Voir aussi : Quartier, quartièr

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(XIIIe siècle)[1] Dérivé de quart avec le suffixe -ier[1] ; ou du latin quartarius[2].

Nom commun 1 Modifier

Singulier Pluriel
quartier quartiers
\kaʁ.tje\

quartier \kaʁ.tje\ masculin

  1. Quart, une des quatre parties plus ou moins égales d'un tout.
    • Veux-tu un autre quartier de pomme ?
    • Le pis de la vache comporte quatre quartiers.
    • Mettre en quartiers, écarteler.
    • L'enquête […] eut lieu dans le plus grand secret […]. On ne connaît que le jugement qui ne se fit pas attendre. Tsykler et Sokovine furent condamnés à être mis en quartiers. — (Prosper Mérimée, Histoire du règne de Pierre, 1868)
  2. (Spécialement) (Désuet) Partie d'un corps supplicié par écartèlement.
    • Un nommé Jean de Pélepouïch, de Mimbaste, qui s'était rendu coupable d'un crime des plus graves, y était condamné à être tiré à quatre chevaux sur la place publique de Clermont. Pour, dit la sentence, un de ses quartiers être pendu à une potence, au pont d’Oro, limite de la Baronie; un second quartier du moulin d’Ibarthe, entre Mimbaste et Pouillon, un troisième à Poyartin, et un quatrième sur la lande entre Clermont et Pomarez, je ne sais si la sentence reçut son exécution. — (Eugène Dufourcet, « De Dax à Castel-Sarrazin », dans le Bulletin de la Société de Borda, 8e année (1883), 1er trimestre, Dax : Imprimerie de J. Justère, page 30)
  3. (Botanique) Division de certains fruits.
    • Un quartier d'orange, de pamplemousse.
  4. (Exploitation forestière) Bois fendu.
    • Les arbres, tiges et branches que l'on convertit en bois de feu sont découpés, partie en bûches de rondin ou de quartier, partie en rames destinées à entrer dans les fagots. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 163)
  5. Partie importante d'un tout.
    • Des gigues de chevreuil, des quartiers de marcassin parvenaient dans leurs offices et les dames agréaient les honneurs du pied. — (Danielle Gallet, Madame de Pompadour: ou le pouvoir féminin, Fayard, 1985)
  6. (Vieilli) Contrée ; pays.
    • Dans les autres pays on forme les cafeteries en semant la cerise en pépinière ou mieux à demeure, si le quartier est pluvieux. — (« Café », dans le Dictionnaire du commerce et de l'industrie, Bruxelles : à l'imprimerie de A. Cauvin, 1837, volume 1, page 414)
  7. (Urbanisme) Partie d'une ville ayant une personnalité, une physionomie propre, une certaine unité.
    • Le Quartier latin.
    • La maison […] était située dans le quartier élevé, noble et solitaire de la ville — (Lamartine, Nouv. Confid., 1851, page 23)
    • En outre, tous les cafés, tous les mastroquets étincelaient de lumière, ce qui est rare dans ce quartier éloigné de Paris, surtout à une heure si tardive. — (Ivan Tourgueniev, L'Exécution de Troppmann, avril 1870, traduction française de Isaac Pavlovsky, publiée dans ses Souvenirs sur Tourguéneff, Savine, 1887)
    • Ici, c'est le quartier des dentellières […] ; elles font marcher leurs langues tout autant, sinon plus, que leurs fuseau : c'est un papotage sans fin. — (Gustave Fraipont; Les Vosges, 1895)
    • Du devoir pour les municipalités d'assainir les quartiers insalubres des villes manufacturières. — (Emile Bères, Les classes ouvrières: moyens d'améliorer leur sort sous le rapport du bien-être matériel, 1836, chapitre 7)
    • Mais New York ne copiait aucun peuple pour le désordre et le gâchis de son administration intérieure, un désarroi, grâce auquel des quartiers entiers échappaient à toute loi, devenaient impénétrables aussitôt que des batailles et des tueries de rue à rue y éclataient. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 210 de l’édition de 1921)
  8. (En particulier) (Absolument) Quartier à problèmes, mal fréquenté.
  9. (Sud-Ouest) Hameau, petite localité à l'écart du bourg principal d'une commune.
    • Argelouse est réellement une extrémité de la terre ; un de ces lieux au-delà desquels il est impossible d'avancer, ce qu'on appelle ici un quartier : quelques métairies sans église, ni mairie, ni cimetière, disséminées autour d'un champ de seigle, à dix kilomètres du bourg de Saint-Clair, auquel les relie une seule route défoncée. — (François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, Grasset, 1927)
  10. (Astronomie) Phase de la lune.
    • Ah ! lorsque les filles s'intéressent aux marguerites, aux pleines lunes et aux quartiers, […], l'amour est proche, la chute n'est pas éloignée. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
  11. (Héraldique) Division d'un écu écartelé.
    • Nous portons de gueules à une bande de sable chargée de quatre besants d’or, et à chaque quartier une croix d’or patriarcale, avec un chapeau de cardinal pour cimier et les fiocchi pour supports. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    1. (Par extension) Degré d'ascendance noble.
      • Avoir huit, seize quartiers de noblesse.
      • L'accent indigné d'un vrai marquis dont on contesterait les quartiers. — (Ponson du Terrail, Rocambole, 1859)
      • Des salons où comptaient avant tout la fortune et les quartiers de noblesse. — (Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée, 1958)
    2. (Figuré) Distinction, qualité.
      • Gagner ses quartiers de noblesse.
      • Cette grande raison qui trouva dans Descartes et dans Kant ses titres et ses quartiers. — (Paul Nizan, Les Chiens de garde, 1932)
    3. (Vexillologie) Quart d’un drapeau.
       
      Le drapeau du Panama est composé de quatre quartiers.
      • Chacun des quartiers est identifié par sa position en partant du guindant, en longeant le haut avant de passer à la ligne suivante.
  12. (Militaire) Caserne, lieu de cantonnement des troupes.
    • Aujourd'hui, quartier se dit d'un local occupé par des troupes à cheval ; le mot caserne est réservé pour le local occupé par des troupes à pied. — (« quartier », dans Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872–1877)
    • 8ème Régiment de Parachutistes d'Infanterie de Marine (8ème RPIMa) Quartier Fayolle à Castres.
    1. (Au pluriel) (Militaire) Campement, cantonnement d'une troupe.
      • Les soldats prirent leurs quartiers d’hiver au nord de la ville.
      • —Mon ami, il est onze heures et demie ; l’heure du signal est passée ; donnez pour moi l’ordre de rentrer dans les quartiers ; c’était une fausse alerte que j’expliquerai ce soir même. — (Alfred de Vigny, Cinq-Mars, chapitre XXIV, 1826)
  13. (Cordonnerie) Partie du soulier qui couvre le talon lorsqu’on est chaussé, et à laquelle sont attachées les oreilles qui servent à attacher la boucle.
    • Elle était chaussée de petits souliers de satin blanc, sans quartier, à talons très hauts. — (Isabelle Eberhardt, Yasmina, 1902)
  14. (Suisse) (Archaïsme) Quart d'une année ; trimestre.
    • 2 décembre. On paie à Messire Richard de Bernice, 5 fl. pour un terme de son salaire et pension [les termes étoient d'un quartier, ou de trois mois, ce qui fixe à 20 fl. les appointemens d'un jurisconsulte aux gages de la ville ; […].] — (Matériaux pour l'histoire de Genève, recueillis par Jacques Augustin Galiffe, vol. 1, Genève : Librairie J. Barbezat & Cie, 1829, p. 121)
  15. (Suisse) (Par extension) (Archaïsme) Salaire ou émolument versé trimestriellement.
    • Dans les premiers jours de son action, le Gouvernement provisoire peut croire qu'il est encore, en partie, l'ancien gouvernement, puisqu'il paye leurs «quartiers» (salaire de trois mois) aux fonctionnaires de l’État, le 4 mars 1798. — (Jean Pierre Dorand, La ville de Fribourg de 1798 à 1814 : les municipalités sous l'Helvétique et la Médiation, une comparaison avec d'autres villes-états de Suisse, Academic Press Fribourg, 2006, p. 98)

SynonymesModifier

DérivésModifier

TraductionsModifier

Nom commun 2Modifier

Singulier Pluriel
quartier quartiers
\kaʁ.tje\

quartier \kaʁ.tje\ masculin

  1. (Littéraire) Pitié, grâce, miséricorde.
    • Les ennemis acharnés qui combattent les uns contre les autres avec tous les raffinements de la barbarie ne demandent et n’accordent pas de quartier. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
    • La plupart des assiégés résistèrent jusqu’au dernier moment ; peu d’entre eux demandèrent quartier, nul ne l’obtint. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • (Figuré) Ce créancier ne fait point de quartier à ses débiteurs.
    • Ton bon sens éternel à rien ne fait quartier. — (Augier, Jeunesse, 1858)
  2. Vie sauve.
    • Ne pas faire quartier, ne faire aucun prisonnier, massacrer tout le monde.
    • La colère de la bourgeoisie menacée […] ne fit aucun quartier. Les insurgés furent abattus comme des malfaiteurs. — (Jacques Bainville, Histoire de France, 1924)
    • « Pas de quartier ! » C'était le mot d'ordre des deux côtés. Partout (...) on ne voyait que (...) des tas de morts, et point de blessés. — (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 2, 1870)
    • Allons, morbleu ! Tue ! Point de quartier. — (Paul Claudel, Le Ravissement de Scapin, 1952)

PrononciationModifier

  • France : écouter « quartier [kaʁ.tje] »
  • France (Vosges) : écouter « quartier [kaʁ.tje] »

Voir aussiModifier

  •   quartier figure dans le recueil de vocabulaire en français ayant pour thème : administration.
  • quartier sur l’encyclopédie Wikipédia  

RéférencesModifier

Ancien françaisModifier

ÉtymologieModifier

Du latin quartarius, de quartus (« quart »).

Nom commun Modifier

quartier \Prononciation ?\ masculin

  1. (Héraldique) Quartier.
  2. A quartiers est li gunfanun — (idem)
  3. La quatrième partie de l’écu.
  4. Portion d'un tout.
  5. Côté d'un heaume à quatre pans.

Adjectif Modifier

quartier \Prononciation ?\

  1. Divisé en quartiers.

Ancien occitanModifier

ÉtymologieModifier

Du latin quartarius.

Nom commun Modifier

quartier masculin

  1. Quart, quartier, portion.
  2. Quartier, en parlant d’un ennemi qui se rend.
  3. Terme de blason.

VariantesModifier

RéférencesModifier

  • François Raynouard, Lexique roman ou Dictionnaire de la langue des troubadours, comparée avec les autres langues de l’Europe latine, 1838–1844 → consulter cet ouvrage