Français modifier

Étymologie modifier

(Verbe 1) Du latin populaire pedicus (« qui prend au piège »), du latin pedica (« piège »). Le terme acquiert un ensemble d’acceptions correspondant à « piéger, prendre » au cours du XIXe siècle.
(Verbe 2) Dénominal de pige (« mesure »), issu du précédent.

Verbe 1 modifier

piger \pi.ʒe\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Canada) Prendre, saisir.
    • Les municipalités qui abritent des sites historiques peuvent se réjouir, Ottawa devra piger dans ses poches pour leur offrir des indemnités justes et équitables. — (Le Devoir, Ottawa devra aider les villes ayant des sites historiques, 16 juin 2012)
  2. (Désuet) ou (Canada) Voler, détourner.
    • Vous ne voulez donc pas nous dire où vous pigez tant de monnaie ? — (Honoré de Balzac, Les Paysans, W. Gerhard, 1856, page 83)
    • En pigeant dans les réserves des fanatiques religieuses, ils étaient parvenus à rassembler des vivres dignes d'un réel festin. — (Éric St-Pierre, Rabaskabarnak, Québec Amérique, 2019, page 96.)
  3. (Désuet) (Argot) Attraper, dans le sens d’arrêter ou de contracter.
  4. (Désuet) (Argot) Obtenir.
    • Reçue douzième sur trente-sept ! cria-t-elle. Ça a gazé partout ! Neuf en anglais que j’ai pigé... Ah ! dis-donc, qu’est-ce que j’y ai mis dans l’œil au prof d’anglais... — (Marcel Aymé, nouvelle Bonne vie et mœurs, parue le 19 juillet 1933 dans Marianne, reprise en 1934 dans le recueil Le Nain, puis dans le tome II (page 69) des Œuvres romanesques complètes de Marcel Aymé, aux éditions Gallimard, dans la Bibliothèque de la Pléiade.)
  5. (Désuet) (Argot) Regarder.
    • Pige-moi cet horizon, si c’est bath ! — (Jules Romains, Les Copains, 1922, réédition Le Livre de Poche, page 104)
    • «Pige un peu le receveur des postes : la bobine que fait sa femme ! Je ne vois pas ton frère ? Tu ne sais pas s’il est là... ». — (Louis Aragon, Les beaux quartiers, Denoël, 1936, réédition Le cercle du bibliophile, I, XXV, page 168)
  6. (Canada) Tirer, choisir, au hasard.
    • Je n’ai vraiment pas pigé le bon numéro !
  7. (Europe) (Familier) Comprendre.
    • Vous ne savez pas ? On m’a promis que je vous reverrais — autrement qu’en tablier bleu !
      Non ! Adam, piges-tu ? Rose, devenue une
      madame et visitant l’école ! Bonvalot, tu dégotes ?… Si je fais ça, Bonvalot, enlève ta galoche et ne me rate pas ! — (Léon Frapié, La maternelle, Librairie Universelle, 1908)
    • Que ceux qui ne comprennent rien, expliquent à ceux qui pigent que dalle — (Frédéric Volovitch, Réguler, 2009)
    • Vincent avait éclaté de rire. Le rire s'était transformé en fou rire. Partagé avec ce nouvel ami. Décidément, ce mec pigeait bien. Il pigeait tout. Et à la vitesse « grand V » en plus. — (René Coppano, Il était une fois Marseille, La manufacture des livres, 2010)
    • Bien sûr, il n’y pige rien et comme il croit, dur comme fer, qu’on lui débite des cochoncetés, il voudrait bien saisir. — (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)

Synonymes modifier

Dérivés modifier

Traductions modifier

Verbe 2 modifier

piger \pi.ʒe\ 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Transitif) Mesurer avec une pige l’épaisseur, la profondeur, etc.
  2. (Œnologie) Faire un pigeage.
  3. (Intransitif) Faire des piges, travailler à la pige, être pigiste pour un journal, un éditeur.
    • Je pige pour un canard local, c’est payé à coups de lance-pierre !
    • C’est Sophie, une meuf de son âge qui pige pour Grazia, qui a prononcé le mot boulimie, devant elle, une première fois. Elles étaient ensemble en voyage de presse à Seattle […]. — (Viriginie Despentes, Vernon Subutex, tome 1, Grasset, Paris, 2015, ISBN 978-2-253-08766-3, page 177)
    • François connaissait ce cliché, il avait été pris par sa sœur, Hélène, qui pigeait pour le Journal. — (Pierre Lemaitre, Le Silence et la Colère, Calmann-Lévy, 2023)
  4. (Par extension) (Intransitif) Payer à la ligne les piges des journalistes.
    • Le métier est fichu. Plus moyen de trouver une tribune où l’on puisse s’exprimer librement… Alors quoi ! De basses besognes, de la copie à tant la ligne, parcimonieusement pigée, des échos sans saveur dont la plupart jonchent le fond des paniers. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, pages 10-11)
    • Lors des inondations de 47 on lui a pigé 500 lires, et pour la visite du Cardinal encore 150. — (Dino Buzzati, La Grosse Couleuvre, dans le recueil L’Écroulement de la Baliverna, 1958 ; traduit de l’italien par Michel Breitman, 1960, page 88)
    • J’ai encore « pigé » pour plusieurs autres magazines. — (Jean-Claude Zylberstein, Souvenirs d’un chasseur de trésors littéraires, Allary Éditions, 2018, page 129)

Traductions modifier

Prononciation modifier

Anagrammes modifier

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Références modifier

Danois modifier

Forme de nom commun modifier

Commun Singulier Pluriel
Indéfini pige piger
Défini pigen pigerne

piger \Prononciation ?\ commun

  1. Pluriel indéfini de pige.

Latin modifier

Étymologie modifier

Apparenté à piget.

Adjectif modifier

Cas Singulier Pluriel
Masculin Féminin Neutre Masculin Féminin Neutre
Nominatif piger pigra pigrum pigri pigrae pigra
Vocatif piger pigra pigrum pigri pigrae pigra
Accusatif pigrum pigram pigrum pigros pigras pigra
Génitif pigri pigrae pigri pigrorum pigrarum pigrorum
Datif pigro pigrae pigro pigris pigris pigris
Ablatif pigro pigra pigro pigris pigris pigris

piger \ˈpi.ɡeɾ\ (comparatif : pigrior, superlatif : pigerrimus ou pigrissimus)

  1. Paresseux.
    • gens pigerrima ad militaria opera — (Live, 21. 25. 6)
      peuplade qui répugne par-dessus tout à l'exécution de travaux militaires
  2. Qui répugne à.
  3. (Sens figuré) Inerte, dormant, engourdi.

Antonymes modifier

Dérivés modifier

Références modifier

  • « piger », dans Félix GaffiotDictionnaire latin français, Hachette, 1934 (page 1179)