pénétrer

Voir aussi : penetrer

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(1314) Du latin penetrare.

Verbe Modifier

pénétrer \pe.ne.tʁe\ transitif et intransitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se pénétrer)

  1. Passer à travers ; entrer fort avant.
    • Les vagues brisent à bord et submergent constamment le pont qui, mal calfaté à New-York, laisse pénétrer l’eau dans la cabine. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil ; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Un jour pourtant, il revint tout heureux. Il avait trouvé une entremetteuse qui l’introduirait auprès de sa bien-aimée. Il se déguiserait en femme, et pénétrerait ainsi dans le harem. — (Out-el-Kouloub, Nazira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
    • Il regardait au bas de la falaise la Morava tenter avec peine de faire pénétrer ses eaux vertes dans les flots boueux du Danube. — (Vercors, La marche à l'étoile, éditions de Minuit, 1943, éd. 1946, page 20)
    • De l’œuf sort une larve nageante, le miracidium, qui pénètre dans un mollusque gastéropode d’eau douce. — (Claude Combes, Annie Fournier, Xia Mingyi, Les schistosomes, dans Pour la science, no 116, juin 1987, page 80)
    • La Banque, qui à l’origine s’appelait Banco, est l’un des plus anciens jeux de cartes pratiqués en France, avant d’envahir l’Europe. Comme son nom l’indique, il est d’origine italienne et il pénétra en France sous Charles VIII, à la suite de guerres d’Italie. — (Frans Gerver, Le guide marabout de tous les jeux de cartes, Verviers : Gérard & Co, 1966, page 45)
  2. (Figuré) Découvrir, parvenir à connaître, avoir une profonde connaissance de quelque chose.
    • Tous les esclaves des rois et des reines sont autant d'espions de leurs cœurs. On pénétra bientôt qu'Astarté était tendre, et que Moabdar était jaloux. — (Voltaire, Zadig ou la Destinée, VIII. La jalousie, 1748)
    • Quand Eugène fut parti, Félicité essaya de pénétrer le secret qu’on lui cachait. — (Émile Zola, La Fortune des Rougon, G. Charpentier, Paris, 1871, ch. III ; réédition 1879, p. 101)
    • Dieu pénètre le fond des cœurs, les pensées les plus secrètes.
  3. Découvrir ses secrètes pensées, ses desseins cachés de quelqu’un.
    • Cet homme a beau feindre, il n’est pas difficile à pénétrer. — Il ne se laisse pas facilement pénétrer.
    • Des éperviers, dorés eux aussi, m’escortaient un bout de chemin, tournaient sur ma tête très haut pour pénétrer mes intentions, et comme j’étais pur de tout dessein, ils m’abandonnaient. — (Colette, Le képi, Fayard, 1943 ; éd. Le Livre de Poche, 1968, page 71)
  4. (Sexualité) Pratiquer un coït sur ; commencer un rapport sexuel avec quelqu'un.
    • Dans les relations sexuelles, l’un doit pénétrer, l’autre se laisser pénétrer, être réceptif. Les sociétés brodent des figures diverses sur le thème : l’homme doit faire ses preuves (rites de passage divers), la femme attendre (ses règles, un mari, des enfants, la ménopause). — (Colette Chiland, Revue française de psychanalyse, 2005 → lire en ligne)
    • Et sa volupté particulière, quand elle appliquait son corps contre le sien et qu’elle se pliait pour qu’il la pénétrât. — (Charles-Louis Philippe, Bubu de Montparnasse, 1901, réédition Garnier-Flammarion, page 80)
    • Il la pénétrait bestialement, dans une hébétude sensuelle qui n'atteignait à la lucidité qu'à la minute où l'on voit, par une nuit d'été, la fusée d'un feu d'artifice fondre en un riche bouquet d'étoiles pâmées qui retombent au néant. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 58)
    • Ils avaient glissé sur la moquette, elle écartait ses cuisses en détachant ses pieds du sol, il se reculait un peu et la pénétrait tout droit sans la moindre difficulté, ce dont je n’étais plus à m’étonner. — (José Pierre, Qu’est-ce que Thérèse ?, Har/Po, 1985, page 42)
  5. (Figuré) Toucher profondément.
    • Les beautés de la religion le pénètrent, pénètrent son âme.
    • Sa douleur me pénètre le cœur.
    • Silvia.— Je suis pénétrée de vos bontés, mon père. Vous me défendez toute complaisance, et je vous obéirai. — (Marivaux, Le Jeu de l’amour et du hasard, 1730)
  6. (Intransitif) S’emploie comme verbe intransitif dans la plupart de ses acceptions.
    • Ces personnes ont craint, en pénétrant trop avant dans le système de l’homme, de voir disparaître ses plus brillantes attributions. — (Journal de médecine, chirurgie, pharmacie, etc., Vol. 35, 1816, page 376)
    • Dès qu’il fait beau, la moindre brise soulève une fine poussière basaltique qui noircit tous les objets et pénètre dans les habitations les mieux closes. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroé, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris :  éd. Plon & Cie, 1883, page 47)
    • Pénétrer dans la confiance de quelqu’un.
    • Il est difficile de pénétrer dans sa pensée.
    • Je n’ai pas voulu pénétrer dans ces mystères.
    • Pénétré de douleur.
    • Pénétré de l’amour de Dieu, des Vérités de la religion.
    • Je suis pénétré de cette vérité.
  7. (Pronominal) Remplir son esprit, son âme de quelque pensée, de quelque sentiment.
    • Il faut bien vous pénétrer de cette vérité.
    • Se pénétrer du sentiment de ses devoirs.
    • Lorsque la fille de Bordeaux, qui était mariée avec Armingaud le charron, se fut bien pénétrée de ce sentiment qu’ils allaient rester à bâiller là jusqu’à l’heure du déjeuner, elle ne put retenir sa colère. — (Charles-Louis Philippe, Dans la petite ville, 1910, réédition Plein Chant, page 166)

DérivésModifier

Vocabulaire apparenté par le sensModifier

pénétrer quelqu’un (sexe)

TraductionsModifier

PrononciationModifier

HomophonesModifier

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier