Voir aussi : ES, Es, es, és, ës, ēs, , E’s, e’s, êş, -es, -és, -ès, -ês, -es-, .es

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(1050) Du moyen français es, lui-même venant de l’ancien français es. Mot construit à partir de la contraction de en et les, courante au Moyen Âge.

Préposition Modifier

ès \ɛs\ ou \ɛ\

  1. (Vieilli) (Normandie) (Lorraine) Dans les; en les, aux (il s'agit originellement de la contraction de en et de les).
    • Je veux mourir ès amoureux combats,
      Soûlant l’amour, qu’au sang je porte enclose,
      Toute une nuit au milieu de tes bras.
      — (Pierre de Ronsard, Je veux mourir pour tes beautés, Maîtresse)
    • Seulement, par un entêtement qui gâte sa belle action, cet homme ne voulut jamais m'apprendre à siffler avant que je lui eusse versé ès mains quelques pistoles que je pris dans votre bourse. — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, collection « Le Livre populaire » no 31, 1907)
    • L’obligation fut ensuite imposée de le porter « en la ville de Nancy et non autre part, ès mains du receveur général de Lorraine ». — (Pierre Boyé, Les Hautes-Chaumes des Vosges, Rencontres transvosgiennes, 2019, ISBN 978-2-9568226-0-8)
  2. (Éducation) En matière de.
    • Entré comme pion à vingt ans dans une institution quelconque, afin de pouvoir pousser ses études jusqu'à la licence ès lettres d'abord, et jusqu'au doctorat ensuite, […]. — (Guy de Maupassant, La Question du Latin, dans Le Gaulois du 2 septembre 1886)
    • Ici, une vitrine protégeant des vieilles monnaies. Là, un tiroir plein d’instruments en silex. […] C’était assurément un étudiant ès divers. — (Conan Doyle, Archives sur Sherlock Holmes, Les trois Garrideb, page 213, traduit par Evelyn Colomb, 1956, Robert Laffont)
    • (Par plaisanterie)À quarante ans, après une carrière de call-girl ès Sado appréciée des amateurs pour ses séances de mère fouettarde, elle avait monté sa petite et néanmoins prospère entreprise. — (Robert Morcet, Clonage, Éditions Vauvenargues (collection : Le Celte), 2005, chap. 13)

Apparentés étymologiquesModifier

NotesModifier

  • Cette préposition ne s’emploie plus que dans certaines locutions composées et seulement devant des noms au pluriel, surtout dans les grades universitaires.
  • Le sens ancien de dans ou de en, s'est maintenu dans la toponymie : Riom-ès-Montagnes, Saint-Pierre-es-Champs, Méry-ès-Bois, Manneville-ès-Plains, Saint-Riquier-ès-Plains, Gueutteville-ès-Plains (aujourd'hui Gueutteville-les-Grès), Ingouville-ès-Plains (aujourd'hui Ingouville), etc.
  • On dit aussi ès Aix, le nom de la ville d'Aix-en-Provence provenant d'un pluriel latin.

TraductionsModifier

PrononciationModifier


HomophonesModifier

AnagrammesModifier

RéférencesModifier

Créole sainte-lucienModifier

 

ÉtymologieModifier

Du français est-ce que.

Particule Modifier

ès \Prononciation ?\

  1. Est-ce que.

Flamand orientalModifier

ÉtymologieModifier

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Forme de verbe Modifier

ès \Prononciation ?\

  1. (Gantois) (Sens incertain) ….

RéférencesModifier

  • Mathilde Jansen, Nicoline van der Sijs, Fieke van der Gucht, Johan De Caluwe, Atlas van de Nederlandse Taal, Lannoo, 2017, page 141

Moyen françaisModifier

ÉtymologieModifier

Contraction d’en les.

Préposition Modifier

ès \ɛs\

  1. Orthographe modernisée de es (« dans, en »).
    • L’Entrée de Anthoine de Leive ès terres du Bresil. — (François Rabelais, Pantagruel, chapitre 7)
      L’entrée d’Anthoine de Leive dans les terres du Brésil.

OccitanModifier

 

Forme de verbe Modifier

ès \ˈɛs\ (graphie normalisée)

  1. Deuxième personne du singulier du présent de l’indicatif de èsser/ èstre.

VariantesModifier

  • sès (forme renforcée)
  • siás (forme du subjonctif, utilisée à l’indicatif dans de nombreux parlers)

RéférencesModifier

  • (fr) Pierre Bec, Manuel pratique d’occitan moderne, Ed. Picard, 1973
  • Patrici Pojada, Los vèrbs conjugats - Memento verbal de l’occitan, 4ème éd., IEO, 2009