Ouvrir le menu principal

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(XIIIe siècle) De l’ancien occitan biais (« direction oblique, détour »), peut-être du latin *biaxius[1] (« qui a deux axes ») ou du latin bifax[2] selon Littré qui explique : « Diez le tire de bifax, qui est dans Isidore avec cette signification : duos habens obtutus, c'est-à-dire « ayant un double regard, louche », comme l’espagnol bis-ojo (es), « qui a deux yeux, louche ». De là au sens d’oblique on voit sans peine le passage. La suppression de l’f ne fait pas obstacle : car on en a des exemples dans le provençal refusar et reusar, le français refuser et reüser, et encore dans le provençal preon de profundus. Bifax n'est pas isolé dans la basse latinité ; on y trouve befax, bifacius, bifacies. Ce mot est un adjectif ; et biais l’est aussi. ».

Adjectif Modifier

Singulier Pluriel
Masculin biais
\bjɛ\
Féminin biaise
\bjɛz\
biaises
\bjɛz\

biais \bjɛ\

  1. Qui est de biais, oblique.

DérivésModifier

TraductionsModifier

Nom commun Modifier

Invariable
biais
\bjɛ\

biais \bjɛ\ masculin

  1. Obliquité, ligne ou sens oblique.
    • Ce mur présente un biais. Cette allée a un biais.
    • Le mauvais goût et une fausseté de jugement, un biais naturel dans les idées. — (François René Chateaubriand, Génie, III, IV, 5.)
    • Sans cet art, mon âme se pliant avec peine à des biais chimériques, l’illusion ne serait que momentanée. — (Denis Diderot, Éloge de Richardson.)
  2. Tournure, inclinaison, côté, aspect, point de vue, face sous lequel une chose se présente.
    • Mais de ce que les choses ont diverses qualités, l'âme plusieurs biais et inclinations, l'homme classique n'en sent que davantage la nécessité de ne point se livrer aux ténèbres de la conscience intérieure. — (Massis, Jugements, t. 2, 1924, p. 49)
    • Pour s'accoutumer à regarder de ce biais toutes les choses. — (René Descartes, Méth. 3.)
    • Vous me défendez mieux que je ne saurais faire
      Et du biais qu’il faut vous prenez cette affaire.
      — (Molière, Sgan. 21.)
    • Voyons, voyons un peu par quel biais, de quel air. — (Molière, Mis. IV, 3.)
    • Il n’y a point d’esprit faux dont on n’eût tiré des talents utiles en le prenant d’un certain biais, comme ces figures difformes et monstrueuses qu’on rend belles et bien proportionnées en les mettant à leur point de vue. — (Jean-Jacques Rousseau, Julie ou la Nouvelle Héloïse, 1761, cinquième partie, Lettre III à milord Edouard)
  3. Moyen de résoudre un problème ; issue ; tournure.
    • C'est à partir du XVIe siècle, par le biais des contacts avec les Européens au moment du commerce triangulaire, que les boissons distillées furent introduites en Afrique. Le gin et les autres boissons alcoolisées constituaient un mode de paiement pour les esclaves africains ([…]). — (Catherine Fourgeau & Johanna Maula, « Producteurs et productrices d'alcool de palme (Sobadi) dans le sud-est du Bénin », dans Les Cahiers d'outre-mer, vol. 51, n° 202, 1998, p. 212)
    • En quoi leur vécu stylisé et codé par les normes du genre opératique, leurs émotions transmises par le biais de lois musicales et scéniques, ont-ils le pouvoir de concerner non seulement les générations passées mais aussi celles de demain ? — (Aurore Rivals, « La construction de livrets », dans Les opéras de Peter Eötvös entre Orient et Occident, publié par Márta Grabócz, éd. Archives contemporaines, 2012, p. 36)
    • Chercher, inventer, trouver un biais.
    • Une situation sans biais.
    • Vous avez pris le bon biais pour toucher son cœur. — (Molière, Bourg. III.)
    • Par quel biais le remettre sur la bonne voie ? Ni menaces, ni gronderies n'ont réussi. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • J'ai donc cherché longtemps un biais de vous donner
      La beauté que les ans ne peuvent moissonner.
      — (Molière, F. sav. III, 6.)
  4. (Occitanie) Adresse, habileté, savoir-faire, don.
    • Il n'a pas de biais, il n'est pas doué, pas manuel, il est malhabile.
  5. (Métrologie) Défaut de mesure, d'échantillonnage, d'évaluation, induisant une valeur erronée.
    • L'exploitant doit fournir la preuve que les échantillons obtenus sont représentatifs et exempts de biais. — (Arrêté du 31/03/2008, relatif à la vérification et à la quantification des émissions déclarées dans le cadre du système d'échanges de quotas d'émission de GES pour la période 2008-2012; France)
    • Une approche alternative consisterait plutôt à utiliser une clé de répartition fixe […]. Mais cette méthode présente un autre risque de biais. — (INSEE, Partage de la valeur ajoutée, partage des profits et écarts de rémunérations en France, mai 2009)
    • Si ces dernières décennies nous ont habitués aux sondages dans la vie politique, on connaît leur principal biais : le sondeur impose toujours sa question. — (Mais où va le Web ?, Rencontre avec Baptiste Kotras, auteur de « La voix du web », 3 octobre 2018 → lire en ligne)
  6. (Couture) Diagonale par rapport au droit-fil du tissu.
    • Rocambole (…) avait le bras libre, il enfonça son poignard dans le sac, et la toile, dont il trouva heureusement le biais, se fendit d'un bout à l'autre, et lui permit d'étendre d'abord les bras, puis de dégager ses jambes. — (Ponson du Terrail, Rocambole, t. 3, Le Club des valets de cœur, 1859, p. 481)
    1. Bande de tissu taillée dont les fils sont en diagonale par rapport au droit-fil.
      • Poser un biais sur un bord.
      • Au chef-lieu, il se perdait, car il déjouait toute surveillance. Il se perdit ici et là, dans la cathédrale, dans la tour de l’horloge, et notamment dans une grande épicerie, durant qu’on emballait le pain de sucre drapé d’un biais de papier indigo [...] — (Colette, Sido, 1930, Fayard, page 90.)
  7. (Statistiques) Écart entre la vraie valeur d’une variable inobservable et la valeur estimée statistiquement.

SynonymesModifier

TraductionsModifier

Traductions à trierModifier

PrononciationModifier

AnagrammesModifier

Voir aussiModifier

  • biais sur l’encyclopédie Wikipédia  

RéférencesModifier

Ancien occitanModifier

ÉtymologieModifier

Du latin bifax.

Nom commun Modifier

biais masculin

  1. Biais, détour.

RéférencesModifier

  • François RaynouardLexique roman ou Dictionnaire de la langue des troubadours, comparée avec les autres langues de l’Europe latine, 1838–1844

OccitanModifier

ÉtymologieModifier

Du latin bifax.

Nom commun Modifier

biais (graphie normalisée) \bjajs\ masculin

  1. Biais.
  2. Manière, façon.
  3. Habileté, tour de main, savoir-faire.
  4. Direction indiquée par le berger à son troupeau pour la pâture.

DérivésModifier

SynonymesModifier

PrononciationModifier

RéférencesModifier