FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

Du latin populaire *bragire, d’origine gauloise *braci-, *bragere (cf. gaélique braigh (« craquer, crépiter ») ; vieil irlandais braigim (« craquer, crépiter ») ; breton breugiñ (« braire »))[1].

Verbe Modifier

braire \bʁɛʁ\ intransitif 3e groupe (voir la conjugaison)

  1. Pousser son cri en parlant d’un âne.
    • Cet âne brait, braira, brairait.
    • Partout dans le village, les animaux vaquent à leurs occupations : des chèvres, des cochons sauvages, des moutons et deux ânes, occupés à braire sans relâche près de l’église les jours de grand vent, le livantu, le vent d’est. — (Le Devoir, 15-16 novembre 2003)
    • Le va-et-vient, le bruit causé par les animaux qui s'ébrouent, piaffent, braient ou hennissent toute la nuit, ne gênent en aucune façon les voyageurs chinois. Comme l'a constaté le père Huc, ils savent très bien qu'en attachant une pierre à la queue d'un âne, on l'empêche de braire, mais ils négligent l'application de ce moyen. — (Émile Bard, Les Chinois chez eux, Paris : A. Colin et Cie, 1899)
  2. (Figuré) Brailler, gueuler.
    • Qu’est-ce qu’il a à braire comme ça cet enfant ?
    • Bien faire et laisser braire. (Québec)
    • Oh ! je ne brairai plus, monsieur, répondit tristement Sancho, voilà qui est fait pour ma vie ; je renonce même à parler en public. — (Œuvres Don Quichotte de la Manche, page 200, Jean Pierre Claris de Florian, 1820)
    • Chenet et Braux s’interposèrent, et ce dernier, poussant sa moitié par les épaules, la jeta dehors en criant : — « Va donc, bourrique, tu brais trop ! » — (Guy de Maupassant , En famille, dans La maison Tellier, 1891, collection Le Livre de Poche, page 166.)
    • Ce capucin est un âne, et il enseignait à votre fils bien moins à parler qu’à braire. — (Anatole France, La Rôtisserie de la reine Pédauque, 1893)
  3. (Nord de la France & Wallonie) Pleurer.
    • Et toi, cesse de pleurer dans ta soupe, lança-t-il à Rosalie, cesse de braire et apporte à manger, j'ai faim! — (Claude Michelet, Quelque part dans le monde, Éditions Robert Laffont, 2006, p. 42)
  4. (Par ellipse) (Familier) Faire braire.
    • Là le prof a commencé à me braire, oui, j'avais rien compris, que c'était la société qui nous faisait choisir notre orientation sexuelle, blablabla. — (AngelTen Richard II, le 23 mars 2014, sur le forum « Veille permanente contre l'homophobie », sur le site Forums madmoiZelle (https:/forums.madmoizelle.com))
    • Alors voila, mon fils, qui commence à me braire car il tente d'abuser sur chaque règle, me sort la chose suivante : […]. — (Ouaam76, le 28/09/2014, dans le forum « Carte "Action d'éclat" », site Devil Pig store (www.devil-pig-games.com))

NotesModifier

Usité à l’infinitif et aux troisièmes personnes du présent de l’indicatif, du futur et du conditionnel, mais rien n’empêche d’autres usages, comme le montre une des citations précédentes.

DérivésModifier

Proverbes et phrases toutes faitesModifier

TraductionsModifier

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
braire braires
\bʁɛʁ\

braire \bʁɛʁ\ masculin

  1. (Vieilli) (Désuet) Cri de l'âne. [2]
    • […] cette prose de l’âne s’y trouve; on la chantait à deux chœurs qui imitaient, par intervalles et comme par refrain, le braire de cet animal. —(Kalendes, Voltaire)

SynonymesModifier

PrononciationModifier

AnagrammesModifier

RéférencesModifier

Ancien françaisModifier

ÉtymologieModifier

Du latin populaire *bragere apparenté au gaélique braigh (« craquer, crépiter »).

Verbe Modifier

braire transitif ou intransitif 3e groupe (voir la conjugaison)

  1. Pousser des cris.
  2. Faire du bruit (en parlant des choses).
  3. Chanter.

DérivésModifier

Ancien occitanModifier

 

ÉtymologieModifier

Du latin vulgaire *bragere.

Verbe Modifier

braire

  1. Chanter, braire, brailler, résonner.

RéférencesModifier

  • François RaynouardLexique roman ou Dictionnaire de la langue des troubadours, comparée avec les autres langues de l’Europe latine, 1838–1844

PicardModifier

ÉtymologieModifier

Du latin populaire *bragere.

Verbe Modifier

braire \Prononciation ?\

  1. Pleurer.
    • V’là ti pas qu’i s’met à braire.
    • Et voilà qu’il se met à pleurer.
    • Faut pas braire min tiot loute.
      Il ne faut pas pleurer mon petit.
    • Ainsi l'aut' jour, eun pauv' dintelière,
      In amiclotant sin p'tit garchon
      Qui d'puis trois quarts d'heure, n'faijot que d'braire,
      Tâchot d'lindormir par eun' canchon.
      — (Le P'tit Quinquin, 1853)
    • Surtout, Cath’rine, én’ brais point :
      T’ verras, qu’ j’ mé conduirai bin.
      — (Jules Mousseron, Tout Cafougnette, édition de Jean Dauby, 1974, p. 55)

Apparentés étymologiquesModifier

  1. Jean-Paul Savignac, Dictionnaire français-gaulois, La Différence, 2004, p. 75