Français modifier

Étymologie modifier

Du latin vulgaris, de vulgus, « foule, commun des hommes », « multitude ».

Adjectif modifier

Singulier Pluriel
Masculin
et féminin
vulgaire vulgaires
\vyl.ɡɛʁ\

vulgaire \vyl.ɡɛʁ\ masculin et féminin identiques

  1. (Désuet) Qui concerne le peuple, le quidam, le personnage quelconque.
  2. (Vieilli) Qui est commun, qui est reçu communément.
    • Préjugé vulgaire.
    • Croyance vulgaire.
    • Opinion vulgaire.
    • Le costume est, d’ailleurs, si exactement colorié dans une foule d’estampes, qu’il est trop vulgaire pour être décrit. — (Honoré de Balzac, L'Auberge rouge, 1831)
    • [Quand] un commissionnaire reçoit de Bordeaux 500 caisses de Château-Laffitte, il en vend la moitié à 40 % de bénéfice, ce qui est vulgaire dans l’Inde, où la plupart des articles doublent de valeur. — (Louis Jacolliot, Voyage au pays des éléphants (1876))
  3. (En particulier) (Linguistique) (Didactique) Ce que le peuple parle à l’époque considérée.
    • Les traductions de la Bible en langue vulgaire.
    • Quelles boules ! dit Bixiou à du Bruel, quelle belle caricature si on les dessinait sous forme de raies, de dorades, et de claquarts (nom vulgaire d’un coquillage) dansant une sarabande ! — (Honoré de Balzac, Les Employés, édition définitive)
    • De langue vulgaire, le français est passé, à la Renaissance, à langue dont on prend la défense et dont on fait l'illustration. — (Anne-Marie Beaudouin-Bégin, La langue affranchie, se raccommoder avec l’évolution linguistique, Québec, Éditions Somme toute, 2017, page 50)
  4. (Vieilli) Qui est trivial, commun, voire quelconque. — Note : S’emploie encore aujourd’hui mais le plus souvent devant le nom qu’il qualifie.
    • Le président du FMI qui trempe son biscuit comme un vulgaire VRP de province, ça fait de la peine ! — (Stéphane Guillon, « DSK. Quelle déception », dans On m'a demandé de vous calmer, éd. Stock/France Inter, 2009)
    • Un vulgaire coquelicot. De vulgaires sentiments.
    • Des sentiments, des manières vulgaires. (Désuet)
    • Une âme, un esprit vulgaire. (Désuet)
  5. Qui a un comportement, un langage sans délicatesse, sans éducation, grossier ou qui fait preuve d’une grande grossièreté.
    • Des manières vulgaires.
    • Une expression vulgaire.
    • Un homme vulgaire.

Dérivés modifier

Apparentés étymologiques modifier

Synonymes modifier

(Linguistique)
Grossier

Antonymes modifier

(Linguistique)

Hyponymes modifier

→ voir Catégorie:Langage vulgaire

Traductions modifier

Traductions à trier modifier

Nom commun modifier

Singulier Pluriel
vulgaire vulgaires
\vyl.ɡɛʁ\

vulgaire \vyl.ɡɛʁ\ masculin

  1. (Vieilli) (Au singulier) Le peuple ; le commun des hommes.
    • Gardez-vous donc bien d’imiter le vulgaire, qui met la Fortune au nombre des dieux ; la bizarrerie de sa conduite l’éloigne entièrement du caractère de la divinité, […]. — (Épicure, Lettre à Ménécée, Traduction par Jacques Georges Chauffepié (1840))
    • Que diront les républicains en nous voyant traiter avec légèreté les choses les plus sacrées ? Et n’est-ce pas quand le flot de tout le vulgaire d’une nation vient attaquer les choses saintes que chaque être, selon sa position, doit avoir du courage et faire strictement son devoir ? — (Stendhal, Lucien Leuwen, 1834)
    • Quel est l’homme qui ne voudrait, même au prix de la moitié de ses jours, voir son rêve, son vrai rêve poser sans voile devant lui, et le fantôme adoré de son imagination faire tomber un à un tous les vêtements destinés à protéger contre les yeux du vulgaire ? — (Charles Baudelaire, La Fanfarlo, 1847 ; réédition Gallimard, collection Folio, 2012, page 64)
    • La jouissance avait engendré chez lui ce contentement savoureux, cette rêverie sensuelle, qui vaut peut-être mieux que l’amour comme l’entend le vulgaire. — (Charles Baudelaire, La Fanfarlo, 1847 ; réédition Gallimard, collection Folio, 2012, page 67)
    • Ce fait est même tellement général, qu’il a été de tout temps pour le vulgaire une des grandes lois de la nature. — (Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, Les Métamorphoses et la généagénèse, Revue des deux Mondes, 2e période, tome 3, 1856, pages 496-519)
    • Ce petit monstre moderne qu’Olivier nommait le vulgaire, qui lui faisait une si grande horreur, et qui le conduisit vous savez où, je le connaissais, tout comme lui, sous un autre nom. Il habitait aussi bien la région des idées que le monde inférieur des faits. Il avait été le génie malfaisant de tous les temps, il était la plaie du nôtre. — (Eugène Fromentin, Dominique, L. Hachette et Cie, 1863, réédition Gründ, page 212)
    • Toutes les drogues, tous les remèdes que je vous ordonnerai ne feront rien, si vous ne commencez pas par vivre de la vie simple du vulgaire. — (Hector Malot, Un mariage sous le Second Empire, 1873)
  2. (Désuet) Langue vulgaire (par opposition à langue savante).
    • À ce propos je ne puis assez blâmer la sotte arrogance et témérité d’aucuns de notre nation, qui, n’étant rien moins que Grecs ou Latins, déprisent et rejettent d’un sourcil plus que stoïque toutes choses écrites en français, et ne me puis assez émerveiller de l’étrange opinion d’aucuns savants, qui pensent que notre vulgaire soit incapable de toutes bonnes lettres et érudition, comme si une invention, pour le langage seulement, devait être jugée bonne ou mauvaise. — (Joachim du Bellay, Défense et illustration de la langue française, Livre I, chapitre I)
    • Je n’estime pourtant notre vulgaire, tel qu’il est maintenant, être si vil et abject, comme le font ces ambitieux admirateurs des langues grecque et latine, qui ne penseraient, et fussent-ils la même Pithô, déesse de persuasion, pouvoir rien dire de bon, si n’était en langage étranger et non entendu du vulgaire. — (Joachim du Bellay, Défense et illustration de la langue française, Livre I, chapitre IV)
Note : Noter dans ce dernier exemple de Joachim du Bellay, le double emploi de vulgaire avec ses deux sens.

Synonymes modifier

Quasi-synonymes modifier

Prononciation modifier

Références modifier