FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(Verbe 1) Faisait redonier dans les gloses de Raschi, rodné puis rooignier en ancien français, du latin populaire *retundiare, ou *rotundiare (« couper en rond »), dérivé de rotundus (« rond »).
(Verbe 2) De l’onomatopée *ron- qui exprime le grognement → voir ronronner et rugir.

Verbe 1 Modifier

rogner \ʁɔ.ɲe\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se rogner)

  1. Retrancher, ôter quelque chose sur les extrémités, sur les bords d’une étoffe, d’un cuir, d’un morceau de bois, etc.
    • […] que Dieu permettait bien aux Juifs de se marier avec leurs captives et de changer des Moabites en filles de Sion, pourvu qu'ils leur rognassent les ongles, qu'ils leur rasassent les cheveux, et qu'ils pratiquassent à leur égard diverses purifications : […]. — (Pierre Bayle, Pensées diverses sur la comète, 1682, éd. E. Cornély et cie, tome 1, 1911, p. 223)
    • Rogner un bâton, les bords d’un chapeau, la marge d’un livre, les ongles à un chat, les ailes à un oiseau.
    • Rogner en pince la corne du pied d’un cheval.
    • Il n’en faut pas tant rogner.
    1. (En particulier) (Infographie) Découper les bords d'une image.
    2. (En particulier) (Numismatique) Découper les bords une pièce de monnaie pour récupérer du métal précieux.
  2. (Figuré) (Familier) Retrancher, ôter à quelqu’un ou à quelque chose une partie de ce qui lui appartient, de ce qui lui revient.
    • Les explications de l’huissier étaient claires et précises : Adélaïde avait, il est vrai, épousé Rougon sous le régime de la communauté ; mais toute la fortune consistant en biens-fonds, la jeune femme, selon la loi, était rentrée en possession de cette fortune, à la mort de son mari ; d’un autre côté, Macquart et Adélaïde avaient reconnu leurs enfants qui dès lors devaient hériter de leur mère. Comme unique consolation, Pierre apprit que le Code rognait la part des bâtards au profit des enfants légitimes. — (Émile Zola, La Fortune des Rougon, G. Charpentier, Paris, 1871, ch. II ; réédition 1879, p. 63-64)
    • Parfois, c’est le pouvoir adjudicateur de lui-même qui retarde la notification dans l’optique de ne pas rogner sur la durée du contrat, qui ne peut être exécuté tant que les mesures de confinement ne sont pas levées. — (source à préciser)
    • On lui a rogné ses revenus, ses appointements.

DérivésModifier

TraductionsModifier

Traductions à trierModifier

Verbe 2Modifier

rogner \ʁɔ.ɲe\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Populaire) Être de mauvaise humeur.
    • C’est un homme qui rogne du matin au soir.

SynonymesModifier

DérivésModifier

PrononciationModifier

AnagrammesModifier

RéférencesModifier