les rapports entre chrétiens et juifs. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • « À quoi cela sert-il ? » répète-t-il le plus volontiers ; et on la lui reproche assez, sa manie bassement utilitaire, et pratique, on la lui reproche un peu trop, et injustement ! — (Franc-Nohain [Maurice Étienne Legrand], Guide du bon sens, Éditions des Portiques, 1932)
    • Dans une espèce qui a donné lieu à un arrêt de la Cour de Lyon du 5 mai 1966 (D., 1966.547) il était reproché à un charcutier d'avoir confectionné des produits de charcuterie, en l'espèce saucissons, saucisses ou godiveaux, contenant des matières grasses supérieures à un taux de 50%, ce qui l'avait mis en l'état infractionnel, eu égard aux usages locaux, loyaux et constants. — (Revue trimestrielle de droit commercial, volume 20, éd. Sirey, 1967, p. 304)
  2. (Par extension) Faire valoir un bienfait, un service, etc. à quelqu’un, pour l’accuser de l’avoir oublié.
    • Bienfait reproché tient lieu d’offense.

DérivésModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

RéférencesModifier

Ancien françaisModifier

Verbe Modifier

reprocher \Prononciation ?\ transitif (voir la conjugaison)

  1. Variante de reprochier.
    • Garde que tu ne reproches ce que tu as doné ; car tu le dois oblier.

RéférencesModifier