Voir aussi : bogué

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(Nom commun 1) (1555) Mot de l’Ouest, emprunté peut-être au breton bolc’h[1], de même sens, voir le gaulois bulga (« bouge, sac »)[1].
(Nom commun 2) (1554) De l’ancien occitan boga, du latin bōca[1].
(Nom commun 3) (1863) De l’italien boga (« chaîne [de prisonnier] »), via un dialecte de l’Italie du nord (Venise, Vérone)[1].
(Nom commun 4) Étymologie manquante ou incomplète. Si vous la connaissez, vous pouvez l’ajouter en cliquant ici.
(Nom commun 5) (1980) Francisation de l’anglais bug (« insecte nuisible ; erreur informatique »)[2], sous l’influence de bogue (autres sens) d’après la prononciation /bɔg/ du mot anglais en français canadien.
(Nom commun 6) Étymologie manquante ou incomplète. Si vous la connaissez, vous pouvez l’ajouter en cliquant ici.

Nom commun 1 Modifier

Singulier Pluriel
bogue bogues
\bɔɡ\
 
Une bogue de châtaigne.
 
Trois bogues de faîne (Hêtre).

bogue \bɔɡ\ féminin

  1. (Botanique) Coque épineuse qui enveloppe la châtaigne, fruit du châtaignier, ou de la faîne, fruit du hêtre. — Note : Ce sont les bractées accrescentes soudées de l’akène.
    • Avec la pointe de sa fourchetine il fit tomber la lourde terre collée à ses semelles, mêlée de fragments de feuilles et de bogues de châtaignes. — (Alphonse de Châteaubriant, Monsieur des Lourdines, chap. 2, 1910)
    • Feuilles sans dents ni découpures ; fruit (Faîne) en forme de petite pyramide triangulaire et renfermé dans une bogue presque épineuse. — (Paul Fournier, Le livre des plantes médicinales et vénéneuses de France, tome 1, Éditions P. Lechevalier, 1947, p. XLVIII)
    • Facétieux. Un peu clown. Un peu châtaigne aussi, dès qu'on le néglige : quand il vous regarde alors l'œil mi-clos, hérissé de cils, on dirait une bogue qui s'entrouvre. — (Hervé Bazin, Cri de la chouette, Grasset, 1972, réédition Le Livre de Poche, page 29)
    • Il vous pique les yeux quand vous brisez la bogue de châtaigne avec la fourcole avant d’être ébloui par deux fruits bruns et lisses comme du velours de Venise. — (Philippe Lemaire, Helmut Krackenberger, Cévennes au cœur, 2003)
  2. (Par analogie) (Familier) Péricarpe épineux des fruits de certaines plantes.
    • Si le ricin évoque en France un croquemitaine médicinal, il est de retour en force dans les pays du Sud. En Éthiopie, cette plante aux bogues épineuses voisine parfois dans les champs avec le maïs et la patate douce. Ses fruits serviront à fabriquer du carburant vert. — (L’Express International, n° 3001-3017, 2009, p. 37)
    • — C’est pas du cannabis.
      — Non, confirma Julian […]. Ce sont des plants de ricin, et la récolte a été faite, précisa-t-il en égrenant les bogues ouvertes.
      — (Jérôme Camut & ‎Nathalie Hug, Et le mal viendra, Éditions 12/21, 2019)
    • Elle avait l’impression d'être dorlotée dans une bogue de marron d’Inde, protégée dans l'intérieur duveteux derrière les piquants pointés vers l'extérieur. — (Frances Hardinge, Le chant du coucou, Éditions L'Atalante, 2018, chap. 1)
    • L’abbé s’était interrompu pour ramasser un énorme marron qui venait de s’échapper d’une bogue tombée à nos pieds. — (François Labbé, Le Cahier rouge, 2011)
    • On eût dit une grosse graine, à peu près de la taille d'un abricot, mais tout hérissée de petites piques semblables à celle des oursins.
      — La pomme épineuse, répéta Mendès. Autrement dit, « stramoine » ou « datura ».
      D'un coup d'ongle entre les épines, il cassa la bogue qui se fendit en deux, libérant de minuscules graines noires qui coulèrent dans la paume du parfumeur.
      — (Thierry Bourcy & François-Henri Soulié, Ils ont tué Ravaillac, Éditions 12/21, 2018)

DérivésModifier

TraductionsModifier

Nom commun 2Modifier

Singulier Pluriel
bogue bogues
\bɔɡ\
 
Un bogue.
 
Un banc de bogues.

bogue \bɔɡ\ masculin

  1. (Ichtyologie) Petit poisson osseux marin (Boops boops L. 1758), un sparidé de l’Atlantique, la Méditerranée (surtout) et la mer Noire, aux gros yeux, grisâtre avec des lignes longitudinales sur les flancs, assez proche de la saupe.
    • Quand la pêche des Bogues est abondante en Provence, M. de la Croix m'écrit qu'on les prend avec le filet dit batude, & alors on en prépare beaucoup en escabecher : […]. — (Henri Louis Duhamel du Monceau, Traité des pêches et histoire des poissons, ou des animaux qui vivent dans l'eau, suite de la seconde partie, tome 3, Paris : chez Saillant & Nyon et chez Veuve Desaint, 1777, p. 40)
    • Les noms vulgaires du bogue varient peu. C'est le boga des Provençaux, des pêcheurs des côtes de Galice et d’Iviça ; à Nice on le nomme bugo et boba à Venise selon Rondelet, ou bobba selon M. de Martens. M. Rafinesque nous apprend qu'à Messine on l'appelle vuoppa et à Catane balajola. — (Georges Cuvier & Achille Valenciennes, Histoire naturelle des poissons, tome 6, chap. 9 : Des bogues (Box, nob.), Paris, Strasbourg & Bruxelles : chez F. G. Levrault, 1830, p. 261)
    • Les dents du Bogue sont aplaties, échancrées dans le milieu et pressées les unes contre les autres sur un seul rang, tout autour des mâchoires. Ces dents ont une espèce de talon qui augmente leur stabilité ; elles servent à broyer les plantes marines dont le Bogue se nourrit le plus souvent. — (Henri de La Blanchère, La pêche et les poissons : nouveau dictionnaire général des pêches, Paris : Librairie Ch. Delagrave & Cie, 1868, p. 92)
    • Parmi elles la Bogue (Box boops) et le Jaret (Smaris Maurii) jouent un rôle important. Si la Bogue est considérée comme un poisson commun partout, il n'en est pas de même du Jaret. — (« Notes sur la pêche du Jaret et de la Bogue dans le golfe de Marseille », par Antoine-Fortuné Marion, dans les Annales du Musée d'histoire naturelle de Marseille, Zoologie, tome 4 (1890-1894), Marseille : chez G. Loret, 1894, p. 130)
    • Quatre espèces grégaires de pleine eau, très abondantes et à fréquence de présence élevée sur les sites d'étude, n'ont pas été prises en compte […]. Il s'agit de Spicara maena et S. smaris, de la bogue (Boops boops) et de la castagnole (Chromis chromis) . — (Cybium, Muséum national d'histoire naturelle : Laboratoire d'ichtyologie générale et appliquée, 1994, p. 61)

NotesModifier

On rencontre aussi un usage au féminin.
En biologie, le genre, premier mot du nom binominal et les autres noms scientifiques (en latin) prennent toujours une majuscule. Par exemple : Homme moderne : Homo sapiens, famille : Hominidae. Quand ils utilisent des noms en français, ainsi que dans d’autres langues, les naturalistes mettent fréquemment une majuscule aux noms de taxons supérieurs à l’espèce (par exemple : les Hominidés, ou les hominidés).
Un nom vernaculaire ne prend pas de majuscule, mais on peut en mettre une quand on veut signifier que l’on parle non pas d’individus, mais de l’espèce (au sens du couple genre-espèce), du genre seul, de la famille, de l’ordre, etc.

TraductionsModifier

HyperonymesModifier

Nom commun 3Modifier

Singulier Pluriel
bogue bogues
\bɔɡ\

bogue \bɔɡ\ féminin

  1. (Métallurgie) (Désuet) Anneau du manche d’un marteau de forge.
    • 3°. Le manche du marteau à trois-cent centimètres de longueur. La bogue ou anneau est placé au tiers de cette longueur du côté de l'arbre de la roue. Le marteau est de fer et pèse 75 kilogrammes ; l'enclume aussi de fer en pèse 50. — (J. M. Muthuon, Traité des forges dites catalanes, ou L'art d'extraire directement et par une seule opération le fer de ses mines, Turin : Imprimerie départementale, 1808, p. 197)

TraductionsModifier

Nom commun 4Modifier

Singulier Pluriel
bogue bogues
\bɔɡ\

bogue \bɔɡ\ féminin

  1. (Désuet) Pelle utilisée pour ôter la boue dans le marais salants.
    • Les principaux outils du saunier sont : La bogue, le bouquet, la ferrée, pour enlever les boues amassées durant l'hiver, couper les terres, dresser les marais ; l'étole , dont le manche est dit simoche, sert à tirer la vase du marais qu'on lime ; le rouable, formé d'une planche d'un mètre de long, adaptée perpendiculairement à un long manche, sert à tirer le sel sur la vée. — (Article « Salant », dans le Dictionnaire français illustré des mots et des choses, ou Dictionnaire encyclopédique des écoles, des métiers et de la vie pratique, tome 3, par MM. Larive & Fleury, Paris : chez Georges Chamerot, 1889, p. 232)

Nom commun 5Modifier

Singulier Pluriel
bogue bogues
\bɔɡ\

bogue \bɔɡ\ masculin

  1. (Programmation) Défaut de conception ou de réalisation se manifestant par des anomalies de fonctionnement.
    • Même si vous avez testé votre programme pour le purger de tous ses bogues avant de distribuer l’application, il est toujours possible qu'un utilisateur découvre un ou plusieurs bogues. — (Greg Perry, Visual Basic 6 : Créez des applications efficaces en VB6, traduit de l'anglais, Paris : Éditions Pearson, 2008, p. 15)
    • Dans ce cas également, le bogue a été déclenché lorsque certains fichiers sont restés à l’ancien emplacement. — (Silicon.fr, Windows 10 : post-mortem d’une mise à jour loupée, 10 octobre 2018 → lire en ligne)

VariantesModifier

NotesModifier

En France, le terme « bogue » est recommandé par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLF) depuis un arrêté paru au Journal officiel du 30 décembre 1983[3]. À cette époque, le genre féminin était préconisé. Cependant à la fin de la décennie 1990, les dictionnaires tels que le Nouveau petit Robert et le Petit Larousse (1999) rapportaient l’usage de ce terme au masculin, sans doute sous l’influence québécoise où l’Office québécois de la langue française (OQLF) prônait depuis longtemps l’emploi du genre masculin. Désormais, la DGLF recommande elle aussi le genre masculin pour ce mot[4].

DérivésModifier

HyponymesModifier

TraductionsModifier

Nom commun 5Modifier

Singulier Pluriel
bogue bogues
\bɔɡ\

bogue \bɔɡ\ féminin

  1. (Argot) Une montre. Terme (Désuet) des voleurs parisiens et Floueurs[5].
    • Un jour, à la Croix-Rouge,
      Nous étions dix à douze,
      Tous grinches de renom.
      Nous attendions la sorgue,
      Voulant poisser les bogues
      Pour faire du billon.
      — (François-Vincent Raspail, Chanson morale)

SynonymesModifier

TraductionsModifier

Forme de verbe Modifier

Voir la conjugaison du verbe boguer
Indicatif Présent je bogue
il/elle/on bogue
Imparfait
Passé simple
Futur simple
Subjonctif Présent que je bogue
qu’il/elle/on bogue
Imparfait
Impératif Présent (2e personne du singulier)
bogue

bogue \bɔɡ\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de boguer.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de boguer.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de boguer.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de boguer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de boguer.

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

  • bogue sur l’encyclopédie Wikipédia  
  • bogue sur l’encyclopédie Vikidia  
  • Boops boops sur l’encyclopédie Wikipédia  
  • Boops boops sur l’encyclopédie Wikipédia (en anglais)  

AnagrammesModifier

RéférencesModifier

SourcesModifier

  1. a b c et d « bogue », dans TLFi, Le Trésor de la langue française informatisé, 1971–1994 → consulter cet ouvrage
  2. « bogue », Larousse.fr, Éditions Larousse
  3. Journal officiel de la République française du 19 février 1984, p. 51741
  4. « bogue », FranceTerme, Délégation générale à la langue française et aux langues de France.
  5. Eugène-François Vidocq, Les voleurs, physiologie de leurs mœurs et de leur langage. : Ouvrage qui dévoile les ruses de tous les fripons, et destiné à devenir le Vade Mecum de tous les honnêtes gens., tome 1 / 2, partie Lexique des argotiers, « B », Paris, 1837, § Bogue

BibliographieModifier

TourangeauModifier

ÉtymologieModifier

(Date à préciser) D'un dérivé du latin bos (« bœuf, vache »). Référence nécessaire

Nom commun 1 Modifier

bogue \bɔg\ féminin

  1. Vache.
    • La bogue pât l'hiarbe des champs.
      La vache paît l'herbe des champs.

VariantesModifier

Nom commun 2Modifier

bogue \bɔg\ masculin

  1. (Jeux) Type de jeu tourangeau.

RéférencesModifier

  • Maurice Davau, Le vieux parler tourangeau : Sa phonétique, ses mots et locutions, sa grammaire, C.L.D. Normand et Cie, 1 janvier 1979, 505 pages
  • Jean-Claude Raymond, La langue de Rabelais et le parler du sud de la Touraine et du Loudunais : À la Croisée de l'Anjou, de la Touraine et du Poitou, 2008 → [version en ligne]