engendrer

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(Vers 1135) Du latin ingĕnĕrāre (« enfanter ») → voir gendre au sujet du \d\ ajouté.

Verbe Modifier

engendrer \ɑ̃.ʒɑ̃.dʁe\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Produire son semblable par voie de génération, en parlant de l’homme et des animaux. — Note : Le dictionnaire de l’Académie de 1932 indique que cela ne s’applique guère qu’aux mâles.
    • — Et où vont-ils ?
      — Oh ! mon Dieu ! rue Montorgueil ; il y a là un ministre huguenot de ma connaissance ; il a une femme et six enfants. Ces hérétiques engendrent énormément.
      — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre IX)
    • En face des deux bâtards, Pierre semblait un étranger, il différait d’eux profondément, pour quiconque ne pénétrait pas les racines mêmes de son être. Jamais enfant ne fut à pareil point la moyenne équilibrée des deux créatures qui l’avaient engendré. Il était un juste milieu entre le paysan Rougon et la fille nerveuse Adélaïde. — (Émile Zola, La Fortune des Rougon, G. Charpentier, Paris, 1871, chapitre II ; réédition 1879, page 56)
    • Non, en vérité, je ne voulais pas d’enfants, je ne me sentais pas mûr pour engendrer, j’avais l’impression d’être encore un fils. — (Eric-Emmanuel Schmitt, L’Évangile selon Pilate, Albin Michel, 2000, Prologue)
    • Cette anthropologie approximative du peuple satyresque laisse de côté l’embarrassante question des satyreaux, dont on se demande comment ils ont bien pu être engendrés dans cet univers sans femmes : Eglé est apparemment la seule transfuge de la troupe de Diane et on ne lui prête aucune maternité. — (Françoise Lavocat, La syrinx au bûcher : Pan et les satyres à la Renaissance et à l’âge baroque, Librairie Droz, 2005, page 357)
  2. (Christianisme) Reproduire sa propre divinité dans une autre personne trine et consubstantielle.
    • Les théologiens disent, en parlant des personnes divines, le Père engendre le Fils de toute éternité.
  3. (Par extension) Produire ; faire naître.
    • La lutte de la police générale du royaume et de la contre-police du roi engendra d’horribles affaires dont le secret a été gardé par quelques échafauds. — (Honoré de Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1838-1847, première partie)
    • L’amour, par l’enthousiasme qu’il engendre, peut produire le sublime sans lequel il n’y aurait point de morale efficace. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, chapitre VII, La Morale des producteurs, 1908, page 342)
    • On me signale de toutes parts les maux qu’engendrent ces mariages d’argent par quoi s’opère entre les sexes une sélection à rebours substituant de hideux calculs à cet enthousiasme courageux qui est le propre des jeunes amours. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • La misère, quoi qu’on en pense, n’incite pas au crime : elle engendre tout au plus, à divers degrés, lorsqu’une nouvelle épave tente d’occuper la place d’un autre, d’aigres et soudaines criailleries, aboutissant parfois à un simulacre de bagarre que l’ombre du premier flic venu suffit à réprimer. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
  4. (Géométrie) Décrire ou produire une figure géométrique par son mouvement.
    • Toute droite qui a un mouvement cycloïdal à l’un de ses points engendre une cycloïde, tandis que tous les autres engendrent des cycloïdes allongées ou raccourcies. — (Joseph Neuberg, Sur la cycloïde, Bulletin des sciences mathématiques et astronomiques, Deuxième série, tome VI, Bibliothèque de l’École des hautes études, Paris, 1882)

NotesModifier

Pour parler de femmes, on pourra utiliser la locution mettre au monde ; pour les femelles animales, mettre bas.

DérivésModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

RéférencesModifier