Voir aussi : monstré

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(1694) Du latin monstrum (« avertissement céleste, prodige »). [1].
Note : Le terme vient Du latin monstrare, montrer, indiquer, rattaché au latin monere, avertir, lequel n’est pas forcément péjoratif. L’écart avec la norme est à double sens, la frontière s’efface entre les monstres et les merveilles.

Apparentés étymologiquesModifier

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
monstre monstres
\mɔ̃stʁ\

monstre \mɔ̃stʁ\ masculin (pour une femme ou une femelle on dit : monstresse)

  1. (En parlant d’une personne) Qui a une singularité remarquable. → voir monstre de foire
    • Les rois sont dans l’ordre moral ce que sont les monstres dans l’ordre physique. L’histoire de rois est le martyrologe des nations. — (Henri Grégoire, Séance de la Convention du 22 septembre 1792)
    1. (Anatomie) Individu difforme.
      • le monstre ne paraissait donc avoir que trois bras , deux bien conformes et placés en leur lieu naturel, et un troisième lacé entre les deux corps; — (Dictionnaire des sciences médicales, Panckoucke, 1819, page 163)
    2. (Péjoratif) Personne d’aspect effrayant.
      • Là-bas, au fond du couloir, devant le lavabo, ma maman disparaît pour laisser place à un monstre affreux. Un monstre avec une figure toute verte. — (Sophie LOUBIÈRE, Le monstre dans la salle de bains, Univers Poche, 2012)
      • Gem Lé moch’
        Les monstres qu’ont pas b’soin d’antivol.
        — (Stupeflip, Gem lé moch sur l’album The Hypnoflip Invasion, 2011)
    3. (Mélioratif) Personne charmante.
      • « Quel joli monstre ! » s’écria ma mère. « Quel charme ! » murmura mon père. Ils étaient ravis. — (Simone Leroux, ‎Roger Paré, Gracieux le monstre, Éditions La courte échelle, 2002)
    4. (Figuré) Personne cruelle et dénaturée.
      • Byron faisait souffrir les autres, il les méprisait, c'était un monstre qui ne vivait que pour lui-même. — (Masaki Yamada, Ada, Actes Sud Littérature, 2014)
      1. (Sous la forme : un monstre de) Précise la nature du défaut ou du vice.
        • Ce vieillard est un monstre d'avarice. — (Dictionnaire universel françois & latin, Volume 2, Ganeau, 1704)
    5. (Par hyperbole) Personnalité remarquable par son talent. → voir monstre sacré
      • Un Spinosa, ce monstre, qui après avoir embrassé différentes religions, finit par n'en avoir aucune, n'était pas empressé de chercher quelque impie […] — (Démonstrations évangéliques, tr., reproduites intégralement, annotées et publ. par L. Migne, Volume 8, 1843, page 241)
      1. (Affublé d’un adjectif donnant un caractère péjoratif ou mélioratif)
        • Parmi ceux qui contribuèrent à créer ce monstre frankensteinnien que fut le gangster Crowley, […] — (Jean-Noël Blanc, Polarville : Images de la ville dans le roman policier, FeniXX, 1990)
        • Le petit monstre était le surnom qu'un instituteur de l'école primaire donna gentiment à « Ella Keane ». — (Sue Nudosa, Le petit monstre, Le Lys Bleu Éditions, 2018)
      2. (Sous la forme : un monstre de) Précise le domaine dans lequel s’exerce le talent.
        • Le monstre de travail que je suis pourrait imposer son style en l'espace de quelques temps […] — (Ferhat Rehane, Mon monstre, Editions Eyrolles, 2010, page 67)
  2. (En parlant d’une créature imaginaire) (Figuré) Être légendaire affublé d’un pouvoir psychologique.
    • […] et le Démon profite de cette accalmie pour entrer en scène.
      Il lui apparaît sous des formes belliqueuses de monstres, casse tout, fuit, en s’effumant dans des buées puantes ; […].
      — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
    1. (Par analogie) Animal de grande taille. → voir monstre marin et monstre du Loch Ness
      • Le monstre plongea comme la première fois ; mais on eut le temps d’allonger plusieurs lignes les unes au bout des autres, et lorsqu’il reparut , il ne nageait plus qu’avec peine. — (Armand Dubarry, Le roman d'un baleinier, Didier & cie, 1878, page 162)
    2. (Mythologie) (Légendes) Créature que le héros doit combattre.
      • « Kevin contre la GroKo », cela pourrait être le titre d'une épopée enfantine et chevaleresque où un jeune héros finit par terrasser le monstre et réveiller la belle princesse endormie. Mais c'est bien autre chose. — (Thomas Schnee, Kevin contre la GroKo, dans Marianne, n° 1092 du 16 au 22 février 2018, page 44)
    3. (Par hyperbole) Ce qui est extrêmement laid.
      • Quand les temps sont durs et que la souffrance risque de dépasser ses forces de résistance, le paysan ira rendre visite au génie protecteur du village, petit monstre hilare ou grimaçant et barbouillera prudemment ses lèvres gourmandes des restes d’un pot d’opium ? […]. — (Albert Gervais, Æsculape dans la Chine en révolte, Gallimard, 1953, page 20)
  3. (En parlant d’une chose) (Allégorie) Objet ou situation inhabituelle, qui sort de l’ordinaire.
    • Ce n'est pas qu'il n'ait pu exister quelque monstre extraordinaire ; l'histoire rapporte des exemples de ce genre qu'on ne — (M. FAILLON, Monuments inédits sur l’apostolat de S.Marie Magdaleine en Provence, Migne, 1859, page 507)
    1. Figuration dramatique liée à cette chose.
      • Soudain, le monstre de la guillotine nous regarda avec ses deux poteaux noirs et le couperet suspendu. — (Ivan Tourgueniev, L'Exécution de Troppmann, avril 1870, traduction française de Isaac Pavlovsky, publiée dans ses Souvenirs sur Tourguéneff, Savine, 1887)
      • Une féroce grimace se peignit sur ses traits et il s'élança vers le monstre en compagnie de ses guerriers. Il trancha la première liane sans même s'arrêter et l'appendice végétal mourut dans une pluie de feuilles desséchées. — (Richard Ford, Le Seigneur des cendres : Havrefer, tome 3, Bragelonne, 2017)
    2. Objet de proportions hors norme.
      • On croit que la ville garantit l'histoire parce que, à l'échelle d'un homme, elle fait figure de monstre. — (Frédéric Jaccaud, Monstre [une enfance], Calmann-Lévy, 2010)
      1. (Sport mécanique) Machine puissante, généralement bruyante.
      2. (Familier) (En apposition) Un être ou une chose énorme, extraordinaire.
        • […] transformé en une immense cuisine d'où venait de sortir le dîner monstre que le prince royal offrait à ses compagnons d'armes. — (Adrien Pascal, Vie militaire, politique et privée de son altesse royale Mgr. le Duc d'Orléans, Dumont, 1842, page 54)
      3. Création défiant l’imagination.
        • Sutherland a-t-il donc créé de toutes pièces ces monstres végétaux ? […] avec d’autres monstres qui ne sont ni végétaux, ni animaux, encore moins humains […] — (Marcel Brion, Art fantastique, A. Michel,, 1961, page 25)
    3. Artefact innovant.
      • De l’état d’incubation, le contrat passait à l'état d'éclosion, et l'être nouveau était déjà un monstre formidable, la démocratie. — (Eugène Roquette, De la Monarchie et de la république, Volume 8, Lambert de La Douasnerie, 1875, page 148)
      1. (Arts) Le modèle type d’une machine, d’un dispositif.
        • En neuf années, dont trois d'essais en soufflerie supersonique, les ingénieurs de North American réussissent à mettre au point le monstre dont deux exemplaires sont construits. — (Jean-Pierre Pharabod, AVNI : Les armes volantes non identifiées, 2000)
      2. (Vieilli) Un premier projet, une ébauche non définitive.
        • Avant de vous mettre à la rédaction définitive de votre ouvrage, vous m’en soumettrez un monstre. — (Mots et dictionnaires, volume V, Presses Univ. Franche-Comté, page 1303)
    4. Anomalie contre nature. Singularité qui subvertit l’ordre.
      • Il faut donc convenir du fait pour les fleurs doubles : sauf à remarquer que ce sont de fort jolis monstres. — (Louis Cousin-Despréaux, Le livre de la nature, La société national, 1840, page 59)


SynonymesModifier

AntonymesModifier

DérivésModifier

Vocabulaire apparenté par le sensModifier

  •   monstre figure dans le recueil de vocabulaire en français ayant pour thème : dragon.

TraductionsModifier

Adjectif Modifier

Singulier Pluriel
monstre monstres
\mɔ̃stʁ\

monstre \mɔ̃stʁ\ masculin et féminin identiques

  1. (Familier) Colossal, prodigieux.
    • Malgré tout, l’autoroute près du port a été aménagée pour recevoir les poids lourds en cas d’embouteillage monstre. — (Eric Albert, Brexit : Dublin et Londres se préparent au « no deal », Le Monde. Mis en ligne le 9 octobre 2019)
    • La vaccination monstre, de toute la ville, à la mairie, contre la variole, parce que plusieurs personnnes en sont mortes à Vannes. — (Annie Ernaux, Les années, Gallimard, 2008, collection Folio, page 58.)

SynonymesModifier

→ voir énorme#Synonymes

AntonymesModifier

TraductionsModifier

Forme de verbe Modifier

Voir la conjugaison du verbe monstrer
Indicatif Présent je monstre
il/elle/on monstre
Imparfait
Passé simple
Futur simple
Subjonctif Présent que je monstre
qu’il/elle/on monstre
Imparfait
Impératif Présent (2e personne du singulier)
monstre

monstre \mɔ̃tʁ\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de monstrer.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de monstrer.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de monstrer.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de monstrer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de monstrer.

PrononciationModifier

AnagrammesModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier

CatalanModifier

ÉtymologieModifier

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Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
monstre
\Prononciation ?\
monstres
\Prononciation ?\

monstre \Prononciation ?\ masculin

  1. Monstre.

NormandModifier

ÉtymologieModifier

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Nom commun Modifier

monstre \Prononciation ?\ masculin

  1. Monstre.
    • Mêfie-té des Monstres — (titre d’un ouvrage publié par l’Office du Jèrriais, 2010)