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FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(XIIe siècle) avec le sens de « saisir d’amour » ; d’un radical expressif pints [1] que l’on retrouve dans l’espagnol pinchar (« piquer ») ou l’italien pinzare (« piquer en parlant d’un insecte »), lequel radical est issu [2], par nasalisation du radical pic (« pointu ») que l’on retrouve dans le néerlandais pitsen, l’allemand pfitsen, l’espagnol pizcar, le valaque pitziga.

Verbe Modifier

pincer \pɛ̃.se\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Serrer fortement avec une pince, avec des tenailles ou autres instruments semblables.
    • Pincez bien cette barre de fer pour la mettre au feu. — Vos tenailles sont faussées, elles ne pincent plus.
  2. Serrer fortement avec un objet, conçu comme une pince.
    1. Des doigts :
      Pincer quelqu’un fortement.
    2. Un bec.
      Ce perroquet lui a pincé le doigt avec son bec.
    3. Une porte.
      Cette porte m’a pincé les doigts.
  3. Rapprocher en serrant fortement.
  4. Causer une douleur, produire une sensation vive et désagréable.
    • Un froid qui pince.
  5. (Figuré) Surprendre, saisir, prendre sur le fait.
    • […] car ils n’étaient venus, loin de leur brigade, s’aposter en cet endroit que pour en pincer un autre, le surnommé Souris, […]. — (Louis Pergaud, L’Évasion de Kinkin, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Vivier. Vieux sénateur. Vieux cochon. Bon républicain. S'est fait pincer vingt fois dans un édicule municipal en posture d'exhibitionniste. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 184)
    • Oh ! mais avant tout, j’ai le plaisir de t’annoncer une bonne nouvelle ; j’ai pincé ma femme, cette nuit, en flagrant délit d’adultère. — (Georges Feydeau, Monsieur chasse !, 1892, acte III, scène 6)
    • Elle fit de fausses sorties, elle rentra plus tôt qu’elle ne l’eût dû pour les surprendre ; elle rentra plus tard pour leur donner confiance par la suite. Jamais elle ne les pinça. N’importe, un jour ou l’autre elle les pincerait. — (Charles-Louis Philippe, Dans la petite ville, 1910, réédition Plein Chant, page 107)
    • (Familier) Quelque jour il se fera pincer.
    • « Monsieur Bonnicar, voilà vos petits pâtés !… » dit tout à coup une voix près de lui. Et le bonhomme, en levant la tête, fut bien étonné de voir le petit garçon de chez Sureau, qui s’était fait pincer avec les pupilles de la République. — (Alphonse Daudet, Les petits pâtés, dans Contes du lundi, 1873, Fasquelle, collection Le Livre de Poche, 1974, page 143.)
    1. (Familier) Être puni de quelque imprudence qu’on a faite.
      Il a voulu jouer gros jeu, il s’est fait pincer, il a été pincé.
      Il a fait des spéculations de Bourse et il y a été pincé.
  6. (Figuré) & (Familier) Être amoureux, aimer.
    • J’ai une histoire de cœur, une maîtresse qui m’avait beaucoup pincé, très ému, une charmante petite femme […] — (Guy de Maupassant , Les Tombales, dans La maison Tellier, 1891, collection Le Livre de Poche, page 61.)
    • « Prenez garde à l’amour ; il est en train de vous pincer, et j’ai le devoir de vous prévenir comme on prévient, en Russie, un passant dont le nez gèle. » — (Guy de Maupassant , Au printemps, dans La maison Tellier, 1891, collection Le Livre de Poche, page 210.)
    • Peut-être qu’avant le mariage il pinçait déjà en cachette la Julie. Alors tout ce manège, toute cette comédie, ne visait qu’à lui faire endosser, à lui le patron bonne poire, la paternité du moutard. — (Louis Pergaud, La Vengeance du père Jourgeot, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
  7. (Musique) Faire vibrer les cordes d’un instrument en les serrant et les tirant avec les doigts.
    • Tous les soirs, Rousseau venait pincer de la guitare sous sa fenêtre, et le roi, qui était jaloux, le guettait souvent, et a fini par le faire mourir. — (Gérard de Nerval, Les Filles du feu, Angélique, 1854)
    • A droite du piano, le violoncelliste émergeait de la fosse, la tête appuyée contre la crosse de son instrument dont il pinçait les cordes en regardant fixement devant lui. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
  8. (Agriculture) Couper avec le bout des doigts ou avec l’ongle les bourgeons ou l’extrémité des jeunes branches d’un arbre à fruit, pour empêcher qu’il ne pousse trop.
    • Pincer les petits bourgeons d’un arbre.
  9. (Équitation) Approcher l’éperon du flanc du cheval, sans donner de coup ni appuyer.
    • Pincer du droit, du gauche.
    • Pincer des deux.
  10. (Marine) Aller au plus près du vent.
    • Pincer le vent.
  11. (Cuisine) Faire rissoler fortement.
  12. (Cuisine) Utiliser le pince-pâte sur les bords d’une tarte.
  13. (Argot policier) Mettre les menottes[1].

SynonymesModifier

Acte de justice (5)
→ voir arrêter.

DérivésModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

AnagrammesModifier

RéférencesModifier

  • http://www.pdfarchive.info/pdf/P/Pe/Petit_lexique_de_vocabulaire_des_forces_de_securite_francaise.pdf